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26.08.2006

Les ressorts de la croissance économique

A long terme, la croissance économique est tirée par deux facteurs : la vitalité démographique et le progrès technique. Il est étonnant par exemple de constater que le fameux différentiel de croissance entre les Etats-Unis et l’Europe sur la dernière décennie peut s’expliquer presque uniquement par la démographie. La surcroissance américaine est ainsi tirée par une croissance de sa population (essentiellement dûe à l’immigration latino-américaine) nettement supérieure à la notre.

 

Malgré le léger baby boom depuis la fin des années 90, la France est ansi dotée croissance démographique beaucoup plus faible que les Etats-Unis. Pourtant ça reste nettement mieux que chez nos voisins, sans parler de la fameuse « nouvelle Europe » où ironiquement, la situation en termes de natalité est catastrophique.

 

Au-delà de ces écarts conjoncturels, on constate que sur le long terme, la natalité est en baisse tendancielle sur tous les pays, riches et pauvres. Et cette tendance lourde repose sur des facteurs sociologiques (principalement le niveau d’éducation des femmes) qui semblent difficilement réversibles.

 

Donc à moyen terme, il faudra compter encore d’avantage sur la technologie pour assurer notre sacro-sainte croissance économique. Quelle sera la techno de demain qui assurera une dynamique de croissance pérenne ? Celle qui sera l’équivalent de ce qu’à pu être la généralisation des moteurs électriques (équipements domestiques) et à essence (transports) pour les Trente Glorieuses ?

 

Les paris sont ouverts…

 

18:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : croissance, démographie, natalité, technologie

Commentaires

La démographie crée une "fausse croissance" car ce qui compte vraiment pour notre niveau de vie, c'est la croissance du PIB par habitant. Heureusement, personne ne songe vraiment à faire plus de bébés pour retrouver la croissance. Des "bébés économiques"? Je n'ose même pas l'imaginer...

Sur la croissance du PIB par habitant, le rapport Camdessus notait que sur les 25 dernières années nous avons reculé de 45% par rapport aux USA et 16% par rapport à la GB. Dans le même temps le nombre d'heures travaillées en France baissait de 42% par rapport aux USA et de 14% par rapport à la GB. De ce parallèle frappant entre les chiffres, Camdessus déduisait qu'il suffirait de travailler plus pour rattraper les anglo-saxons. Mais travailler plus pour quoi? Payer les retraites de nos parents, leurs frais de santé, leur verser un loyer et rembourser la dette : vous pensez qu'avec ça on va mobiliser les foules?

Mais comparaison n'est pas raison et le parallèle du rapport Camdessus ne prouvait peut-être rien. On considère que le progrès technique explique 80% de la croissance des USA. Camdessus en parle essentiellement en termes d'éducation et de recherche. Mais attention : en langage d'économiste, "progrès technique" ne veut pas nécessairement dire high-tech. Bien sûr ça compte aussi, mais toute nouvelle façon d'organiser le travail plus efficacement est comptée dans le "progrès technique". Par exemple : les fast food pourraient bien compter! Alors que ceux qui connaissent la recette du progrès technique lèvent le doigt... ?

Enfin, il reste une idée que quelques économistes discrets évoquent quand personne n'écoute (en l'ocurrence B.Salanié sur RFI) : peut-être devrions-nous nous satisfaire de la croissance que nous avons aujourd'hui. Il est peu probable que nous puissions retrouver le rythme des trente glorieuses par un effort de la volonté, et tenir ainsi jusqu'au bout du 21ème siècle. Notre croissance actuelle est dans la moyenne de ce qui se fait habituellement sur longue période. Mais nous n'arrivons pas à nous adapter : aurions-nous pris de mauvaises habitudes?

