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17.01.2007

La seconde vie des grands e-marchands

Ce n’est pas parce que les fonctions traditionnelles du commerce électronique sont en train de devenir une commodité que les grands e-marchands seront automatiquement exclus du jeu. Bien au contraire. Dans le nouvel écosystème du web 2.0 qui se met en place, ils pourront avoir un rôle clé : devenir le tiers de confiance de référence sur une catégorie donnée. C’est en tout cas le fascinant pari d’Amazon qui est en train de réinventer son métier avec un impressionnant volontarisme (encore mal compris d’ailleurs par la plupart des analystes financiers).

La démarche part du constat suivant : en deux ou trois clics bien orientés, j’arrive presque toujours à dénicher un certain Toto qui va me proposer un livre 3 euros moins cher que chez mon cyber libraire habituel.  La seule chose qui me retient de traiter avec Toto (illustre inconnu pour moi), c’est la crainte (parfaitement justifiée) que Toto soit négligeant (ou pire malhonnête) avec moi durant la transaction. Maintenant si Toto est référencé sur la place de marché d’Amazon, la situation est différente. La marque Amazon me garanti transparence, efficacité et fiabilité de la transaction. De fait, je peux maintenant acheter son livre à Toto en toute tranquillité. Et bien sûr, Amazon préfère toucher une commission de 5% sur la transaction entre moi et Toto que rien du tout.

L’idée d’Amazon est simple : mieux vaut intégrer tous les Toto dans l’écosystème Amazon plutôt que de les laisser se développer anarchiquement en dehors. En ayant ce rôle de facilitateur et de garant de la transaction, Amazon espère conserver une partie des flux financiers associés, ce qui au final est la seule chose importante à ses yeux.

Dans cet esprit, Amazon a pris il y a deux ans une décision stupéfiante : mettre gratuitement à disposition de la communauté des développeurs l’intégralité de son catalogue produits (sous forme de web services utilisables sans contrainte en marque blanche). Quand on sait que pour un distributeur, le catalogue produits fait parti des actifs qui sont censés avoir le plus de valeur, on mesure la radicalité du geste.

Mais la logique est toujours la même : mieux vaut que les Toto développent leurs concepts révolutionnaires de merchandising sur le catalogue Amazon, plutôt que sur un catalogue indépendant. Ce concept d’API ouverte permettant de développer des mashups est certes devenu courant pour les sites web 2.0, mais elle reste encore très exceptionnelle chez les e-marchands.

Cela montre que l’e-commerce 2.0 est encore bien en retard par rapport au web 2.0 en général. A ce titre, 2007 a toutes les chances d’être une année charnière où les e-marchands les plus dynamiques devraient creuser l'écart avec les autres.

09:15 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Amazon, API, marque blanche, web services, mashups, e-commerce

Trackbacks

Zelnorm.

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Trackback par : Zelnorm. | 20.05.2008

Commentaires

Et pendant ce temps "rue du commerce", que j'aimais bien avant, se borne à ressembler de plus en plus à un abominable cdiscount bis...

C'est trés malin au final pour amazon car ça fait le meme effet que la pub comparative : sur quelques produit que j'ai regardé amazon est presque systématiquement le moins cher... ou aligné sur le moins cher.

Ecrit par : Mox Folder | 17.01.2007

Les e-marchands en France sont à la rue sur le sujet. Ils cherchent tous à devenir Carrefour.

Ecrit par : Nicolas | 17.01.2007

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