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13.04.2007

L’art du bon et du mauvais spam

Même si tout le monde s’accorde que le spam est une plaie, tout le monde n’a pas la même sensibilité sur le sujet. Si on se réfère à Wikipedia, le spam désigne « les courriers électroniques non sollicités par les destinataires, à des fins publicitaires ou malhonnêtes ».

La notion de « non sollicité » n’est pas aussi évidente qu’elle parait. Prise dans son interprétation la plus stricte, tout message qui n’est pas une réponse à un message précédent est par définition non sollicité. C’est absurde. Si mon email est visible en haut à gauche de ce blog, c’est bien que j’accepte de recevoir des messages « non sollicités ». Néanmoins cela ne veut évidemment pas dire que tout message est le bienvenu.

Pour clarifier la chose, la CNIL distingue si le message s’adresse à un particulier ou à un professionnel.

Dans le cas d’un particulier, il faut recueillir le consentement préalable et libre du destinataire. C’est la fameuse case opt-in à cocher dans les formulaires d’inscription. Cette conception très rigide tolère néanmoins une exception de taille : si une personne a acheté un produit auprès d’une entreprise, celle-ci pourra le bombarder d’emails autant qu’elle veut en toute impunité.

Dans le cas d’un professionnel (ce que je suis), la CNIL précise qu’il n’est pas nécessaire d’obtenir l’accord du destinataire si et seulement si l’objet de la sollicitation est en rapport avec les fonctions exercées à titre professionnel par le destinataire du message.

C’est le bon sens. Il est évidemment beaucoup plus acceptable de recevoir un message non sollicité qui soit en rapport avec ses activités (professionnelles ou non d’ailleurs) qu’un truc complètement hors de propos.

Il reste qu’en se focalisant trop sur la manière de récolter les emails, la CNIL passe à côté de l’essentiel. Pour distinguer entre spam et non spam, ce qui vraiment important c’est le contenu du message envoyé et surtout la fréquence des envois.

Je suis beaucoup plus tolérant avec la petite start-up qui m’envoie une seule fois un teaser non sollicité sur son produit original, que vis-à-vis de la SNCF qui m’envoie un email insipide chaque semaine depuis un an avec des promos sur des villes où je mets jamais les pieds, tout ça parce que j’ai acheté une fois un billet de train sur Voyages-Sncf. Pareil pour le viagra ou les offres de crédit. Ce qui est pénible avant tout, ce n’est pas d’en recevoir un par an, mais 50 par jour.

Bref, un email non sollicité est acceptable si et seulement si :

-          Le contenu n’est pas malhonnête ni offensant, et a un caractère avant tout informatif sans chercher forcément à vendre quoi que ce soit.

-          Le produit ou service auquel il est fait référence est original, nouveau et en rapport avec les activités du destinataire.

-          En cas de réponse du destinataire, celle-ci est traitée de manière rapide et personnalisée

-          Sans réponse du destinataire, plus aucun autre email n’est envoyé sur le même sujet.

Enfin comme expéditeur, il y a une manière très simple de savoir si vous faites du spam. Si votre taux de réponse est inférieur à 5%, il y a de fortes chances pour que ce que vous proposez ne soit pas en adéquation avec vos destinataires. En dessous de 1% de retour, vous êtes complètement à côté de la plaque et il est grand temps d’envisager une autre approche (par exemple le mailing personnalisé qui est beaucoup plus efficace).

Et vous cher lecteur, quelle est votre tolérance au spam ?

15:15 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : spam, email, cnil

Commentaires

Les rois du spam, j'ai fait l'expérience c'est CDiscount. Une vraie avalanche d'emails tous les jours. De quoi regretter de leur avoir acheter un truc.

Ecrit par : Sandrine | 13.04.2007

C'est un sujet en pleine actualité - hors celle des élections ;) - tu verras (lorsque j'aurais posté ma Revue du jour) que Jean Véronis disserte aussi sur le thème.

Rapport aux blogs, en te lisant, je ne puis que me dire que les commentaires sans rapport avec un billet ne sont pas des spams ; ce sont des commentaires classiques et, disons, humains : le visiteur répond sur ce qui le concerne et pas sur le contenu d'un article.

Ma tolérance ? Pour en revenir au courriels, tout dépend des prestataires de services ; pour le reste, un peu de bon sens, de nétiquette peut pallier à une partie de ces désagréments.

