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14.09.2006
Intégration et orthographe
On se lamente que plus d’un élève sur dix (en grande majorité des enfants d’immigrés récents) ne maitrisent pas les bases de la lecture et de l’écriture à l’arrivée en sixième. Mais la manière dont s’écrit le français résulte d’un incroyable empilage de bizarreries historiques. Le résultat est d’une complexité absurde, qui n’a d’autre justification qu’un usage arbitraire qui s’est figé de manière capricieuse il y a de cela deux siècles. Pas étonnant que cela prenne en moyenne trois années de plus à un jeune français qu’un jeune espagnol pour maitriser la lecture et l’écriture.
En passant, cette réforme de l’orthographe permettrait aussi d’enrailler l’inexorable déclin de la francophonie dans le monde. Et aussi de tenter de ramener dans le bon chemin ces jeunes qui ne savent plus s’exprimer que par l’écriture SMS.
Malheureusement, cette réforme de bon sens, dont le rapport efficacité / coût serait étonnamment attractif n’a que très peu de chance de voir le jour. A la moindre tentative de simplification, les gardiens du temple de l’exception culturelle française crient à « l’assassinat de la langue de Molière ». Nos ayatollahs de l’orthographe ont-ils conscience de l’arrogance et du mépris qu’ils affichent envers les jeunes les plus fragiles qui triment inutilement sur nos si rigides subtilités syntaxiques ?
10:28 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : immigration, intégration, orthographe, français
Commentaires
Hummm, intéréssante question vraiment...
Mais ne vaut-il pas mieux monter le niveau moyen plutôt que de rabaisser les exigeances de l'orthographe ? Pourquoi toujours aller à la facilité alors que justement c'est dans la difficulté que l'on progresse?
Ecrit par : netgui | 14.09.2006
Vaste débat ;-)
Faciliter l'apprentissage de l'orthographe n'implique pas forcément de baisser le niveau général. Le temps gagné pourrait etre utilement utilisé pour d'autres matières.
Par exemple apprendre d'avantage de vocabulaire aux enfants. Quand on sait que 80% de la population adulte s'exprime avec 300 mots (alors qu'il en existe 50.000 dans le dico), cela ne leur laisse pas beaucoup de moyens de développer une pensée sophistiquée.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 14.09.2006
Réformer l'orthographe me parait difficilement applicable, quid de tout ceux qui ont apris l'orthographe tel quelle est aujourd'hui ? Et quid de la francophonie dans le monde ? Est ce qu'on aura une période de transition comme avec l'Euro ?
Quand au déclin de la francophonie je le vois plus comme une conséquence de l'hégémonie de la langue anglaise (qui d'ailleurs compte plus de mots que la langue française il me semble).
Ecrit par : Mox Folder | 14.09.2006
Il est clair qu'il faudrait une période de transition et faire les choses progressivement, en se concentrant sur les nouvelles générations qui sont à l'école.
Mais aujourd'hui, le moindre changement est impossible. Il y a quelques années, un comité avait proposé de supprimer l'accent circonflexe sur le mot âme. Quelle incroyable audace ! Cela a fait la une des journaux et tout le monde a poussé des cris.
L'hégémonie de l'anglais est assez particulière. Elle tient à une puissance culturelle US sans équivalent. Mais, il faut remarquer aussi que c'est une langue facile à apprendre (au moins les rudiments).
Le français (et l'allemand) régressent par rapport à l'espagnol, car leur maitrise est plus difficile. Très peu d'étrangers parlent japonais (malgrè l'énorme puissance industrielle du Japon) car l'écriture est très compliquée. Bref, on constate que le rayonnement d'une langue tient (au moins en partie) à sa facilité d'apprentissage.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 14.09.2006
Il y a sûrement d'autres précédents historiques, mais le premier qui me vient à l'esprit est la simplification des caractères chinois. Le sujet était débattu depuis le début du 20ème siècle, et plusieurs modalités avaient été proposées. Dans les années 1950, le régime communiste de Mao décida de mettre en oeuvre cette réforme dans le but d'alphabétiser l'ensemble de la population rurale chinoise. Aujourd'hui, quoi qu'ait fait Mao par ailleurs, force est de reconnaître les progrès accomplis dans ce domaine.
Aurait-on pu atteindre le même résultat sans simplification des caractères? Nul ne saurait le dire avec certitude, mais cela aurait été plus difficile.
La Chine y a-t-elle perdu son âme et ses traditions deux fois millénaires? Assurément, non!
Chez nous, la massification de l'éducation a précédé la réforme de l'orthographe. Mais mieux vaut tard que jamais.
Accessoirement, le système numéral chinois est plus performant que le nôtre (La bosse des maths, de S.Dehaene), ce qui a pour conséquences que les enfants chinois savent mieux compter que nous, et mémorisent plus facilement une suite de chiffres (9 au lieu de 7).
Ecrit par : Gu Si Fang | 14.09.2006
Ben y a l'hiragana et le katakana Japonnais aussi qui permettent de rentranscrire la langue plus facilement. Pour les langues comme le japonnais et le chinois ou l'arabe il y a surtout la barrière de l'alphabet. Néanmoins la langue arabe parait être très diffusée dans une certaine partie du globe et ça tient surtout selon moi aux invasions arabes en afrique et en asie et aussi à la culture de l'Islam. Ce qui m'amène à penser que l'hégémonie de la langue anglaise n'est pas seulement liée à la puissance US mais aussi aux anciennes colonies anglaises.
Par contre il est vrai que je pense que l'anglais est une langue que l'on peut s'approprier assez facilement ...
Ecrit par : Mox Folder | 14.09.2006
Je ne suis pas du tout d'accord avec ces tentatives de nivellement par le bas, on dirait du Jack Lang !
Même s'il y avait une réforme de l'orthographe, c'est une utopie de penser une seule seconde que cela changerait quelque chose au problème de l'écriture style SMS.
