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20.12.2005
Pollueur - payeur, on en est encore loin
Pollueur - payeur, voilà un principe qui encore nouveau et surtout très abstrait pour la majorité des gens. On en parle beaucoup à propos du réchauffement de la planète. Mais on est encore très loin de l'application de ce principe dans notre vie quotidienne. Hier matin, par exemple, je passais comme tout les jours devant un petit square. Soudain j'entend un bruit très désagréable de tondeuse à gazon. C'était en fait un type qui maniait une de ces nouvelles souffleuses portatives de feuilles mortes . Très pratique, cet engin, et surtout beaucoup moins fatigant que les bons vieux râteaux qui sont devenus aussi démodés que les scies à main. De fait, cela a certainement contribué à un bond spectaculaire de la productivité des jardiniers. C'est tout bénéfice pour l'entreprise de jardin, d'autant plus... qu'elle n'a pas a payer pour l'effet négatif induit : la pollution sonore de l'engin. Et en micro-économie, ce qui n'a pas de coût, n'a pas de valeur. Voilà un cas très concret où une amélioration de la productivité se traduit par une régression de confort pour l’utilisateur final. On pourrait multiplier les exemples similaires. On voit à quel point le principe du pollueur – payeur est vraiment moderne, voir révolutionnaire : il oblige d’enfin prendre en compte les effets négatifs du progrès. Cela implique un sacré changement des mentalités. A quand un marché des décibels, comme on a un marché des gaz à effet de serre ?!
10:32 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Commentaires
Entièrement d'accord sur le principe du pollueur payeur, souvent vu rapidement avec un point de vue moral un peu stupide par ceux qui ne comprennent pas ses effets globaux.
Ceci-dit, il n'est pas applicable à toute gouvernance. La réglementation sur des décibels maxima, et la sanction en cas de dépassement (amende) est aussi une manière de faire entrer le coût dans l'esprit de l'entreprise/organisme qui émet des externalités négatives. Pour ça, il faut néanmoins réunir des conditions multiples : que la sanction soit applicable, que tout le monde soit sur le même pied (dans le cas présent, que la sanction soit applicable de facto à un service public pris en charge par la mairie), et que les mesures fassent l'objet d'un consensus.
Ecrit par : versac | 22.12.2005

