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23.11.2006
Santé : à la recherche d’une nouvelle forme de solidarité
Ce phénomène n’a rien d’une spécificité hexagonale. Aux Etats-Unis, les dépenses publiques de santé pour un jeune de moins de 18 ans s’élèvent en moyenne à 1700 $ contre 16000 $ (soit pratiquement 10 fois plus) pour un plus de 65 ans.
Ces dépenses de santé étant financées par les cotisations sociales sur le travail, cette surconsommation correspond en fait à un transfert massif de richesses des actifs vers les seniors. Après tout pourquoi pas. La solidarité intergénérationnelle est une belle idée. Gardons quand même en tête que le dérapage des dépenses se combine avec un vieillissement démographique inexorable, ce qui alourdit mécaniquement tous les ans la note pour les actifs (proportionnellement de moins en moins nombreux).
L’ennui de ce beau schéma est que les séniors sont aussi ceux qui détiennent l’essentiel de la richesse. Alors qu’ils ne représentent (encore) que 20% de la population, plus de 60 % de la richesse est déjà détenue par les plus de 65 ans. Plus symptomatique encore, la moyenne d’âge des contributeurs à l’ISF est proche de 68 ans et progresse chaque année. D’ailleurs, quelle est aujourd’hui la seule tranche d’âge à épargner en moyenne plus de 20 % de ses revenus disponibles ? Les plus de 80 ans, ce qui (au premier abord) peut sembler paradoxal.
Bref, pour éviter une explosion à terme du système, il serait temps de songer à développer une solidarité intragénérationnelle et non pas uniquement intergénérationnelle. En clair, que les séniors aisés financent leurs pairs moins bien lotis, via une fiscalité spécifique. De quoi alléger les charges sur le travail sans creuser les déficits. Malheureusement dans notre société, une pareille réforme de bon sens aurait bien du mal à passer.
12:43 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charges sociales, solidarité, fiscalité, santé
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Commentaires
C'est clair qu'on en a pas fini avec le problème des retraites.
Pour une étude assez poussée sur la solidarité intergénérationnelle, vous pouvez lire :
http://www2.univ-lille2.fr/droit/enseignants/docquier/filePDF/Solid_poly.pdf
Cela modélise en particulier l'impact du vieillissement sur le poids des retraites dans le PIB. Edifiant.
Ecrit par : Jack | 24.11.2006
Une solidarité intragénérationnelle existe par exemple entre les travailleurs et les chômeurs, les personnes en bonne santé et les malades, les familles sans enfants et celles qui en ont … Cette solidarité est très importante et sera garantie au mieux lorsqu’un nombre de personnes aussi élevé que possible continue à travailler jusqu’à 65 ans. En effet, le système doit rester financièrement supportable. Si nous voulons que ceux qui en ont besoin bénéficient de prestations, il faut qu’un nombre suffisant de personnes cotise régulièrement le plus longtemps possible.
Ecrit par : François | 25.11.2006
Les statistiques disent que j'ai une chance sur cinq de devenir centenaire. Est-ce que je devrai vivre aux crochets de mes enfants ? Je revendique un niveau de vie décent pour nos aînés. Mais tout est en effet une question d'équilibre.
Ecrit par : Sandrine | 25.11.2006
Les régimes sociaux fonctionnant par distribution sont sensibles à la démographie. Tout le monde est d'accord pour dire qu'en période de papy boom et surtout d'augmentation de l'espérance de vie, le système génère un déficit structurel. Ce déficit est temporaire, puisqu'il se stabilisera avec la pyramide des âges à moins que notre espérance de vie continue d'augmenter indéfiniment...
Mais si le déclin démographique est inévitable, il vient après la période de croissance démographique qui a suivi le baby boom. Pendant cette période, nos régimes sociaux étaient en EXCEDENT structurel. Mais les cotisations correspondantes n'ont jamais été prélevées, et ont pu être consommées ou épargnées par les cotisants de l'époque, alors qu'elles auraient dû être provisionnées pour l'avenir. Et c'est aujourd'hui aux jeunes de payer le manque de prévoyance de leurs aînés. Le monde à l'envers!
Ecrit par : Gu Si Fang | 26.11.2006
L'absence totale d'anticipation du problème démographique (qui était totalement prévisible !) en dit long sur la capacité des Hommes à anticiper le long terme.
Cela montre si besoin est qu'il est pratiquement certain que la lutte contre le réchauffement de la planète (qui est somme toute moins certain que le choc démographique, donc plus sujet à contestations polémiques) restera sous forme de beaux discours pendant encore très longtemps.
Les hommes ne capables de faire face à leurs problèmes que lorsqu'ils y sont contraints de manière immédiate. L'adage "Après moi le déluge" a de beaux jours devant lui...
Ecrit par : Nicolas | 27.11.2006