La vérité, c'est que le système scolaire est en faillite, on donne le bac à tout le monde. Résultat, cela ne fait qu'allonger la durée des études. Car finalement, le nivellement par le bas n'enlèvera jamais le fait que tout le monde ne peut pas être PDG ou médecin, il y aura toujours une sélection, même si l'illusion du bac pour tous ne fait que la repousser.
Quand aux enfants d'immigrés et autres, désolé de vous choquer, mais c'est à eux de s'adapter à la langue et à la culture française, et pas à nous d'abaisser le niveau. Les plus faibles et les plus fragiles patissent des méthodes démago qui ont prouvé depuis 20 ans qu'elles ne marchent pas. Du temps de l'école de nos parents (je précise que j'ai 25 ans), je pense que les gens étaient largement meilleurs en orthographe que maintenant, tout simplement parce que l'école les faisait travailler et qu'on ne s'apitoyait pas devant les lamentations des plus nuls, qui étaient obligés de suivre avec rigueur en cours, pour finalement y arriver.
Je crois que c'est surtout le mot travail qui choque à notre époque.
Ecrit par : Nicolas Clairembault | 16.09.2006
Quand je vous disais que toute évocation d'une réforme de l'orthographe entraîne immanquablement des cris d'indignation. Merci Nicolas d'avoir illuster mon propos par cette belle diatribe. ;-)
Dans ce débat (regrettablement passionnel), il est courant de tenter d'assimiler simplification de l'orthographe à un soit disant nivellement vers le bas du niveau scolaire global. Mais en quoi le fait d'obliger les gens à assimiler des règles d'écriture compliquées et souvent absurdes les rend plus intelligents ?
Les milliers heures consacrées à l'apprentissage de toutes les exceptions orthographiques arbitraires du français, seraient plus utilement consacrées à d'autres enseignements : histoire, géographie, dialectique, culture générale...
Ecrit par : Jean-Baptiste | 16.09.2006
L'orthographe, une invention récente : Puisque l'on parle de "la langue de Molière", doit-on rappeler qu'il n'y a pas si longtemps que ça, l'orthographe n'existait pas ! Et surtout du temps de Molière qui serait surpris par une telle règle !
"Ce n'est qu'à partir de la Restauration que l'orthographe est devenue signe de bonne éducation. Sous l'Ancien Régime, elle demeurait une notion qui échappait au bon sens commun.
Pour nos aïeux, les mots avaient essentiellement une valeur auditive. L'orthographe n'a commencé à apparaître qu'avec le dictionnaire de l'Académie, même si pendant longtemps il admettait lui-même plusieurs formes pour un même mot."
Extrait de l'article : http://www.notrefamille.com/v2/editorial-dossiers/petites-reformes-de-l-orthographe.asp
Par contre, la réforme de l'orthographe, c'est pas nouveau mais c'est complexe à envisager surtout quand on connaît son histoire : http://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fichiers/Cours/orthog.htm
C'est un chantier énorme : risque d'homonymes et contre-sens, etc.
Ecrit par : Rodolphe | 18.09.2006
Le français n’est pas la langue la plus facile à apprendre !!
Mais merci de ne pas vous appuyer sur les immigrés pour le démontrer (surtout avec la course à la présidentielle que connaît aujourd’hui la France).
Si les jeunes immigrés ont des difficultés à parler le français c’est peut être parce qu’ils doivent parallèlement apprendre et maîtriser leur langue maternelle ?!
Révolutionner la langue française pour faciliter l’intégration des étrangers ?
Premièrement c’est impossible puisqu’on ne peut pas décider du jour au lendemain de changer une langue qui existe depuis des siècles.
Deuxièmement c’est inutile car si on veut améliorer le niveau des élèves, il serait plus judicieux ET efficace de s’intéresser au dysfonctionnement et à l’obsolescence de l’ensemble du système éducatif français.
Ecrit par : Mirza | 21.09.2006
bonjour jan batiste, c encor nicola, nou som en 2016 é la reform de l'ortograf è paçée, mintenan nous aprenons le françè de fasson bocou plu simple kavan, cé génial !
com tu le prédisè avec justaisse, nouz avons tailmen gagné de tan sur l'aprentissage de l'ortografe ke nou l'avon utilisé pour l'ensaigneman des autre matiaires, com les mate, la géografie, l'istoir etcétéra...
cé indéniable, nou zavons une bien mailleur culture général ke nos parant grasse a cète réforme, nous som ouvairt d'esprit, intailigents, et com l'ortografe ai plus facile, les jeuns dè cité ce remaite a la laicture et a lecritur : la cultur ai accaissibl a tous.
viv la raiform de l'ortograf, tu avai raison !!
Nicolas, un jeune bien mieux intégré dans la société grâce à la réforme de l'orthographe.
Ecrit par : Nicolas Clairembault | 23.09.2006
Bonjour JB - une réforme de l'orthographe me parait peu réaliste. L'intégration des immigrés doit se faire de façon pluridimensionnel (connaissance de la langue ET accès à l'emloi)
C’est la "mobilisation" familiale et l’importance accordée à la réussite scolaire qui sont les facteurs du succès. Une fois la langue française maîtrisée, le fait d’être étranger n’entraîne aucune discrimination particulière dans la carrière scolaire. J'en suis un exemple :)
Vient ensuite l'accès à l'emploi. Le CV anonyme est un exemple concret des quelques moyens mis en oeuvre pour améliroer l'intégration des immigrés et montre une certaine inefficacité - car au final, durant l'entretien, il est difficile de cacher ses origines.
Ecrit par : Nabil | 24.09.2006
Il est clair qu'une réforme de l'orthographe ne saurait à elle seule résoudre le complexe problème de l'intégration des immigrés. Il s'agit simplement d'une piste (parmi d'autres) pour aller dans la bonne direction.
