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20.10.2006

Faut-il avoir peur des délocalisations industrielles ?

D'après la Commission Européenne, les importations de chaussures en cuir de Chine dans l'UE ont atteint 950 millions de paires, soit une augmentation de 320 % sur un an. Les pourcentages sont encore plus grands concernant le textile (pantalons et pull-overs...).

 

On ne compte plus les produits « Made in China » dans nos magasins. Dans certaines catégories comme les jouets, cela peut représenter jusqu’à 95% de l’offre. Voilà de quoi alimenter une angoisse généralisée sur l’envahisseur chinois.

 

Pourtant les importations chinoises en France pèsent moins de 1,5% de notre PIB. Autant dire une goutte d’eau. Mais alors pourquoi ce décalage énorme entre perception et impact réel ?

 

Prenons le cas d’une paire de baskets Adidas. Si vous voulez l’acheter dans le magasin au coin de la rue, cela va vous coûter 100 euros. Pourtant, son coût de fabrication en Chine n’est que de 4 euros.

 

Où sont passés les 96 euros restant ? Il y a bien sûr le coût des matières premières et du transport, mais cela représente moins de 10 euros tout compris. En fait, plus de 80% des coûts sont dans le marketing et la distribution, qui eux resterons chez nous quoi qu’il arrive.

 

Bref, lorsqu’on délocalise la production de chaussures en Chine, on ne transfert que 4% de la valeur du produit. Tant que les délocalisations ne concerneront que la production, l’impact (à supposer qu’il soit négatif) sur notre économie de services restera somme toute assez marginal.

 

09:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : Chine, délocalisations, importations, mondialisation

Trackbacks

Notre seule matière première

Qui possède les données de l'entreprise? Décidément cette question du contrôle des données m'apparaît de plus en plus décisive parmi les différentes stratégies que l'on peut adopter. J'ai laissé un commentaire sur le blog de Louis Naugès qui propo...

Trackback par : Le blog de René de Beauregard | 31.10.2006

Commentaires

Bien vu ! Mais... malheureusement pour ce qui concerne les grande marques textiles importées en France ce sont souvent des marque americaines (Nike, Puma, Levis...) les 80 % de VA sont transférés non pas chez nous mais aux US en définitive, ou aux fonds de pension par extension... pas évident non plus tout ça ceci dit...

Ecrit par : netgui | 20.10.2006

Pour une paire de chaussures Nike, le marketing consiste à convaincre les clients de l'acheter, la distribution à mettre les chaussures aux pieds de l'acheteur.
Dans les deux cas, s'il s'agit de toucher des clients français, les dépenses de Nike en marketing et distribution se font en France et non aux USA.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 20.10.2006

Il y a un bug sur les commentaires semble t'il.. je n'arrive pas à accéder aux commentaires de la botes présente...

Ecrit par : netgui | 20.10.2006

Désolé, parfois la plate-forme blogspirit a des accès de faiblesse. En général, en insistant un peu, ça finit par marcher.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 20.10.2006

Ceci dit la délocalisation est loin d'être une fatalité : lire cet article de libé sur la marque Americam Apparel http://www.liberation.fr/page.php?Article=322032

Aussi d'un point de vue global il est vrai que les délocaisations ne sont peut-être qu'une goute d'eau, d'un point de vue local ça peut avoir des effets catastrophiques surtout pour les campagnes françaises. Le marketing et la distribution ça va se faire dans les grandes villes parceque c'est là que ça se passe.

En plus d'avoir un effet dévastateur sur l'humain ça contribue à vider les campagnes et surpopuler nos villes.

Ecrit par : Mox Folder | 20.10.2006

Mox, l'article que tu cites n'est plus en accès gratuit. Dommage pour nos lecteurs.
Juste un mot sur American Apparel. C'est une boite qui surfe sur la vague anti-mondialisation. Mais c'est avant tout du marketing. Pour plus de détail sur ce type de stratégie, voir ma note :
http://rudelle.blogspirit.com/archive/2006/05/06/les-rebelles-de-la-consommation.html

Ecrit par : Jean-Baptiste | 20.10.2006

ah j'avais pas vu dommage. Bref ce qu'il fallait en retenir en rapport avec la délocalisation c'est que le créateur de la marque (un juif anglophone montréalais au passage) déclare avoir essayé de faire sous traiter la fabrication en chine mais il n'etait pas content du résultat au niveau qualitatif, ne parvenait pas obtenir de séries correctes et que finalement ça lui coutait aussi cher voir plus.

Pour le coté marketing certes je suis d'accord, mais il ne faut pas non plus déniger la marque sous prétexte quelle surfe sur une vague ou qu'elle fait de l'opportunisme marketing. Je me souviens que l'article de libération disait que les ouvriers d'american apparel sont parmi sont ceux qui ont le meilleur salaire et les meilleurs conditions de travail des USA, ce n'est pas juste un argument pour inscrire made in USA sur les produits. Y a une certaine cohérence dans la démarche...

En plus j'adore leurs campagnes de pub et leur communication, c'est comme ça que j'ai découvert cette marque. À voir ici : http://www.americanapparel.net/gallery/

Ecrit par : Mox Folder | 20.10.2006

Loin de moi l'idée de dénigrer un marketing aussi malin et créatif. Le site d'Americain Apparel est très sympa et leur campagne de com tout ce qu'il y a d'esthétique et d'original. Je dois dire qu'ils sont redoutablement efficaces dans leur genre.

