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23.04.2007
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en champions du changement
Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle sont plutôt encourageants. Bien sûr, il y a ce taux de participation inespéré qui vient contredire le pessimisme habituel sur le soi-disant désintérêt croissant des Français pour la chose publique. Il semble que lorsque les enjeux sont perçus comme vraiment importants, les gens retrouvent très vite leurs bons vieux réflexes citoyens.
Ensuite, on ne peut que se réjouir de voir les extrêmes laminés, tant à droite qu’à gauche. Cela annonce-t-il un débat moins idéologique et plus pragmatique dans les années à venir ? On ne peut que l’espérer.
Venons-en maintenant à nos finalistes du second tour. Ils ont tous les deux fait campagne sur la rupture, chacun se revendiquant le champion du changement. Dans notre société guettée par l’immobilisme tendance gérontocratique, c’est rassurant de se dire que le thème de la réforme est encore électoralement payant. Ouf.
Alors dans cette joute finale, comment départager quel est le vrai réformateur ? L’idée n’est évidemment pas de livrer sur ce blog un pronostic personnel. Par contre, je peux vous donner mon sentiment sur les meilleurs et les plus discutables propositions de chaque programme.
Les meilleures propositions :
Ségo : un engagement clair sur le non cumul des mandats.
La captation de tous les mandats électifs par une petite élite cumularde est une spécificité très française qui ne nous fait pas honneur. Evidemment les élus en place ont tous intérêts au statu quo et seul un président fraichement investi pourra imposer une réforme dont on parle depuis des années et dont pour l’instant l’amorce est des plus limitées.
Sarko : la possibilité donnée à chaque contribuable soumis à l’ISF d’affecter son impôt à l’investissement dans des jeunes sociétés innovantes.
Au niveau macro-économique, les économistes s’accordent sur le fait que les PME sont le principal réservoir d’emplois de demain. Que les plus riches y contribuent par des investissements ciblés, est une piste élégante pour régler le vieux débat sur l’ISF qui empoisonne la fiscalité française.
Les propositions les plus discutables :
Ségo : l’abrogation de la loi Fillion sur les retraites
La loi Fillion de 2003 ne résout certes pas le problème du financement à long terme des retraites. Elle va néanmoins dans la bonne direction en cherchant à limiter les déséquilibres structurels liés au choc démographique en cours. Malgré sa relative timidité, cette loi a déjà été très difficile à faire passer. Revenir dessus sans proposer d’alternative claire de financement serait une régression très dommageable.
Sarko : la suppression de l’impôt sur les successions.
Cela revient à faire un cadeau inutile aux séniors du troisième âge (qui héritent à 60 ans de leurs parents de 85 ans) qui n’en ont pas besoin. Pour redistribuer des capitaux aux jeunes générations productives, mieux vaudrait exonérer les donations du vivant de la personne (et non après sa mort ce qui pousse à l’immobilisme) en indexant la carotte fiscale non sur l’âge du donateur, mais sur celui du bénéficiaire.
Voilà. Bon choix à tous et bon vote le 6 mai prochain !
15:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, sarkozy, loi Fillion, cumul des mandats, ISF, successions
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Commentaires
Même réflexion sur l'impôt sur les successions. Pour quelqu'un qui prétend vouloir revaloriser le travail, Sarkozy exonère des revenus "oisifs"... Quitte à baisser les impôts, il y aurait d'autres choses à voir, comme la fiscalité locale. Ou alors simplement ne pas se priver de ces recettes fiscales...
Ecrit par : fred | 05.05.2007
Cette histoire de suppression de l'impot sur les héritages est en effet de la pure démagogie électorale qui va à l'encontre du reste du programme de Sarkozy. A trop vouloir ratisser large, il brouille son image et donne des billes à tous ceux qui l'accuse d'opportunisme ou d'etre sous la coupe des lobbys. Dommage.
Mais au final, Sarkozy va etre élu avant tout sur la sécurité, alors que c'est le domaine où son programme (et son bilan) est le plus discutable. Assez paradoxal...
Ecrit par : Nicolas | 05.05.2007

