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28.11.2006
Violences urbaines, police et banlieues : le cercle infernal
Par exemple, l’idée assez intuitive que les inégalités sociales seraient la cause principale des émeutes ne résiste pas à l’analyse. On constate ainsi que les pays où les transferts sociaux sont les moins développés (Portugal, Grèce, Espagne) et ceux pour lesquels ils sont le plus (Danemark, Suède, Allemagne) n’ont pas connus de flambées de violences équivalentes dans les dix dernières années. Deux pays en Europe au contraire se distinguent par des émeutes récurrentes : la France et la Grande-Bretagne qui ont pourtant une conception assez éloignée de l’Etat social.
Aux Etats-Unis, des recherches similaires ont montrées que la probabilité d’occurrence des émeutes n’est pas corrélée avec le niveau d’inégalités observées d’une ville à l’autre. Voilà qui est ennuyeux pour la politique de la ville de Borloo, pour qui l’urbanisme est la clé du problème.
Plus ennuyeux encore, il semble que la dimension ethnique des émeutiers soit primordiale. A partir de questionnaires soumis à 436 meneurs qui ont été appréhendés dans 24 quartiers sensibles suite aux évènements, on a constaté avec effarement que plus de 85% sont issues de familles immigrées.
On sait que ces minorités sont particulièrement importantes en France et en Grande Bretagne pour des raisons liées à l’Histoire coloniale de nos deux pays. Ceci expliquerait mieux en quoi nous faisons face aux mêmes problèmes que les Anglais en termes de violences urbaines.
Après une longue analyse, l’auteur conclut que le facteur principal de déclenchement des émeutes provient de mauvaises relations entre la police et certaines minorités. Ces mauvaises relations proviennent d’un cercle vicieux difficile à casser : la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration entraine une réaction policière ethniquement ciblée, ce qui alimente un sentiment d’injustice des populations concernées et une hostilité croissante contre les forces de l’ordre. Cela explique aussi pourquoi les émeutiers s’en sont pris qu’à la police et non par exemple aux bourgeois des beaux quartiers.
Selon Sébastian Roché, le concept de police de proximité parait une piste intéressante pour répondre à cet épineux problème. Ce revient à privilégier une logique de prévention plutôt que d’interpellation. Mais il semble que l’idée ait été enterrée en France avant même d’avoir été sérieusement expérimentée. On en reparla sans doute à l’occasion de la (malheureusement assez probable) prochaine vague de violences urbaines.
16:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : insécurité, banlieues, émeutes, immigration, police
Commentaires
"il semble que l’idée ait été enterrée en France avant même d’avoir été sérieusement expérimentée."
Elle a tout de même surtout été enterrée par le ministre de l'interieur actuel, a peu près tout le monde (y compris dans le parti qu'il préside) est d'accord sur le constat que c'etait probablement une mauvaise decision.
Pourtant impossible pour lui de revenir sur ce choix a 6 mois d'elections alors que son image politique se construit sur la determination.
Une fois les elections passées, si il est élu il pourra se permettre de changer d'avis, si ce n'est pas lui le nouveau president pourra y travailler.
Ecrit par : FDumeny | 28.11.2006
La gauche n'a pas vraiment mis en place la police de proximité. Elle a seulement fait le discours de la réforme, mais pas les actes.
Entre 1995 et 2001, les pratiques de la police ont très peu évoluées. Les policiers se sont limités, dans le cadre du développement des contrats locaux de sécurité, à être plus présents auprès des partenaires institutionnels mais absolument pas auprès de la population. Mais la police n'était pas plus visible. Or pourtant la visibilité de l’action policière est le coeur meme du concept de police de proximité !
En terme d’image, la police ne sort pas grandie (ou très peu) de cette expérience. Faut reconnaitre que le contexte de l'époque n'était pas favorable :
- budgets de la police nationale rognés alors qu’il aurait fallu des moyens exceptionnels ;
- des textes de loi votés, comme celui de la présomption de l’innocence, irritant la police et la rendant encore moins favorable à la réforme
- hiérarchie policière ne soutenant pas la réforme. Celle-ci s’appuyant sur une décentralisation du commandement, les commissaires craignent de perdre leur pouvoir et de manière plus générale, les policiers ne souhaitent pas se substituer aux « assistantes sociales ».
Ecrit par : Jack | 28.11.2006
La politique de Sarkozy à l'intérieur est un cuisant échec, tout le monde le sait, tout le monde le dit sauf lui ! Et c'est pas faute d'être revenu finir le travail qu'il a lui même entrepris, il pourra pas dire qu'on l'a pas laissé faire après deux passages à l'intérieur.
Enfin c'est surement de la faute au juge on va dire...
Si au moins Sarkozy reconnaissait que sa politique en matière de sécurité est un échec, peut être reconsidérais-je mon opinion à son sujet.
Ecrit par : Mox Folder | 28.11.2006