Nabil, la mobilisation familiale est en effet un facteur clé dans le succès scolaire. Malheureusement, cette mobilisation dépend de facteurs culturels et sociaux spécifiques à chaque famille sur lesquels il est très difficile d'agir au niveau national.
Même si elle sera loin de résoudre tous nos problèmes, la simplification de l'orthographe aurait l'immense mérite d'être relativement simple à mettre en oeuvre et très peu couteuse (comparée à d'autres dispositifs comme les ZEP). Surtout si elle est faite dans un climat serein, de manière pragmatique et progressive. Ce qui, j'en conviens, n'est pas gagné ! ;-)
Sur le CV anonyme, j'ai eu un retour d'expérience moins négatif. Lorsqu'on a passé une heure d'entretien avec un candidat, il est nettement plus difficile de le recaler (surtout s'il a été bon !) que sur un CV qu'on a lu en 10 secondes. De fait, la probabilité de se faire embaucher est 20 fois plus importante après un entretien qu'au stade du CV.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 24.09.2006
La révolusion de l'ortograf ê déjà komansé é êl se propaj à la vitês d'un virus! -> www.ortograf.net
Ecrit par : pépé | 31.10.2006
Réformer l'orthographe ?
Rien de plus simple !
« Seule une réforme profonde pourrait apporter à l'orthographe du français les améliorations nécessaires, et une réforme profonde est aujourd'hui impossible » ( Nina Catach; «L'orthographe»; coll. «Que sais-je?»)
On vous a fait croire qu'une véritable réforme de l'orthographe était impossible. C'est faux ! Voici pourquoi:
Vers 1970, il s'est avéré nécessaire de définir enfin une prononciation normale du français, grâce à une écriture phonétique, c'est à dire fondée sur la règle: "une lettre par son, un son par lettre".
Dans cette adoption d'une écriture phonétique du français faite vers 1970, curieusement, on a adopté, en catimini, un alphabet phonétique, appelé "alphabet phonétique international" ou A.P.I., dans lequel la moitié des signes environ a un aspect totalement rébarbatif pour le non initié.
En outre, certaines de nos lettres traditionnelles y ont un usage totalement contraire à nos habitudes: c'est le cas de la lettre y utilisée pour le son u, o pour le son ô , e pour le son é, u pour le son ou.
Au total, sur une quarantaine de lettres, on en trouve péniblement une quinzaine seulement dont l'usage est conforme à nos habitudes !
Si l'on avait voulu présenter l'orthographe phonétique comme un épouvantail, on ne s'y serait pas pris autrement !
De cette manière, alors que le principe de l'écriture phonétique représente en lui-même une des plus grandes découvertes de l'histoire de l'humanité, l'idée même d'une écriture phonétique de notre langue est totalement inconcevable pour la quasi-totalité des Français ! ! !
En conséquence, toute véritable réforme de notre orthographe est alors "impossible", puisque celle-ci devrait nécessairement être une réforme "profonde", c'est à dire aboutir à une écriture pratiquement phonétique, elle-même rendue inconcevable par l'effet d'épouvantail de l'API.
Ainsi, la véritable fonction de l'API, c'est de rendre impossible toute vraie réforme de l'orthographe, et de faire perdurer le formidable gâchis scolaire et social dù aux complications inutiles de notre manière d'écrire.
Il suffirait donc de remplacer ledit et sordide API par un alphabet phonétique français dont les graphismes seraient judicieusement choisis, pour qu'une véritable réforme de l'orthographe puisse se faire en douceur, avec le maximum de confort, et sans apporter le moindre risque de déstabilisation de la langue.
Voir par exemple:
"Alphabet gréco-latin universel, alphabet phonétique français: principes d'écritures, utilisations immédiates" ( 7 pages ), sur les sites ortograf.fr ou alfograf.net
ORTOGRAF-FR
sites: 1°) http://www.alfograf.net 2°) http://alrg.free.fr/ortograf
Voir aussi: "ORTOGRAF, expliquez votre réforme " sur forum "ABC de la langue française"
page 148 - 703
Ecrit par : louis rougnon glasson | 04.06.2007
Réformer l'orthographe ?
Rien de plus simple !
« Seule une réforme profonde pourrait apporter à l'orthographe du français les améliorations nécessaires, et une réforme profonde est aujourd'hui impossible » ( Nina Catach; «L'orthographe»; coll. «Que sais-je?»)
On vous a fait croire qu'une véritable réforme de l'orthographe était impossible. C'est faux ! Voici pourquoi:
Vers 1970, il s'est avéré nécessaire de définir enfin une prononciation normale du français, grâce à une écriture phonétique, c'est à dire fondée sur la règle: "une lettre par son, un son par lettre".
Dans cette adoption d'une écriture phonétique du français faite vers 1970, curieusement, on a adopté, en catimini, un alphabet phonétique, appelé "alphabet phonétique international" ou A.P.I., dans lequel la moitié des signes environ a un aspect totalement rébarbatif pour le non initié.
En outre, certaines de nos lettres traditionnelles y ont un usage totalement contraire à nos habitudes: c'est le cas de la lettre y utilisée pour le son u, o pour le son ô , e pour le son é, u pour le son ou.
Au total, sur une quarantaine de lettres, on en trouve péniblement une quinzaine seulement dont l'usage est conforme à nos habitudes !
Si l'on avait voulu présenter l'orthographe phonétique comme un épouvantail, on ne s'y serait pas pris autrement !
De cette manière, alors que le principe de l'écriture phonétique représente en lui-même une des plus grandes découvertes de l'histoire de l'humanité, l'idée même d'une écriture phonétique de notre langue est totalement inconcevable pour la quasi-totalité des Français ! ! !
