« Inégalités entre locataires | Page d'accueil | Les vrais défis du Long Tail »
13.04.2006
Le web 2.0 mérite-t-il autant son buzz ?
Qu’est ce que le Web 2.0 ? Par cette expression, on cherche à décrire cette nouvelle tendance qui secoue l’Internet depuis 2 ans. En bref, l’idée est de que la fabrication du contenu du web ne provient plus de sources centralisées, mais est réalisée par l’apport collaboratif des utilisateurs. Probablement le site le plus emblématique de ce principe est Wikipedia, l’encyclopédie en ligne rédigée par les internautes. L’explosion des plateformes de blogs personnels est un autre aspect du phénomène.
Pourquoi parle-t-on autant du Web 2.0 dans le cénacle des experts de l’Internet ? De fait, les sites web traditionnels font face à des défis très difficiles pour assurer une qualité de service attractive. Cela vient de plusieurs constats :
- la production d’un contenu de qualité coute très cher, sans parler de sa maintenance
- les internautes sont de plus en plus attentifs à l’intégrité des contenus
- l’aspect temps réel d’Internet rend la maitrise du contenu très compliquée
- la personnalisation des contenus pour chaque utilisateur est un vrai casse-tête
Les approches collaboratives du Web 2.0 résolvent de manière élégante ces difficultés. En confiant la production du contenu aux internautes, on s’affranchit de toutes ces contraintes. On peut combiner le temps réel et la diversité produite. En combinant cela avec des outils de recherche avancée, on construit des plateformes dont le rapport qualité / prix est imbattable par rapport aux approches des médias traditionnels. Il reste l’épineux problème de l’intégrité des informations. En permettant à tout le monde de produire de l’information, comment peut-on s’assurer que le contenu ne sera pas biaisé, voir franchement trompeur ?
Il existe plusieurs pistes pour cela. La première est de faire une relecture critique du contenu avant (ou après) publication. Si la masse d’information est raisonnable, cela peut être confié à des professionnels. Une alternative très intéressante est de faire réaliser ce contrôle par les internautes, par exemple par un système de votes. L’idée est que si une majorité de gens déclarent un contenu biaisé, alors il y a de fortes chances pour qu’il le soit. Bien sûr, cela peut conduire à éliminer quelques perles exotiques de qualité. Mais statistiquement, dans l’immense majorité des cas, ce contrôle démocratique se révèle étonnamment efficace. Les meilleurs contenus émergent tout naturellement de la masse. La qualité de Wikipedia qui rivalise en qualité avec la très chère Encyclopédie Britannicus, en atteste. Voilà pourquoi cette approche collaborative dite Web 2.0 est promise à un grand avenir.
20:30 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
Trackbacks
Le marketing de la recommandation
Plus de 40% des films sélectionnés sur Netflix le sont suite à des recommandations. Normal, le catalogue a plusieurs dizaines de milliers de références. Comment s’y retrouver dans un tel dédale ? A ce propos, on peut citer un article...
Trackback par : Criteo Le Blog | 22.08.2006
Commentaires
Bonjour,
Merci beaucoup pour ce post grace auquel je viens enfin de commencer à comprendre ce qu'esy le web 2.0.
Écrit par : Nico2312 | 14.04.2006
Bonjour, et merci pour la clarté de votre billet.
Le Web 2.0 permettras également, je pense, de remplir des buts moins noble que l'écriture d'une encyclopédie. Il permetta aussi aux consommateurs de s'organiser pour permettre d'avoir une information plus transparente (en matière de prix, de qualité, etc.).
Par exemple, le site http://www.zagaz.com/ permet déjà aux internautes de collaborer pour connaitre le prix des stations essence. Ce qui, en ces temps d'augmentation du prix du baril de pétrole, est assez salutaire.
Écrit par : Eric | 16.04.2006
Une statistique (je n'ai malheureuement pas la source avec moi) : 85% des contenus du Web sont aujourd'hui produits par des personnes privés.
Je pense que le Web 2.0 est un avancée majeure, qui influence déjà beaucoup les jeunes internautes (les 15-25) pour qui cette manière plus horizontale et participative de communiquer est cruciale (80% des bloggueurs sont des jeunes)...Les marques l'ont bien compris, leur communication Online s'oriente nettement vers des actions privilégiant la participations de la "cible" : systèmes de vote, blogs de marques, sites communautaires où les visiteurs sont producteurs...
Écrit par : Séb | 17.04.2006
Zagaz.com est en effet un bon exemple d'un site dont le contenu serait d'un coût exorbitant à fabriquer si ce n'était pas via une mécanique communautaire de type Web 2.0.
Écrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 17.04.2006
Il existe en France un phénomène très particulier autour des Skyblog, qui ont une audience incroyable auprès des ados. Du fait de cette anomalie, nous sommes le pays d'Europe où il y a le plus de blogs rapporté au nombre d'internautes.
Quand aux blogs de marques, pour l'instant ils sont assez confidentiels. Depuis l'échec de Vichy dans ce domaine, les marques sont très prudentes, car les effets de boomerang sont fréquents et incontrôlables. Pour plus de détails, voir :
http://www.pointblog.com/past/2005/05/12/le_blog_sur_la_peau_qui_donne_des_boutons.htm
Écrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 17.04.2006
Un post qui commence à dater mais toujours d'actualité!!
Le Web 2.0 est en plein essor, et a encore de belles années devant lui.
Bonne continuation
Jerome
Écrit par : AccuraCast | 08.07.2007

