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13.03.2006

Etat du capital risque en France

A la suite de l’éclatement de la bulle Internet, on a assisté à une période glaciaire de 4 ans pour les start-up. Il ne se trouvait en effet plus personne pour investir dans l’amorçage des entreprises de croissance, en particulier dans le secteur de l’Internet. Outre le traumatisme des années d’excès, la frénésie du LBO est aussi passée par là pour siphonner l’attention des investisseurs. Et pourtant, le paradoxe veut que c’est très souvent au stade de l’amorçage que l’effet de levier est le plus spectaculaire pour les investisseurs financiers. Où en sommes-nous aujourd’hui ? J’ai eu l’occasion de boucler très récemment un tour d’amorçage pour Criteo, ma nouvelle start-up. Cela m’a permit de faire un petit tour d’horizon sur le secteur. Il semble que les choses commencent enfin à frémir. Il y a beaucoup de signes encourageants qui tendent à remettre l’amorçage en valeur. Ce qui est une excellente nouvelle pour toutes les start-up en mal de financement. Les financiers ont repris goûts à faire des deals. Sur les dossiers les plus visibles, il existe même une véritable compétition qui fleure bon la belle époque. Néanmoins, la différence majeur est dans le processus qui est maintenant beaucoup plus, disons rigoureux, que dans les années 1999-2000. Les due diligences (investigations avant financement) sont très poussées et le formalisme juridique est devenu très lourd. Les financiers prévoient systématiquement ceinture, bretelles et double airbag. Si on peut comprendre leur naturel besoin de se sécuriser, cela ralentit beaucoup les processus d’investissement. Alors qu’il y a 5 ans, on pouvait faire un deal en quelques semaines, il faut maintenant compter en mois. Il convient donc de prévoir la trésorerie en conséquence pour éviter de négocier dos au mur. Il n’est pas certain que ce surcroît de formalisme se traduise par un taux de succès supérieur des projets, puisque par définition l’essentiel des clauses concernent les cas d’échec ou de blocage. Néanmoins, si cela peut enfin redonner confiance aux financiers d’investir dans les entreprises de demain, c’est un mal nécessaire.

13:30 Publié dans Startups | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur

Commentaires

Bonjour,

Je trouve vos commentaires sur le capital risque très interessants.
Je suis en effet actuellement en train de commencer un mémoire de fin d'études dans le cadre de mon Master 225 Finance d'Entreprise et Ingénierie Financière à l'Université Paris Dauphine, sous la direction de M. André Lévy Lang, sur l'évolution des critères de décisions d'investissement des fonds de capital risque depuis l'éclatement de la bulle Internet.

Au niveau de la méthodologie, je compte interviewer plusieurs gérants de capital risque.

Savez-vous si des documents, études, articles ont été publiés récemment à ce sujet?
Avez-vous des reflexions personnelles dont vous pourriez me faire part?

Bien Cordialement,

Anthony Benichou

Ecrit par : Benichou Anthony | 30.03.2006

Je vous conseille de contacter CDC Entreprise. De part leur présence au sein de beaucoup de fonds d'investissements, ils ont une vision très complète du marché.

http://www.cdcentreprises.fr/

Ecrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 31.03.2006