En conséquence, toute véritable réforme de notre orthographe est alors "impossible", puisque celle-ci devrait nécessairement être une réforme "profonde", c'est à dire aboutir à une écriture pratiquement phonétique, elle-même rendue inconcevable par l'effet d'épouvantail de l'API.
Ainsi, la véritable fonction de l'API, c'est de rendre impossible toute vraie réforme de l'orthographe, et de faire perdurer le formidable gâchis scolaire et social dù aux complications inutiles de notre manière d'écrire.
Il suffirait donc de remplacer ledit et sordide API par un alphabet phonétique français dont les graphismes seraient judicieusement choisis, pour qu'une véritable réforme de l'orthographe puisse se faire en douceur, avec le maximum de confort, et sans apporter le moindre risque de déstabilisation de la langue.
Voir par exemple:
"Alphabet gréco-latin universel, alphabet phonétique français: principes d'écritures, utilisations immédiates" ( 7 pages ), sur les sites ortograf.fr ou alfograf.net
ORTOGRAF-FR
sites: 1°) http://www.alfograf.net 2°) http://alrg.free.fr/ortograf
Voir aussi: "ORTOGRAF, expliquez votre réforme " sur forum "ABC de la langue française"
page 148 - 703
Ecrit par : louis rougnon glasson | 04.06.2007
Merci Louis pour ce commentaire pragmatique et interessant . Il est claire que l'API dans sa forme actuelle est illisible pour le commun des mortels.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 05.06.2007
Je ne sais pas comment l'article précédent est arrivé sur ce fil mais naturellement ça m'a fait grand plaisir et en plus ça m'a fait découvrir le blog de Jean-Baptiste Rudelle, où je trouve d'autres analyses intéressantes sur des sujets auxquels je ne peux malheureusement pas me consacrer.
Une vraie réforme de l'orthographe, ce n'est pas une petite affaire. Mais le projet ortograf-fr est réellement optimisé, il est capable de fédérer en un mouvement d'ensemble les initiatives les plus diverses.
Point essentiel: nous refusons une réforme constituée de petits rafistolages successifs, qui déstabiliseraient dangereusement les usages, sans jamais rien régler.
Un aspect paradoxal parmi d'autres: c'est la première fois qu'une réforme touchant le système éducatif est proposée dans le cadre du débat démocratique.
Dans ces conditions, le projet est condamné à être excellent pour avoir des chances d'être adopté.
C'est exactement le contraire de ce que nous avons l'habitude de voir concernant l'Education Nationale.
Par exemple, en l'absence de débat, il a fallu quinze ans avant de s'apercevoir que les maths modernes n'avaient peut-être pas été la meilleure des choses.
Le système de tracts mis au point pour démolir le préjugé orthographique amuse le public et il a de plus en plus d'échos positifs.
Sur les sites ortograf.fr et alfograf.net, on peut charger ces tracts au format pdf, la mise en page y est optimisée afin de favoriser la rediffusion spontanée.
Mais naturellement, les mêmes textes se propagent aussi sur internet.
La rediffusion totale est totalement incontrôlable, même si les médias s'obstinent pour le moment à faire la sourde oreille.
A+
Ecrit par : louis rougnon glasson | 20.06.2007
La diatribe d'un enseignat en sciences retraité voulant pour d'obscures raisons nous réapprendre à écrire notre langue maternelle. Plagiat d'articles, spam de forums, depuis un an rien ne nous sera épargné.
Ecrit par : Tators | 18.11.2007
Réponse à Tators
Merci ! Tators !
Voici encore une magnifique illustration du niveau intellectuel de nos vaillants défenseurs de l'orthographe, une de plus.
Je cite tators: "depuis un an rien ne nous sera épargné."
C'est chouette!
Ecrit par : louis rougnon glasson | 18.11.2007
En réponse à Tators, j'ajouterai que je ne suis pas l'auteur de l'article qui a démarré ce fil, mais il va de soi que je l'approuve complètement.
Ecrit par : louis rougnon glasson | 18.11.2007
l'usage d'un API est absurde en effet !
Ce dont nous avons besoin, pour la prononciation en premier lieu, c'est d'un AP français, à l'usage des Français, je veux dire, sans aller chercher des symboles comme le u, par exemple, pour le son ou et le y pour le son u !
Par contre, je conçois qu'un Allemand soit aidé de trouver dans son dictionnaire allemand-français le symbole phonétique u pour prononcer le son ou français. De même un Anglais a besoin d'avoir un symbole spécial pour fixer la prononciation de nos diphtongues: on , in, an, un... inconnues dans la langue anglaise !
Je veux dire qu'il devrait y avoir dans chaque langue un Alphabet Phonétique à l'usage des Autochtones et un AP adapté pour l'approche d'autres langues au lieu de l'utilisation faussement simplificatrice de ce fameux AFI dans tous les cas...
Ecrit par : Marc Larivière | 19.11.2007
je ne résiste pas à l'envie de copier ce texte issue du site du Monde. Tout y est.
Voilà que des cours d'orthographe sont dispensés à l'université. Les enseignants se lassent de lire des dissertations truffées de fautes. Voilà que la dictée devient obligatoire à l'entrée de grandes écoles scientifiques, d'ingénieurs ou de commerce. Logique : dans leur processus d'embauche, les entreprises se mettent à évaluer les compétences orthographiques des postulants. Elles en ont soupé de ces jeunes cadres incapables de rédiger le moindre rapport ou courriel dans un français correct.
Pour combler leurs lacunes, ils pourront toujours recourir aux services d'un coach en orthographe, nouvelle profession en plein essor. Tout autant que les ventes des logiciels d'entraînement, ou les tirages des bons vieux Bled et Bescherelle… Qu'il affole, désole ou indiffère, le constat est désormais unanimement dressé, et scientifiquement démontré, d'une baisse de la maîtrise orthographique – ces vingt dernières années notamment – particulièrement visible en cette ère numérique. Jamais on n'avait autant écrit, jamais, surtout, autant de monde n'avait eu besoin d'écrire. L'orthographe défaillante devient une barrière à l'embauche, un frein aux évolutions de carrière.