Ecrit par : Gu Si Fang | 26.08.2006

Merci Gu Si Fang pour ce commentaire, comme toujours très argumenté.
Il est clair que le PIB par habitant est un meilleur indicateur de la dynamique de richesse que la croissance. Encore plus précis est la productivité horaire, pour laquelle la France n'a vraiment pas à rougir. Et savoir s'il faut travailler plus (comme aux USA) ou gagner moins (comme en France) est un choix plus sociopolitique qu'économique.
Malgré tout, on constate que l'indicateur qui de loin est le plus utilisé par les médias (et les grands leaders d'opinion) est la croissance du PIB. C'est elle (et non malheureusement la recherche d'une meilleure productivité) qui dicte la plupart des politiques économiques. Savoir que ce chiffre est très impacté par la croissance démographique, permet ainsi de relativiser certains benchmark internationaux un peu trop simplificateurs.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 27.08.2006

Il y a certains pays, comme le Japon, qui ont un trés bon PIB, malgré une population trés vieillissante. Je ne sais donc pas trop quoi penser de ton article. (Je ne suis pas non plus un pro de l'économie).

Tizel

Ecrit par : Tizel | 28.08.2006

Il est vrai que les fluctuations court terme sont en grande partie décorellées de la démographie dont l'influence se situe plutôt sur le long terme.
Concernant le Japon, il lui sera d'autant plus difficile de retrouver la croissance bénite qu'il a connu dans les années 70 et 80, qu'en effet sa population vieillit rapidement.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 28.08.2006

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).

Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l'avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

Voir cet article :
Gains de productivité du travail - 1997-2003

http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l'ensemble de l'activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d'emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d'emplois entre secteurs d'activité, le nombre d'emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

D'autres articles intéressants sur le site

http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm


comme "Des mythes autour de l'emploi",
"Chômage officiel et chômage réel en 2005",
"Le modèle libéral britannique : emploi et chômage" ....

Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.

Ecrit par : visiteur | 18.09.2006

Vu sur le site http://www.actuchomage.org

Durée du travail : 32 heures en Angleterre

La durée moyenne du travail, pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel, est de 32 heures par semaine en Grande Bretagne et de 36,28 heures en France.

Ainsi, les français travaillent quatre heures de plus que les anglais chaque semaine.

La durée moyenne du travail en Angleterre est de 32 heures par semaine pour l'ensemble des personnes actives occupées : salariés (employee), indépendants (self-employed), aides familiaux de l'agriculture ou du commerce et autres personnes.

En valeur ajustée des variations saisonnières, la durée hebdomadaire est en moyenne de 32,1 heures pour l'ensemble des travailleurs britanniques, soit :
37,2 heures pour l'emploi à temps complet,
15,7 heures pour l'emploi à temps partiel.

Une proportion non négligeable des emplois anglais ont une durée inférieure à quinze heures par semaine et même à six heures par semaine. Pour le même coût, vous avez six travailleurs au lieu d'un, ce qui améliore les statistiques de l'emploi et diminue, en apparence, l'importance du chômage.
...

Les laudateurs du libéralisme économique voudraient nous faire croire que l'importance du chômage en France est due à la faible durée du travail dans notre pays. Le discours souvent répandu est aussi de faire croire que l'on ne travaille que 35 heures en France contre beaucoup plus dans les pays qui "réussissent" dans la lutte contre le chômage.

La durée du travail n'est pas de 35 heures par semaine en France mais de 39,0 heures pour le travail à temps complet ou de 36,3 heures en moyenne pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel. En effet, la durée moyenne des emplois à temps partiel est de 23,2 heures et ceux-ci représentent 17,2 % de l'emploi total. Le calcul se fait donc en tenant compte de l'importance relative de chaque type d'emploi.
...

Mais, dirons les libéraux, avec tous ces congés payés et ces jours fériés, les français travaillent moins sur l'année entière que les anglais. Et bien non, la différence est seulement d'une semaine de congés payés et de trois jours fériés en moins en Angleterre, lorsque les jours fériés sont en semaine (ni samedi, ni dimanche).

Sur l'année, pour 45,4 et 47,0 semaines respectivement, la durée moyenne est :
- en France : 36,3 h x 45,4 = 1 648 heures annuelles,
- en Angleterre : 31,7 h x 47 = 1 489,9 heures annuelles, soit 10,6 % de moins.

Pour les seuls emplois à temps plein, vision partielle (partiale) de la réalité, nous avons :
- en France : 39,0 h x 45,4 = 1 770,6 heures annuelles,
- en Angleterre : 37,2 h x 47 = 1 748,4 heures annuelles
...

Plus de précisions à cette adresses :
http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm

(le texte complet peut être imprimé ... ).

Ecrit par : visiteur | 18.09.2006

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