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02.06.2006

L’obésité de l’Etat ?

C’est devenu une banalité de se lamenter sur l’obésité d’un l’Etat français qui ponctionnerait une part toujours plus grande de la richesse nationale. Il est vrai qu’en 30 ans, les prélèvements obligatoires sont passés de 33% à 45% du PIB. La cause parait entendue : l’Etat serait devenu trop dépensier et vampiriserait les forces vives.

 

Néanmoins, quand on creuse, on se rend compte que l’intégralité de cette hausse est due au financement de la protection sociale. La part de l’Etat dans le PIB, hors social, n’a que très peu bougé en trois décennies. Etonnant.

 

La montée du chômage est loin d’être la seule raison de ce gonflement des dépenses sociales. La responsabilité de la branche maladie est bien plus importante. Ce n’est pas étonnant quand on constate que les dépenses maladies augmentent de plus de 6% par an, alors que la croissance économique n’est qu'en moyenne de 2%.

 

Voilà qui remet en perspective le serpent de mer sur les prélèvements obligatoires et la supposée gabegie croissante de l'Etat français. Si les prélèvements ont autant augmenté, c’est avant tout parce que la santé des Français coute de plus en plus cher. Et en passant, ce n’est pas le papy-boom qui va arranger les choses.

 

Cela veut dire qu’à long terme, la seule manière d’alléger efficacement le coût du travail (qui passe pour une des voies les plus prometteuses de lutte contre le chômage), passe avant tout par une maitrise de nos dépenses de santé.

Qui est prêt à faire un effort ?!

09:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chômage, PIB, papy-boom, santé

Trackbacks

Ensemble, modernisons la France

Un article du journal Le Monde, assez encourageant.. Un UDF, un UMP et un PS qui s'unissent pour la modernisation de la France, réjouissons nous en!
Par manque de lucidité et de courage politique, la puissance publique française a peu à peu perdu co...

Trackback par : Chroniques libérales | 19.07.2006

Commentaires

Les français sont-ils de plus en plus malades? Commetn expliquer cette croissance de 6 %? Papy-boom c'en est une bonne mais pour le moment les papy sont encore de fringants quinca, pas de quoi fouetter la sécu, alors quoi d'autre? L'irresponsabilité des contribuables qui vont chez le doc pour tout et n'importe quoi? La poussée de fièvre du nombre de malades imaginaires en arrêt maladie payés? Le sport (trop de sport c'est pas bon pour la santé contrairement a ce que peut en dire Nike: fracture, foulure, courbature, lombalgie,tours de rein...) ?

Ecrit par : netgui | 05.06.2006

Parmi les nombres raisons, on cite souvent l'acharnement thérapeutique, mais aussi la croissance de pathologies dont les traitements sont de plus en plus couteux, en particulier les cancers. Et pourquoi le nombre de cancers augmente dans la population ? Certains spécialistes incriminent une pollution chimique de l'environnement. Ou alors des nouveaux modes de vie pathogènes. La question n'est pas tranchée.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 05.06.2006

Vu sur le site http://www.actuchomage.org

Le modèle danois : beaucoup d'emplois publics (36,9%)

L'emploi public représente 36,9 % des emplois (63,1 % pour le privé) au Danemark et seulement 19,4 % des emplois en France (80,6 % pour le privé).

Le Danemark est souvent cité en exemple : moins de chômage qu'en France, flexibilité, sécurité ... vous connaissez le discours, qui doit pourtant être fortement nuancé et replacé dans le contexte de la société danoise.

Mais le grand public ignore un aspect essentiel de la question sociale, trompé par les idolâtres du "marché" et de sa "main invisible". L'emploi public est beaucoup plus développé au Danemark qu'en France, près du double en proportion de la population.

L'emploi public danois compte pour 36,9 % dans l'emploi total, tandis que l'emploi public français se limite à 19,36 % de l'emploi total. La proportion d'emploi public est donc supérieure de 91 % au Danemark comparé à la France (36,90 / 19,36).

Au Danemark (2004), pour un emploi total de 2 507 000, l'emploi privé est de 1 582 000 (63,10 %) et l'emploi public de 925 000 (36,90 %).

En France (2004), pour un emploi total de 24 720 000, l'emploi privé est de 19 933 000 (80,64 %) et l'emploi public de 4 787 000 (19,36 %). L'emploi privé comprend 17 265 000 salariés et 2 668 000 patrons ou indépendants.

Si l'on veut de rapprocher des performances du Danemark pour la proportion d'emplois publics dans l'emploi total, augmentons par exemple de trois millions le nombre d'emplois publics. Car les besoins sont immenses : dans la santé et en particulier la prévention, dans la petite enfance, dans l'éducation et la formation des jeunes et des adultes, dans l'aide structurée et publique aux personnes âgées ...

Avec trois millions d'emplois publics en plus, l'emploi public atteindrait 7 787 000 emplois, soit 28,09 % de l'emploi total (devenu 27 720 000) et nous serions encore loin de la proportion danoise de 36,9 % d'emplois publics.

Par la même occasion, une bonne partie des nouveaux emplois publics pourrait être consacrée à une forte réduction du temps de travail, juste récompense des importants gains de productivité des années passées, pour ramener la durée réelle (pas seulement légale) à 28 ou 30 heures par semaine.

Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :

http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm

(le texte complet peut être imprimé ...)

Ecrit par : butine | 28.06.2006

Merci pour ce commentaire très détaillé. La piste proposée des emplois publics est interessante. Néanmoins, se pose le problème de son énorme financement. Vu l'état des comptes publics, cela suppose un alourdissement très important de la fiscalité.
Dans la dynamique actuelle, il parait peu probable qu'un candidat arrive à réunir une majorité de Français sur ce programme. Il y a en France une allergie à l'impôt qui est inconnu des pays scandinaves.
Le Danemark est une société très égalitaire, qui jouit d'une homogénéité sociale bien supérieure à celle de la France. Cela permet d'y appliquer des solutions, qui en France sont impossibles, faute d'un consensus suffisant.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 28.06.2006

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