« Mirage des Carottes Immobilères | Page d'accueil | Le web 2.0 mérite-t-il autant son buzz ? »
10.04.2006
Inégalités entre locataires
L’investissement immobilier locatif dépend de la rentabilité brute locative, à savoir le rapport entre le montant annuel des loyers et celui de la valeur d’achat d’un bien. De manière surprenante, on constate que plus on s’éloigne des quartiers chics, plus cette rentabilité locative est élevée. Pourquoi les locataires des quartiers défavorisés payent-ils une surprime relative ? On retrouve en fait les mêmes raisons qui font que la rentabilité locative des petites surfaces est supérieure à celle des grandes. Les gens aisés préfèrent acheter que louer, les pauvres n’ont souvent pas d’autre choix que la location. De fait, cela entraine le paradoxe que la demande locative est structurellement supérieure dans les secteurs peu côtés (donc pauvres) que dans les secteurs les plus recherchés (traduisez riches). D’où une rentabilité supérieure pour l’investisseur. On constate donc que l’application mécanique de l’offre et de la demande entraine une distorsion peu sympathique au détriment des plus démunis. Voilà qui entaille la belle réputation de neutralité du marché.
Autre conséquence de cette situation : si vous envisagez de vous installez dans les quartiers les plus côtés, il est rationnel de rester locataire (a fortiori si vous visez une grande surface). Vous aurez la joie d’imposer à votre malheureux propriétaire une rentabilité locative nette inférieure à 2%. C’est toujours en prenant le marché à contre pied qu’on fait les bonnes affaires.
19:23 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Commentaires
L'existence de bailleur qui loue avec une rentabilité net inférieur à 2% me parait plus que surprenante : pouquoi ne vendent-il pas pour placer leur argent sous des cieux plus cléments ? Vous ne me ferez pas croire que des propriétaires de riches appartements ne font pas ce calcul.
Écrit par : Eric | 13.04.2006
C'est pourtant la réalité. Pour s'en convaincre, il suffit d'aller voir sur www.seloger.com les locations pour les 150m2 dans les beaux quartiers. On touve max 3,5% en brut, ce qui fait 2% en net.
Les raisons sont multiples : certaines rationnelles comme l'espoir de plus value à la revente (qui compense la faible rentabilité locative). D'autres plus sentimentales, comme l'attachement à un bien familial. Ou tout simplement une incapacité à prendre une décision aussi lourde, ce qui est le cas de beaucoup de propriétaires très agés.
Écrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 13.04.2006