C'est dans ce contexte qu'est récemment parue L'orthographe en crise à l'école. Et si l'histoire montrait le chemin ?, d'André Chervel. Un petit livre qui offre une mise en perspective historique particulièrement éclairante. Agrégé de grammaire, docteur ès lettres, André Chervel a été enseignant durant trente ans, du collège à l'université, avant de devenir chercheur au Service d'histoire de l'éducation de l'Institut national de recherche pédagogique.
Lui qui a passé plus de cinquante ans à étudier la langue française et son enseignement, publiant de nombreux ouvrages (dont une Histoire de l'enseignement du français du XVIIe au XXe siècle, prix Guizot 2007 de l'Académie française), lui qui en connaît les plus infimes évolutions au cours des siècles, qui en goûte toutes les subtilités, n'hésite plus à appeler de ses vœux une réforme drastique. Sinon, affirme-t-il, l'orthographe deviendra une pratique d'élite. Contrairement à bien des idées reçues, en réformant, nous respecterions la tradition historique.
Peut-on réellement parler d'une "crise" de l'orthographe ? Le niveau baisse-t-il réellement de façon spectaculaire, ou a-t-on aussi un peu affaire à un discours passéiste, en référence à un âge d'or mythique de l'école laïque et républicaine ?
Cette crise est une évidence. Les enseignants de tous niveaux avec lesquels je discute se plaignent d'une insuffisante maîtrise orthographique de leurs élèves ou de leurs étudiants. On observe désormais à l'université ce qu'on constatait il y a quelques années au niveau du primaire ou des premières classes de collège. J'ai, moi-même, longtemps cru que ce discours du "Tout-fout-le-camp" ne reposait sur rien. Avec Danièle Manesse (professeure en sciences du langage à Paris-III), nous avions même démontré le contraire, en 1989, en publiant une enquête menée à partir de dictées du xixe siècle, auxquelles nous avions soumis les élèves d'il y a vingt ans. Nous avions prouvé qu'entre 1875 et 1987, le niveau orthographique des 9-14 ans avait énormément grimpé. Ce qui était logique : en 1875, près de la moitié des femmes et un quart des hommes étaient encore analphabètes. Rappelons-nous qu'en 1830, la grosse majorité des maîtres ignoraient l'orthographe et que l'école n'a réellement été chargée de l'enseigner qu'à partir de la loi Guizot de 1833. Il a ensuite fallu un bon siècle pour que cet enseignement produise tous ses effets.
D'autres enquêtes ont-elles ensuite démontré que le niveau baissait ?
Oui, en prenant d'autres dates de référence. En 1996, une enquête du ministère de l'éducation nationale a pris comme point de comparaison les années 1920. Et là, les résultats se sont avérés beaucoup moins flatteurs pour les élèves de 12-14 ans de 1995, qui faisaient 2,5 fois plus de fautes que leurs camarades des années 1920. La thèse de la progression continue des connaissances orthographiques devenait caduque. En fait, il semble qu'il y ait eu un apogée de la maîtrise orthographique pendant la première moitié du XXe siècle, durant la période 1920-1950, au terme d'un long processus enclenché au début du XIXe siècle. L'orthographe devient peu à peu la discipline reine à l'école, la dictée est la grande préoccupation du certificat d'études, les élèves sont surentraînés. Dans la seconde moitié du xxe siècle commence une baisse de niveau, qui s'est accélérée ces vingt dernières années. En février 2007, Danièle Manesse et Danièle Cogis (maître de conférences à l'IUFM de Paris) ont montré que les élèves d'aujourd'hui avaient deux années scolaires de retard en orthographe par rapport aux élèves d'il y a vingt ans. Les collégiens de 5e de 2005 sont au niveau des CM2 de 1987. La maîtrise orthographique, surtout en orthographe grammaticale, chute indéniablement.
Comment cela s'explique-t-il ?
Le déclin qui s'amorce dans les années 1950 est la conséquence d'un mouvement qui remonte très loin. Après la défaite de 1871 face à la Prusse, l'opinion publique a, non sans raison, accusé l'école primaire de ne pas avoir joué son rôle, de ne pas avoir sorti la nation de son ignorance. Les jeunes Français ne connaissaient ni la géographie de leur pays, ni ses grands écrivains, ni son histoire. Au début de la IIIe République, vers 1880, Jules Ferry, ministre de l'instruction publique, et Ferdinand Buisson, directeur de l'instruction primaire, décident donc d'introduire à l'école de nouvelles disciplines : histoire, leçon de choses, chant… L'enseignement du français s'enrichit de matières qui étaient à peu près inconnues jusque-là : lecture des beaux textes, récitation de poésies, petites rédactions, exercices de vocabulaire. Dès la fin du XIXe siècle, on consacre à l'orthographe beaucoup moins de temps dans les écoles normales et peu à peu l'école primaire change elle aussi. Aujourd'hui l'enseignement de l'orthographe est réparti à la fois sur l'école élémentaire et sur les collèges, chaque niveau se reposant sur l'autre. Même à l'université, on se montre plus tolérant. Jadis, on ne pouvait pas être un bon élève avec des dissertations bourrées de fautes. Ce n'est plus tout à fait vrai aujourd'hui. Dans les IUFM, on explique aux futurs enseignants que l'orthographe, ce n'est pas aussi important que le reste. De manière générale, la maîtrise de l'orthographe est moins valorisée.
Pour enrayer ce déclin, estimez-vous qu'une simplification de l'orthographe s'impose ?
