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31.01.2006
Appauvrissez-vous !
C'est le titre d'un remarque livre de François de Witt, qui est chroniqueur à France-Info. Il s'agit d'une réflexion sans langue de bois sur le déséquilibre de richesse entre les générations. On y apprend notamment que malgré les incitations fiscales, la part distribuée en 2000 par les seniors atteint à peine 0,8 % de leur patrimoine. Ce qui est assez insignifiant. De plus, une grande partie de ces dons concerne seulement la nue-propriété sans l’usufruit. Cette bizarrerie juridique rend cette maigre générosité assez artificielle. A quoi sert d’hériter d’un patrimoine si on ne peut pas en jouir ? Un intermédiaire financier cité par l’auteur, résume la situation : « Ne vous faites pas d’illusion, c’est en fait le radinisme qui pousse aux dons. On est généreux dans les limites fixées par l’Etat. S’il n’y avait pas d’avantage fiscal, cet argent ne sortirait pas. » Le diagnostic est limpide et sans concessions. Les pistes proposées impliquent un changement radical des mentalités. Ce qui malheureusement est loin d’être acquis.
15:50 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Commentaires
Merci JB!
;-)
Le rapport de l'INSEE intitulé "Le patrimoine national en 2003" nous apprend que sur un patrimoine national de 8200G€, les 3/4 sont détenus par les ménages, et les 2/3 du patrimoine des ménages sont constitués de terrains et logements. Ce patrimoine immobilier et foncier constitue une rente pour de nombreux retraités : rente réelle fiscalisée s'il s'agit d'immobilier locatif, et le plus souvent rente virtuelle non fiscalisée s'il s'agit d'une résidence principale. A cette rente s'ajoutent les pensions de retraite et les dépenses de santé payées par les actifs, ainsi que les intérêts de la dette publique que leurs aînés leur ont laissée.
L'inflation est parfois décrite comme une solution qui permettrait un transfert de richesses intergénérationnel. On voit que ses effets seraient limités, compte-tenu de la prépondérance des actifs immobiliers et fonciers dans le patrimoine des épargnants.
Une consolation cependant : si il existe une "classe de rentiers" caractérisée par l'âge, il n'existe plus guère de familles de rentiers comme au début du XXème siècle. L'inflation, les deux guerres mondiales ont en effet dilapidé les grandes fortunes françaises, et l'impôt progressif sur les revenus et les successions ne les a pas laissées se reconstituer. Ainsi a-t-on remplacé le privilège de la naissance par celui de l'âge.
Ecrit par : Stéphane | 31.01.2006
Quel est le montant moyen du patrimoine des seniors? Voici un commentaire des Echos sur une étude récente de l'INSEE :
"Les personnes nées entre 1914 et 1919 disposaient, à 70 ans, de biens d'une valeur de 35.000 euros en monnaie constante. Un montant atteignant 65.000 euros pour la génération de 1920-1925, 90.000 euros pour celle de 1926-1931 et 76.000 euros aujourd'hui."
Il y a d'autres données intéressantes à retenir :
- chaque génération a été plus riche que les précédentes (en salaire, en patrimoine) jusqu'aux générations nées vers 1950
- la progression s'est fortement ralentie à partir des générations 1950, dont les membres sont arrivés dans la vie active pendant le virage des années '70
- si l'on regarde le patrimoine d'une génération, il augmente pendant la vie active et se stabilise pendant la retraite (on ne consomme pas son capital en fin de vie)
Ecrit par : Stéphane | 01.02.2006
Très interessant indeed. On vit encore dans le stéréotype de la vieille veuve misérable. C’était vrai en 1970. Plus de 27 % des retraités étaient encore pauvres, contre seulement 3 % des salariés. Mais en 30 ans, les choses ont bien changé. En 2000, la proportion de retraités pauvres s’est effondrée à 4 % alors qu’elle a augmenté à 5,5 % pour les salariés.
Quelle est aujourd’hui la seule tranche d’âge à épargner en moyenne plus de 20 % de ses revenus disponibles ? Les plus de 80 ans ! Cela illustre bien la formidable revalorisation des retraites. D’ailleurs sur les 20 dernières années, le revenu net des retraités a augmenté de 4 % tandis que celui des actifs augmentait de moins de 1 % sur la même période.
Pour ce qui est du patrimoine, l’évolution est encore plus spectaculaire. Plus de 60 % est déjà détenu par les plus de 65 ans. Alors que ces derniers représentent encore moins de 20% de la population. La moyenne d’âge des contributeurs à l’ISF est de 66 ans et progresse chaque année.
Ecrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 01.02.2006

