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08.05.2006

L’inégalité chez les dealers

Au milieu des pensums économiques, je vous signale un petit livre qui se veut iconoclaste et facile d’accès : Freakonomics. L’idée des auteurs est de décortiquer sous un angle économique des questions a priori non économiques. Et d’en déduire des résultats si possible surprenants. Le but étant bien sûr de montrer que la sagesse dite populaire est souvent biaisée. L’ouvrage se complait un peu trop dans l’explication lourdingue de sa méthodologie plutôt que sur le pourquoi. Néanmoins certaines trouvailles valent le détour.

Je passe sur le fait qu’il paraît qu’une grande partie des combats de sumo sont truqués (ce qui n’intéresse sans-doute pas grand monde en dehors du Japon). Plus proche de nous, on y apprend qu’il est 100 fois plus dangereux de laisser ses enfants jouer chez le voisin qui a une piscine, que celui qui a une arme à feu.

Et la meilleure, pourquoi beaucoup de trafiquants de drogue habitent-ils toujours chez leur mère ? Non parce que ces riches bandits soient tous des Tanguy en puissance. Tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement ! Leur activité, bien que très risquée, leur rapporte en moyenne moins que le SMIC. Seule une très petite minorité de gros caïds deviennent vraiment riches (avant de finir pour le tiers d'ente eux en prison). Ainsi, 2% des personnes impliquées dans le trafic de drogue accaparent 70% de l’argent issu du même trafic. Au final, on découvre que l’économie souterraine est encore beaucoup plus inégale que l’économie officielle ! En allant vendre des frites chez Mc Donald, vous avez nettement plus de chance de devenir cadre supérieur de la restauration, qu’en vendant du crack au coin de la rue de devenir Scarface.

Dommage que les calculs de probabilités soient si peu enseignés à l’école. Ce qui fait que des millions de gens continuent à jouer au Loto malgré un espoir de gain dérisoire, fait aussi qu’on n’est pas prêt de voir disparaitre le flux des candidats dealers.

14:46 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique

Commentaires

je suis d'accord avec le fait que la connaissance de l'economie facilite certains aspects de la vie quotidienne et une vision plus claire du projet professionnel relatif à chacun, mais ce n'est pas le seul facteur explicatif...
Jouer au loto, c'est avant tout croire que l'on va gagner, et ce côté sociologique, tu l'oublies (je me permets de tutoyer).
Lorsque nous sommes petits, nous voulons être danseuse étoile ou pompier, pourtant 99% des enfants ne font pas ces métiers... et les parents laissent faire car l'espoir et la croyance en un objectif "qui plaît et qui ne déçoit pas" fait naître une ambition...

** bisous **

Ecrit par : stella | 08.05.2006

En effet, croire qu'on va gagner alors que les chances sont objectivement extrèment faibles, est une caractéristique universelle des hommes.

Ecrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 08.05.2006

Je pense que les gens jouent au loto non pas parce qu'ils pensent avoir statistiquement la chance de gagner, mais parce qu'ils ont au moins la possibilité de devenir un jour immensement riche.
La probabilité aussi petite soit elle est infiniment plus grande que le fait d'être certain de ne jamais gagner.
Néanmoins, je ne joue pas au loto pour autant :)
(enfin si, j'ai joué juste une fois dans ma vie, histoire d'avoir tenter ma chance)

Ecrit par : Victor | 08.05.2006

Ce que pas mal de gens ne voient pas, c'est que cette possibilité (très faible) de rafler le gros lot (quel qu'il soit) leur coute au final très cher (en temps, en argent, en risques, en opportunités ratés...). La contre-partie est exorbitante. Mais comme elle est diluée dans le temps, les gens ne la percoivent pas à sa juste valeur.

Ecrit par : Jean-Baptiste Rudelle | 09.05.2006

>En allant vendre des frites chez Mc Donald, vous avez nettement plus de chance de devenir cadre supérieur de la restauration, qu’en vendant du crack au coin de la rue de devenir Scarface.

Tout à fait vrai !!! Idem pour les dealers de rue qui vivent encore chez leur maman et qui ont tjs du mal à trouver du liquide quand il s'agit d'acheter un paquet de clopes.

Ecrit par : Scheiro | 05.07.2007

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