Une fracture orthographique est apparue dans la société. Elle rappelle le fossé, au XIXe siècle, entre ceux qui connaissaient le latin et les autres. C'était une discipline de "luxe", qui avait une fonction de discrimination sociale. Au concours d'entrée des grandes écoles scientifiques comme Polytechnique, il y avait une version latine dont le seul rôle était de contrôler l'origine sociale des postulants, ou au moins leur volonté d'adaptation aux règles de la société bourgeoise. L'orthographe est, de la même façon, en train de devenir une pratique d'élite, et du même coup un handicap social pour ceux qui ne la maîtrisent pas et ne pourront plus accéder à un certain nombre d'emplois.
Depuis quelques années, on parle beaucoup d'un retour des fondamentaux à l'école. Mais s'il fallait réellement enseigner à tous l'orthographe actuelle, cela aurait un coût énorme, en efforts et en temps. Si l'on voulait vraiment revenir au niveau des années 1920-1950, il faudrait que les élèves y passent au moins une heure par jour pendant la majeure partie de leur scolarité. On serait alors obligé de renoncer à des enseignements modernes qui sont d'une importance majeure. Ce serait un non-sens. Et pourtant une orthographe commune à tous les Français est indispensable. Elle est le ciment graphique d'une culture. Elle seule est en mesure d'éviter les ambiguïtés dans la communication écrite. Essayez de formuler une pensée un peu complexe dans la pseudo-écriture des textos : vous verrez que c'est là une voie sans issue. Si l'on veut que tous les jeunes Français apprennent l'orthographe, faisons comme nos ancêtres qui l'ont déjà simplifiée une première fois pour faciliter l'apprentissage de la lecture. Simplifions-la, mais enseignons-la : elle doit redevenir une discipline à part entière de l'école et du collège.
Vous expliquez dans votre livre qu'au cours des siècles passés l'orthographe française s'est très souvent réformée…
L'orthographe s'est transformée d'elle-même, naturellement, entre 1650 et 1835. Tous les douze ans en moyenne, un aspect important de notre écriture a changé. Tout démarre au milieu du xviie siècle, à la suite des réformes religieuses du XVIe siècle. La réforme protestante fait un devoir aux fidèles de lire la Bible dans la langue nationale. La contre-réforme catholique s'accompagne d'une réforme de l'Eglise qui incite également les fidèles à lire. Partout des écoles s'ouvrent, et l'enseignement de la lecture aux enfants, qui devient graduellement une obligation pour tous, se heurte à une orthographe beaucoup plus complexe que la nôtre. Par exemple, ce qui s'écrivait "iestois" devait se lire et se prononcer (comme aujourd'hui) "j'étais". L'orthographe est alors d'une telle difficulté que l'apprentissage direct de la —lecture en français est à peu près impossible. Il faut commencer par apprendre à lire en latin avant de passer au français.
L'orthographe doit donc se simplifier pour que les larges masses puissent apprendre à lire. Vers 1650, on commence à supprimer des consonnes muettes à l'intérieur des mots (poictrine, cognoissance, escrire). En 1667, au soulagement général, les imprimeurs distinguent enfin le "i" du "j", le "u" du "v". Ce sont les points de départ d'une série de réformes qui s'opèrent en continu durant cent cinquante ans. Il faut voir ces réformes comme des évolutions naturelles ne suscitant aucune polémique. Les changements orthographiques se déroulent dans les ateliers d'imprimerie, car les éditeurs, français ou étrangers, répondent à la demande des usagers et collaborent à l'amélioration de l'écriture. L'orthographe n'est pas figée comme aujourd'hui. Il y a bien un usage orthographique, mais rien n'interdit à un certain nombre de graphies voisines de coexister ("connaître" s'écrit cognoistre, congnoistre, connoistre…), parfois même dans le même ouvrage. Peu à peu, la graphie la plus simple finit par s'imposer sous l'influence des maîtres d'école dont l'intérêt professionnel est de réussir l'enseignement de la lecture. Puis, d'un seul coup, vers 1835, tout ce mouvement de réformes s'arrête.
Pourquoi ce blocage ?
Les maîtres d'école, d'abord favorables aux réformes, virent de bord au XIXe siècle. Car la société leur fixe alors un nouvel objectif qui va devenir la grande affaire du siècle : enseigner l'orthographe à tous les Français. Jusqu'à la loi Guizot de 1833, les maîtres d'école non seulement n'enseignaient pas l'orthographe, mais ils l'ignoraient. C'est alors que se créent les écoles normales par lesquelles va désormais passer toute l'élite de l'instruction primaire et dans lesquelles l'enseignement de l'orthographe se taille la part du lion. La même profession qui, jusque-là, s'employait à faciliter l'apprentissage de la lecture en simplifiant les graphies archaïques, va défendre bec et ongles son orthographe, qu'elle a eu tant de mal à acquérir, qui atteste son savoir-faire professionnel, et qui joue un rôle déterminant dans sa promotion sociale, car l'instituteur devient secrétaire de mairie dans la plupart des villages de France. Les anciens "maîtres d'école" se muent en "instituteurs" ne jurant plus que par l'orthographe. Ils en maîtrisent bien la didactique. Le système de notation leur permet de distinguer aisément les bons élèves. La dictée se répand et il suffit de répéter indéfiniment l'exercice pour obtenir de bons résultats au certificat d'études…
Ce sont les instituteurs qui font échouer la simplification de l'orthographe lancée par Ferdinand Buisson en 1891. La conséquence, c'est que, aujourd'hui, en gros, on en est encore à l'orthographe de la sixième édition du dictionnaire de l'Académie française, celle de 1835. Depuis, malgré une dizaine de tentatives, aucune réforme n'a abouti. Même la dernière, celle de 1990, lancée par Michel Rocard et encouragée par l'Académie française, n'a quasiment pas été appliquée en France (alors que le Québec et la Belgique se montraient plus compréhensifs). Sans doute parce qu'elle était imperceptible, qu'elle touchait trop peu de choses : des traits d'union, des trémas, des circonflexes, des accents graves, des mots étrangers ou composés… Bref, un divertissement de lettrés ! Les éditeurs n'ont pas joué le jeu.