Et, tu as raison : il y a spam et, disons, surprises, hors sujets.

Ecrit par : Olivier SC | 13.04.2007

L'avantage des spams pour du viagra et autre jackpots en ligne c'est qu'on les reconnait au premier coup d'œil...

Sinon je me désabonne presque systématiquement des news letters des que j'en reçois plus d'une par semaine. Je ne garde que les newsletters des sites marchands dont je sais qu'ils peuvent m'offrir des promos susceptibles de m'intéresser (Dell par exemple qui heureusement ne vend pas que du Dell et reviens régulièrement avec ses immanquables Days of deal)

Pour le reste vive les flux RSS...

Ecrit par : Mox Folder | 13.04.2007

En lisant ta note, cela signifierait qu'on doit accepter le spam si il n'est pas pratiqué trop souvent ?

Est ce qu'une fois par jour, par semaine, par quinzaine ou par mois c'est trop souvent ?

Est ce que la fréquence d'envoi conditionne la classification en spam ?

Est ce que le contenu d'un email, selon qu'on le trouve interessant ou pas, va impliquer le classement en spam ou pas ?

Un contenu qui m'interesse mais que je n'ai pas sollicité est il un spam ou pas ?
Un contenu que j'ai sollicité mais qui finalement ne m'interesse pas ou plus est il devenu un spam ?

Les emails des partenaires commerciaux d'un site auquel j'ai donné mon autorisation sont ils des spams si leur contenu est à 1000 lieues du site initial ?

Si on commence à classifier le spam en blanc / noir et en degrés de gris, on trouvera toujours qqn pour nous indiquer que le niveau de gris que nous avons perçu n'est pas celui que nous voyons. Autrement dit on rend totalemetn floue la barrière qui distingue un spam de ce qui n'en est pas.

Personnellement, je suis peut être un hérétique mais je ne considère comme opt-in que de l'opt-in double strict, cad autorisation donné pour uniquement un site.

Sur mon blog, vous trouverez plein de notes sur le spam (avec plein de methodes) et quelques pistes sur l'opt-in et la manière dont il est perçu par l'Internaute.

Ecrit par : Charles Boone | 27.04.2007

Merci Charles pour ce message et bravo pour ton blog sur l'art de l'emailing qui est super bien documenté.
Comme tu l'expliques bien d'ailleurs sur ton blog, si un email est perçu comme un spam, une grande partie des destinataires vont le signaler comme tel, avec la funeste conséquence pour l'expéditeur de se trouver blacklister.
Donc au final, c'est bien la qualité (statistique) de l'accueil des destinataires qui va décider si un email est classé comme un spam, et non la manière dont l'email a été récolté. Pour reprendre tes questions :

Est ce qu'une fois par jour, par semaine, par quinzaine ou par mois c'est trop souvent ? Est ce que la fréquence d'envoi conditionne la classification en spam ?

Bien sûr. Plus la fréquence d'envoi est élevée, plus la tolérance diminue, donc plus la probabilité que le destinataire classe l'email comme spam sera forte.

Est ce que le contenu d'un email, selon qu'on le trouve interessant ou pas, va impliquer le classement en spam ou pas ? Un contenu qui m'interesse mais que je n'ai pas sollicité est il un spam ou pas ?

La tolérance sera naturellement aussi proportionnelle à la pertinence du message. Plus on arrose sur une cible large non qualifiée, plus la probabilité sera forte d'indisposer les destinataires et donc d'etre classé comme spam.


Un contenu que j'ai sollicité mais qui finalement ne m'interesse pas ou plus est il devenu un spam ?
Les emails des partenaires commerciaux d'un site auquel j'ai donné mon autorisation sont ils des spams si leur contenu est à 1000 lieues du site initial ?

C'est pour cela que les sociétés commerciales, meme si elles s'abritent sur l'opt-in, doivent suivre comme le lait sur le feu le taux de retour de leurs campagnes. Si le taux de retour est très faible ou chute brutalement, il y a de forte chance que le message soit perçu en fait comme du spam. Dans ce cas, les sociétés risquent de se faire classer comme spammeur, meme auprès des gens qui ont donné leur accord initial avcc un strict process d'opt-in.

Ecrit par : Jean-Baptiste | 28.04.2007

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