« Tactiques immobilières dans un marché hésitant | Page d'accueil | Bidonvilles, le Pire des Mondes Possibles »
16.11.2006
Pratique comparée du capital risque en Europe et aux Etats-Unis
DowJones vient de sortir une étude instructive sur les pratiques des capitaux risqueurs (les VC) des deux côtés de l’Atlantique (c’est un peu technique, donc les lecteurs non spécialisés pourront zaper cette note).
Sans surprise, on y découvre des pratiques d’investissement assez différentes. Tout d’abord, les VC américains pratiquent à 95% des investissements en obligations convertibles (OC). A l’opposé en Europe, une majorité des deals se fait en actions traditionnelles (et cela même en Early stage). On ne peut que louer le pragmatisme européen qui limite les usines à gaz juridiques que sont les OC sur des sociétés aussi jeunes.
Le fait d’utiliser des OC conduit aussi les Américains à réclamer en moyenne 40% du capital sur un premier tour de table contre 35% pour leurs homologues européens. Pour relativiser cela, il faut quand même rappeler qu’en Europe, les tours sont en général nettement plus petits.
Côté gouvernance, les situations semblent assez similaires, avec de part et d’autre 60% des investisseurs qui sont dotés de mécanismes de droits de véto sur les décisions du management. Voilà qui tempère l’idée couramment admise que les Américains sont plus « hands in ».
Par contre, concernant les mécanismes de protection, on constate une plus grande frilosité européenne. Ils sont deux fois plus nombreux à préférer le violent Full-Ratchet au plus raisonnable Weighted-Average. Quand à la liquidation préférentielle, il y a presque un tiers des VC Européens qui exigent un multiple supérieur à 1. De ce côté les VC Américains sont moins gourmands, puisque seulement 18% ont une exigence similaire.
Ces écarts de pratiques reflètent une différence culturelle dans l’appréciation du risque des deux côtés de l’Atlantique. En Europe, on sent que les stigmates de la bulle Internet sont encore vifs. De fait, on investit oui, mais avec ceinture & bretelles. Tandis qu’aux USA, la taille et la liquidité du marché permet sans doute une approche plus « statistique » des deals. Ce qui ne les empèchent pas de pratiquer une créativité juridique parfois excessive.
10:38 Publié dans Startups | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : capital risque, start-ups, bulle Internet, investissement
Commentaires
Je tiens à souligner que contrairement à une idée reçue, la France est très bien lotie en terme de fonds de capital risque (particulièrement en Early stage) par rapport à ses voisins Allemands, Italiens et Espagnol.
Ecrit par : Opt | 18.11.2006

