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18.05.2006

Combattre la pauvreté ?

Selon les économistes patentés, est pauvre toute personne dont le revenu est inférieur de moitié à la médiane des revenus nationaux. Ainsi en 2003, selon l’INSEE il y aurait 3,6 millions de pauvres en France. Si vous prenez un seuil à 60% du revenu médian, on monte tout de suite à 7 millions de personnes pauvres.

Partant de là, on voit donc que, pour un pays donné, plus les revenus sont inégalitaires, plus il y a de pauvres. C’est mathématique. Voilà la principale raison du paradoxe qui veut qu’il y ait plus de pauvres aux Etats-Unis qu’en France, même s’ils sont en moyenne plus riches.
Voyons. Et la « vraie » pauvreté ? Celle-ci qui concerne quand même 2 milliards d’hommes, est définie par l’ONU par le fait de vivre avec moins de 2 euros par jour. Lorsqu’un pays sous-développé s’enrichit, le degré de satisfaction de la population augmente rapidement. Il y a donc une corrélation forte entre bonheurs individuels et richesse du pays. Ouf. C’est d’ailleurs assez intuitif. Le fait d'accéder au minimum vital en terme de nourriture, de soins et de logement, est d'un grand réconfort.
Mais curieusement, à partir d’un certain niveau de PIB par habitant (environ 10.000 euros, ce qui correspond, pour situer, au niveau de la Pologne), le niveau de satisfaction des populations semble plafonner. D’après les enquêtes, on ne vit pas plus heureux en Grande-Bretagne qu’au Portugal. N’est-ce pas tout simplement parce que, passé la satisfaction des besoins vitaux, la richesse devient une notion relative ? Ce qui est crucial, ce n’est pas son salaire en tant que tel, mais c’est de savoir s’il permet de ne pas être déclassé socialement par rapport à ses voisins, ses collègues et ses amis. Ce qui entraine une course sans fin.
Bref, quand vous entendez « pauvreté », il faut traduire par « inégalités ». Et dans ce cadre, on sent bien qu’on n’est pas prêt d’éradiquer le phénomène…

13:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Politique

Commentaires

Il devrait y avoir une priorité, parmi toutes les formes de pauvreté : celle de la misère extrême. Celle qui déshonore nos pays riches, qui laisse errer nombre de « mort-vivants » sans toit, sans travail, sans ressources honorables, sans utilité… Observons que jusqu’à présent, aucune action concrète n’a produit de résultat convaincant pour l’éradiquer.
Certains ont réfléchi au problème, imaginant une solution acceptable pour tout le monde. Au fil d’une conversation singulière avec un contradicteur, Saturnol expose sa stratégie, hors du prêt-à-penser que dispensent les différentes options politiques, sur:
Antipauperisme.blog.fr
Avis aux personnes sensibles à cette iniquité.
Tiers

Ecrit par : Tiers | 08.06.2007

Ayant résumé drastiquement les idées qu’expose Saturnol, voici l’essentiel des mesures proposées. Serez-vous peut-être intéressé par ce condensé ?

— Tous les indigents valides (vraiment tous et tout de suite) se voient proposer un travail à temps limité.
— Le but exclusif de ce travail est de lutter contre la pauvreté : aider à construire des logements sommaires de secours, participer à la logistique des choses nécessaires pour vivre décemment, donner un coup de main pour remettre en état des logements insalubres, etc.
— Attribution immédiate d’un logement personnel – catégorie minimum. L’indigent aura éventuellement participé à sa construction ou sa rénovation.
— Tous les indigents obtiennent les choses et services nécessaires à une vie décente (qu’ils effectuent ou non leur travail-impôt).
— Tous les indigents perçoivent un salaire (à condition d’effectuer leur travail-impôt).
— Dans un deuxième temps, attribution d’une habitation améliorée en fonction de points positifs attribués pour : excellence du travail-impôt, assiduité, poursuite d’études, recherche effective d’un travail en secteur marchand, etc. Cette homologation s’applique aussi à un supplément conditionnel de salaire. Points négatifs en cas de comportement antisocial…
— Les contribuables solvables pourraient remplacer leur tranche d’impôt prévue pour éradiquer le paupérisme par des heures de «travail d’expert» utile aux indigents.
— Les entreprises pourraient remplacer leur tranche d’impôt prévue pour éradiquer le paupérisme par un équivalent en matériaux et matériels qu’elles produisent (si ces objets sont utiles à l’élimination de la pauvreté).
— Système fonctionnant principalement avec le concours des citoyens, dans le « secteur privé » (hors institutions et postes fonctionnarisés). Recours en particulier aux jeunes retraités voulant conserver une certaine activité («bénévolat intéressé»).

Ecrit par : Tiers | 24.06.2007

Tiers, ta solution ne pourrait marcher que dans une dictature. Les SDF sont incapables de travailler, sinon ils ne seraient pas SDF justement...

Ecrit par : eCHET | 24.06.2007

Puissiez-vous avoir raison (touchant la dictature), car dans ce cas un aspect du problème – qui me taraude depuis longtemps et dont je n’entrevois aucune issue vraiment satisfaisante pour l’instant – trouverait enfin sa solution: la grande misère du tiers monde, où sévit fréquemment le mode de gouvernement en question. Hélas! rien n’est moins sûr, l’impraticabilité serait due au fait que notre système se fonde sur les libertés démocratiques.

Un peu avant de sombrer dans l’alcoolisme et la dépression, beaucoup de «gens ordinaires», anéantis par les événements, seraient prêts, selon moi, à accepter un travail utile (puisque prévu en leur faveur). D’autant plus que certains parmi eux avaient précédemment un travail (le chômage, peut-être en avez-vous déjà entendu parlé?). Pour ces personnes, donc, nul besoin de schlague. Par ailleurs, de nombreuses ONG remplissent des missions de ce genre, sans manier la trique.

Si vous examinez nos dispositions, vous remarquerez qu’il n’y a pas d’obligations, hormis l’acquittement de l’impôt (mais je crois savoir que cela existerait déjà).

Quant aux « cas », même ceux-ci pourraient être sensibles à l’attrait d’une carotte : de quoi se payer son tabac et son alcool. Mendier est un travail qui exige constance et savoir-faire. Avec certains avantages, je vous l’accorde : ni patron ni horaires contraignants. Ces fameux « cas » pèseraient alors le pour et le contre.

Ecrit par : Tiers | 27.06.2007

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