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01.04.2006
la fin tragique du 12
Vous avez sans doute tous remarqué le déferlement publicitaire sur les numéros 118 XXX. Lundi 3 avril, le bon vieux 12 disparait. Pour les renseignements téléphoniques, il faudra désormais choisir entre une pléthore de numéros à 6 chiffres. On nous dit que ce « progrès » va unifier les numéros de renseignement sur toute l’Europe. Cela permettra quand on voyage à l’étranger de ne retenir qu’un seul préfixe pour tous les services de renseignement. Bravo. Combien de gens éprouvent le besoin d’appeler les renseignements locaux lorsqu’ils sont en déplacement court à l’étranger ? Moins de 0,1% de la population, et encore en comptant large. Donc pour améliorer marginalement le confort d’une poignée de voyageurs exigeants, on va compliquer la vie de 99,9% de la population. Quelle belle leçon de démocratie. Pauvre Europe ! On voudrait stimuler l’hostilité grandissante des peuples contre la technocratie bruxelloise qu’on ne s’y prendrait pas mieux.
L’autre argument de ce big bang des renseignements repose sur les supposés bienfaits de cette nouvelle concurrence. Il y a pourtant fort à parier que dans quelques années, cette libéralisation deviendra un cas d’école de l’absurdité à laquelle peut mener une application trop dogmatique des théories du marché. Autant la concurrence sur les services téléphoniques classiques est très profitable au marché (les prix des appels ont très fortement baissé depuis 10 ans), autant la libéralisation des numéros de renseignements risque vite de tourner au cauchemar pour le client final. Outre un important surcroit de complexité, il est assez probable que cela entraine à moyen terme un renchérissement mécanique du service. Un comble. Ce n’est pourtant pas difficile à entrevoir. Pour émerger en notoriété, chaque numéro doit en effet dépenser des sommes énormes en publicité (ce que n’avait évidement pas besoin de faire le 12). Pour les gagnants de cette course, il faudra bien récupérer leur investissement. Soit en dégradant le service, soit en augmentant le prix. C’est inévitable.
Si on voulait améliorer le 12, il aurait été plus rationnel de lancer un appel d’offre sur un cahier des charges ambitieux, en terme de prix et de services. Le mieux disant aurait gagné la concession pour une période donnée. Cette belle concession étant bien sûr remise aux enchères à dates régulières pour éviter que le concessionnaire ne s’endorme sur sa rente de situation. Alors qu’avec la méthode des 118 multiples, on a choisit de subventionner le marché publicitaire. Espérons au moins qu’on conserve le 12 pour connaitre la liste des différents… services de renseignements !
19:07 Publié dans Création d'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur

