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18.03.2007
Private equity, la sérénité du non coté
Le private equity (non coté en français) a connu depuis quelques années un essor impressionnant. Jusque à la fin des années 90, le LBO était une technique financière connue seulement d’un groupe restreint d’initiés. Les cibles étaient des PME indépendantes sur des secteurs matures qui permettaient une très bonne prévisibilité des flux de trésoreries.
Depuis l’éclatement de la bulle Internet, la machine à LBO s’est accélérée de manière vertigineuse sur des cibles de plus en plus importantes et variées. Aujourd’hui, les opérations de sortie de la cote (public to private) par rachat du flottant sont devenues monnaie courante. Et sur le segment des fusions acquisitions, ce n’est plus les industriels mais les fonds d’investissements qui le plus souvent mènent le bal.
La raison de cet engouement est évidemment les taux de rendement affichés sur ces opérations. Avec un TRI souvent au-delà de 20% pour un risque perçu comme modéré, cela a de quoi séduire. Les opérations secondaires se multiplient avec des effets de levier de plus en plus pointus, au point qu’on entend régulièrement les pessimistes nous annoncer l’éclatement de la bulle LBO.
Le pire n’étant jamais sûr, il se peut que ce soit non une mode, mais au contraire une évolution profonde de la manière de faire du capitalisme. Si c’est le cas, il faut se demander si cela va dans le bon sens.
Du côté des détracteurs, la critique de ces « fonds vautours » est bien connue. La technique du LBO consiste en gros à siphonner le cash de la société au profit des actionnaires. En étant en permanence sur la corde, l’entreprise s’en trouve fragilisée, avec en corolaire un risque accru pour les salariés.
Mais la Bourse est-elle mieux ? La forte liquidité des actions qui fait l’attrait des marchés cotés a comme revers l’instabilité chronique et l’obsession du court terme. Comment un dirigeant d’entreprise peut-il bâtir une vision commune avec des actionnaires par nature opportunistes qui, au moindre coup dur, vont vendre leurs actions dans les 5 minutes au plus offrant ? Et encore, cela concerne seulement ceux qui s’intéressent aux fondamentaux des entreprises. La majorité des investisseurs boursiers s’en contre fichent, et prennent leur décision d’achat ou de vente uniquement sur l’anticipation des tendances haussières ou baissières.
La faible liquidité du private equity implique un rapport à l’entreprise très différent. En premier lieu, cela oblige à une très forte rigueur d’analyse dans les choix d’investissement. Ensuite pour tirer le meilleur de son investissement, le financier est contraint de se focaliser sur la création de valeur à long terme de l’entreprise et non sur un coup de poker à effet immédiat. Et puis, en cas de retournement de marché, les risques de contagion systémique sont beaucoup moins importants que sur le marché boursier.
Voilà qui remet un peu de sérénité et de perspective dans notre société obsédée par le court terme. Le non côté renoue avec la vision originelle en faisant de l’actionnaire un véritable associé de l’entreprise. C’est la raison qui explique pourquoi au final, les rendements financiers sont (pour les investisseurs avisés) en général nettement plus attractifs dans le non coté que le coté.
22:00 Publié dans Création d'entreprise, Economie, Startups | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bourse, private equity, LBO, actionnaire, entreprises
Commentaires
Un rapport avec l'affaire Sarenza ? ;o)
Ecrit par : Mox Folder | 19.03.2007
Actuellement le CAC 40 perd plus de 3% et l'or est à plus de 980 $. C'est tout à fait emblématique de ce qu'il se passe depuis plus d'un an sur ces deux marchés. Pour monter une petite entreprise, si vous possédez un peu d'Or sous quelque forme que ce soit, bijoux, déchets, pièces ou lingots, n'attendez pas, c'est le moment de vendre, vous serez étonné du montant récolté !
achat or
Ecrit par : Achat Or | 28.02.2009