Pour réussir, une réforme doit-elle être de plus grande ampleur ?
Oui. Il faut qu'une réforme soit visible, que chacun sente qu'elle en vaut la chandelle. Lors du passage à l'euro, il y avait le même type de résistance du corps social. Mais le changement a été net, sans moyen terme, avec impossibilité de retour en arrière. Et l'on a dû s'y faire. Dans le cas de l'orthographe, les nouvelles générations et leurs maîtres ont besoin d'une didactique fondée sur des règles simples, claires, dépourvues d'exceptions. Il faut réduire le nombre des règles à mémoriser, car c'est là que réside la difficulté de l'orthographe française – sans doute l'une des plus complexes en Europe.
Quels changements concrets appelez-vous de vos vœux ?
Les règles d'une orthographe réformée doivent être très simples. Par exemple : supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation. Ne pas toucher à "acceptable" ou à "laisser", évidemment, mais enlever un "l" à "collège", un "f" à "difficile" ou un "n" à "innocent". Cette réforme nous rapprocherait de l'Europe. Dans les langues romanes voisines, espagnol, italien, portugais, roumain, ce doublement n'a jamais existé, ou a été supprimé. "Appeler" s'écrit apelar en espagnol. Pourquoi ne pas l'écrire "apeler" ? Cela concerne des montagnes de mots qui occasionnent énormément de fautes. Les études comparatives des copies du XIXe et de la fin du XXe siècle montrent une tendance à faire compliqué quand il faut faire simple, à redoubler les consonnes là où il n'en faut qu'une. Autre règle très simple : supprimer les lettres grecques, en abandonnant tout souci de l'étymologie. Quand la prononciation le permet, il faut supprimer les "y" (ceux qui ne correspondent pas à un double "i"), supprimer les "h" après les "t" ou les "r", remplacer "ph" par "f". On écrirait une "ipotèse" (ipotesi en italien), une "bibliotèque" (biblioteca en espagnol, italien, portugais, roumain), une "biciclette", une "cronique", un "daufin"… Encore une règle simple : que tous les noms et adjectifs prennent un "s" au pluriel (même "des animaus"), à l'exception des mots qui sont déjà terminés en "s", "x" ou "z", comme "mois", "paix" ou "nez". Le pluriel des noms a déjà été régularisé à deux reprises : on écrivait "une difficulté, des difficultez" jusqu'en 1735, "un enfant, des enfans" jusqu'en 1835. Dans ces deux cas, la simplification a consisté à généraliser la règle : pour le pluriel, on prend le singulier et on rajoute un "s". Si l'on poursuit dans la même voie sans toucher à la prononciation, il n'y aura plus que deux règles de pluriel : celle des noms et adjectifs, et celle des verbes. Une fois que l'élève les aura mémorisées, il commettra moins de confusions par ailleurs. L'impact de la réforme ne s'arrête pas aux seuls mots touchés. C'est toute la relation à la langue qui s'en trouve confortée : il n'y a plus ce sentiment d'insécurité face à une orthographe difficile, voire imprévisible.
Mais écrire "des animaus" et "filosofie", n'est-ce pas une violence faite à tous ceux qui aiment la langue française ?
L'orthographe ne doit-elle pas demeurer porteuse d'histoire, de culture ? Les réformes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ont supprimé des quantités de legs de l'histoire. Ce n'est pas en figeant l'orthographe qu'on maintient la tradition. Au contraire, elle doit continuer d'évoluer pour rester dans le droit fil de son histoire. On est à l'heure du choix. On ne peut pas accepter la fracture orthographique de la société et laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale. Il faut que tous les jeunes, dans l'avenir, maîtrisent une orthographe simplifiée. Qu'elle ne devienne pas l'apanage d'une classe cultivée. Une orthographe de caste. Car la contrepartie de la réforme, c'est bien le retour à un enseignement rigoureux de l'orthographe. Il faut réformer pour pouvoir enseigner.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 07.12.2008
Du point de vue culturel, c'est intéressant. C'est intéressant aussi parce que ça sort du discours de sacralisation de l'orthographe avec lequel on nous a rebattu les oreilles pour la bonne raison qu'il fallait nous motiver.
Mais les propos d'André Chervel font partie du discours désabusé, genre dédramatisation des fautes d'orthographe, avec lequel les spécialistes se donnent bonne conscience sans jamais aboutir à l'indispensable réforme.
En tout état de cause, il vaut mieux pas de réforme, plutôt qu'une réforme ratée.
Je m'étais opposé au projet Rocard de 1990 avec un tract intitulé: "Boycottez le rafistolage de l'orthographe". Elle est tellement anodine qu'elle n'a pas presque pas fait de mal, mais ce genre de changement fait perdre l'avantage de la stabilité de la norme sans pour autant donner quelque chose de satisfaisant.
En dehors de la grande masse des Français qui ont mille autres priorités, on a grosso modo trois catégories de défenseurs de l'orthographe:
1°) Ceux qui sacralisent l'orthographe. Ils avaient le monopole du discours au temps de la fameuse école de Jules Ferry, jusque vers 1960. Ce discours est complètement démoli par la panoplie actuelle de tracts du mouvement Ortograf-fr (surtout, ne pas confondre avec Ortograf.net )
2°) Une autre catégorie de défenseurs de l'orthographe, ce sont justement les intellectuels qui, à la manière d'André Chervel ou de Nina Catach, se contentent d'un discours désabusé sur l'objet de leur science. Par rapport aux précédents, ils ont le confort de l'absence d'exigences ou de la démagogie. Ils ont aussi l'avantage de ne pas être pris en défaut pour cause de zèle intempestif, mais on les accuse, non sans raison, de nous avoir amenés au gâchis scolaire actuel.