Sur les délocalisations, il est vrai que les déconvenues sont nombreuses. Cela nécessite pour l'entreprise de repenser entièrement sa manière de travailler. En particulier, il faut mettre en place une gestion de projet et un contrôle qualité extremement rigoureux, faute de quoi les gains escomptés peuvent vite s'évaporer.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 20.10.2006

Au plan financier, votre raisonnement, Jean-Baptiste, est imparable. C'est plus compliqué lorsqu'on raisonne en terme d'emplois. Ainsi, pour une même valeur ajoutée exprimée en euros, le marketing représente beaucoup moins d'emplois (salaires et autres revenus plus élevés) que la chaîne de production (salaires proches du SMIC). D'où cette angoisse, ressentie par la classe ouvrière (si, si, elle existe encore, même en France) et beaucoup moins par les marketeurs.

Ecrit par : Francis | 20.10.2006

Il est vrai que les emplois dans les fonctions marketing sont en général bien mieux rémunés ceux dans les usines. Il y a plutôt matière à se réjouir puisque c'est aussi des emplois moins facilement délocalisables.
Par contre, la distribution est très consommatrice d'emplois faiblement rémunérés. Elle est devenue une pompe aspirante pour les anciens ouvriers des usines.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 21.10.2006

Que la distribution soit devenue une pompe aspirante pour les anciens ouvriers des usines, c'est en partie vrai. C'est sans doute ce qui explique pour une large part le faible niveau (euphémisme !) de l'accueil dans tant de commerces en France ;-)

Ecrit par : Francis | 21.10.2006

Francis, ta réaction est typique de tous ces expats qui passent leur temps à dauber sur la France (une manière de se convaincre qu'ils ont fait le bon choix d'aller à l'étranger ?!).
Va faire un tour en Chine et tu réaliseras que niveau accueil clients, on n'est pas si mal loti que cela en France.

Ecrit par : Nicolas | 21.10.2006

Jean-Baptiste, je ne comprends pas le mot "dauber". Mais je crois sentir que c'est très péjoratif !
Je ne connais pas la Chine, en revanche je connais beaucoup d'autres pays. Aux USA, au Japon ou au Brésil, la qualité de l'accueil est mille fois meilleure qu'en France. Ici, je peux interroger les vendeurs sur l'emplacement des produits dans les supermarchés, je peux essayer dix pantalons et ressortir sans rien acheter sans que le vendeur fasse la gueule, il y a des empaqueteurs aux sorties de caisse qui portent les sacs jusqu'à la voiture, il y a quelqu'un pour faire le plein de ma voiture et laver le pare-brise, et tout cela avec le sourire.

Ecrit par : Francis | 21.10.2006

Je pense que dans ce contexte, dauber veut dire dénigrer.
Il est toujours difficile de faire des généralités sur un pays. Néanmoins, on constate des grandes tendances qui montrent que la qualité de l'accueil est très relative d'un pays à l'autre.
Il se trouve que je connais bien les pays que vous citez tous les deux. Clairement, le Japon se dégage du lot, avec un accueil tout simplement extraordinaire. Parfois, cela en est presque génant.
Le Brésil et les USA sont aussi très bons, et il faut le reconnaitre par bien des aspects nettement plus performants qu'en France (je pense en particulier aux cafetiers parisiens ;-)).
Quand à la Chine, il est vrai aussi que le service dans les magasins est absolument déplorable. Pour demander un renseignement, il faut en général quémander l'attention d'un vendeur grognon. On a souvent l'impression qu'ils nous font une faveur en acceptant de nous vendre une marchandise. Est-ce culturel ou simplement les stigmates de 40 ans de communisme ? En tout cas, c'est assez étonnant venant d'un pays qui par ailleurs démontre une telle dynamique commerciale sur le plan macro-économique .

Ecrit par : Jean-Baptiste | 22.10.2006

Je confirme pour l'accueil au canada et aux USA que ce soit dans les commerces, restaurants ou administrations... Je parle évidemment d'une impression personnelle d'une manière générale car on pourra toujours trouver un contre exemple. (c'est pas non plus pour rien que les français on mauvaise réputation à ce niveau dans certains pays étrangers).

Ecrit par : Mox Folder | 22.10.2006

nous sommes éleves en bac pro pâtisserie et nous trouvons interresant ce site qui parle de la délocalisation.

Ecrit par : vanessa et jonathan | 24.10.2006

merci pour l'info, c'était très intéressant

Ecrit par : jérémyet jean | 24.10.2006

Je crois que je n'ai pas compris le calcul présenté initialement dans le post. Si la chaussure Nike a un coût de production de 4€ en Chine, sont coût de production est peut-être de 40 en Europe. Dans ce cas, la délocalisation ne baisse pas de 4% la valeur, mais de plus de 30%.

Ecrit par : Michel Herbier | 30.10.2006

Michel, vous soulevez un point très interessant qui me donne l'occasion de revenir sur le passionnant processus de dématérialisation de l'économie.
La situation qui consiste à comparer une chaussure fabriquée en Europe à 140 euros à la meme chaussure fabriquée en Chine à 100 euros n'existe pas dans la réalité. Pour la bonne raison que personne n'achetera jamais une chaussure à 140 euros, s'il peut l'acheter à 100 euros(attention, je parle de la MEME chaussure dans le MEME magasin).
Dans la réalité, le consommateur a le choix disons entre une chaussure à 100 euros fabriquée en Europe et une chaussure à 100 euros fabriquée en Chine.
Si on suppose que les couts de distribution sont incompressibles, la différence se fera sur le marketing. La chaussure "chinoise" bénéficiera de 50 euros de marketing, alors que la chaussure "européenne" en aura seulement 10 euros. On voit vite où se fera le choix du consommateur.
D'ou l'interet de la délocalisation (pour Nike !). A prix de vente identique, Nike pourra investir d'avantage en marketing, donc avoir un produit beaucoup plus désirable. Tout en ne transférant au final que 4% de la valeur ajoutée en Chine.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 30.10.2006

Preved medved
extagen

Ecrit par : Extenze | 09.11.2008

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