Ce discours a donné au mouvement Ortograf les arguments qui nous permettent de balancer une volée de bois vert au préjugé orthographique à travers nos différents tracts.
3°) Le troisième groupe de défenseurs de l''orthographe, ce sont ceux qui font un travail contreproductif en s'agitant pour faire adopter une réforme profonde mal ciblée. Ca m'a amené récemment a provoquer une rupture nette et bien marquée par raport au mouvement Ortograf.net de Mario Périard au Québec.
La confusion des deux mouvements nous pénalisait. J'étais amené sans cesse à intervenir sur internet par rapport aux éternels gloussements et aboiements que son action suscitait. Son action a trois gros défauts
a) le code qu'il préconise est trop simpliste, il ne rend pas suffisamment compte de la richesse des sons du langage parlé. C'est en soi un gros défaut et en plus ça donne l'avantage à ceux qui accusent une réforme d'apauvir la langue. Premier effet d'épouvantail.
b) la pédagogie adoptée est l'équivalent de celle qui consiste à jeter dans l'eau un public non préparé pour lui apprendre à nager. Deuxième effet d'épouvantail.
c) le plus cocasse, c'est de voir apparaitre dernièrement dans les militants les moins actifs de ortograf.net un certain C Bastion Off. En 1986, celui-ci avait imposé sa politique à une association nommée Ortograf-ADEC que j'avais réussi à créer et il l'avait menée très rapidement à l'échec.
Actuellement, et grâce notamment à la rupture avec Ortograf.net, tous les écueils qui rendaient la réforme impossible sont bien mis en évidence et le mouvement va pouvoir continuer de progresser.
Ecrit par : louis rougnon glasson | 10.12.2008
Les espagnols et leur 'ortografia' plus 'fonetica' que la notre ont-ils renié leur Histoire?
Ecrit par : pepe | 27.12.2008
Une réforme "choc" d'une importance majeure pour TOUTE la francophonie serait la réforme de l'orthographe. Une réforme oubliée. Pourtant elle est préparée dans tous les détails et tous les arguments pour et contre par Paul Meyer, dans son rapport au ministre en 1905 (! ): "Pour la simplification de notre orthographe". Téléchargeable grâce à Gallica.
Suivez le lien :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k69990n
Veuillez réfléchir aux conséquences sociales et économiques d'une telle réforme.
Merci d'avance de la part des enfants du monde francophone
Ecrit par : Robert | 31.03.2009
Une réforme ratée serait encore pire que le statu quo et toutes les réformes qui ont été proposées jusqu'à ce jour étaient destinées à être des réformes ratées.
C'était la meilleure façon de faire croire aux français que la vraie réforme de l'orthographe est "impossible", pour reprendre l'adjectif utilisé par Nina Catach.
Si l'on se trouve n'avoir pour rouler qu'une vieille voiture pourrie qui nous envoie régulièrement au talus, on peut avoir à faire à quatre sortes de charlatans.
Les premiers s'appliquent à nous faire croire que cette voiture pourrie, c'est le top, c'est "le patrimoine", c'est "notre génie", qu'il est impossible d'avoir autre chose. Cette sacralisation de l'orthographe du grand-père est en contradiction avec la vérité historique.
Les seconds charlatans nous font croire que l'on peut cabosser et malmener allègrement le vieux tacot. C'est la dédramatisation des fautes d'orthographe, en contradiction avec la nécessité pratique de se conformer tous à une même norme pour communiquer par écrit.
La troisième série de charlatans voudrait nous faire croire qu'en emmenant la voiture au garage tous les deux jours, on finira par avoir une voiture neuve. Cette idée nous a déjà valu la réforme Rocard de 1990. Ce genre de rafistolage déstabilise les usagers, mais ne règle strictement rien.
Ces trois discours de charlatans sont désormais cisaillés par les informations féroces diffusées par le mouvement Ortograf-fr.
Pour cette raison, une quatrième catégorie de charlatans s'est senti pousser des ailes. Ceux-ci essaient de nous vendre une voiture neuve, mais en sachant très bien que le modèle qu'ils nous proposent ne pourra jamais marcher.
Dans cette catégorie, le mouvement Ortograf.net du québécois Mario Périard voudrait faire adopter comme nouvelle norme un code simpliste conçu au départ pour l'alphabétisation des enfants handicapés intellectuels. Ses militants savent très bien que nos Vaillants Défenseurs de l'Orthographe ont raison lorsqu'ils crient à l'appauvrissement de la langue.
Parallèlement, fin 2008, un haut responsable de l'Education Nationale, André Chervel, a eu les honneurs de la presse pour pouvoir proposer un projet de réforme bancal, irresponsable, propre à déstabiliser les usagers pour ne donner en fin de compte qu'un système d'écriture incohérent.
Le mouvement Ortograf-fr est le seul à proposer la création préalable d'un alphabet phonétique français.
Grâce à cet atout particulier, le projet de réforme correspondant est infiniment plus confortable, plus sûr, plus efficace, que tout ce qui a été proposé dans le même sens jusqu'à ce jour. Il ne présente que des avantages à toutes les étapes de sa mise en application.
Pour l'info manquante que vous cherchez, pensez à faire "ortograf" + autre mot-clé. Voir par exemple: "alphabet universel", ou: "ortograf, expliquez votre réforme".
Ortograf-fr Louis Rougnon Glasson,
9 rue Volta, F- 25500-MONTLEBON
tél 03 81 67 43 64 sites:
1°) http://www.alfograf.net
2°) http://alrg.free.fr/ortograf-fr
3°) http://ortograf.blogs.nouvelobs.com
doc 600 - 2009 - 02
Ecrit par : louis rougnon glasson | 31.03.2009

