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11.05.2007
Et si le Wifi s’inspirait un peu du mobile ?
Il est de bon ton de se plaindre des abus de position dominante du cartel des opérateurs mobiles qui imposent des tarifs trop élevés. J’ai moi-même pu alimenter ces critiques, tout en soulignant la relative fragilité à moyen terme de leur modèle.
Les défenseurs du sacro-saint marché expliquent cette situation par un manque notable de concurrence. Il suffirait d’ouvrir la porte à la pléthore d’opérateurs virtuels qui trépignent et tout ira pour le mieux. Certes, l’aiguillon concurrentiel peut faire bouger les choses, certains pays l'ont montré, mais cela ne suffit pas.
En fait, pour ce type d’activité où les effets réseaux sont cruciaux, c’est d’avantage du côté du régulateur que se trouvent les vraies solutions. En imposant des normes de qualité, de couverture et surtout de tarifs. D’ailleurs au terme d’une bataille mémorable contre le lobby des télécoms, la commission européenne est en passe d’imposer un capping sur les tarifs pratiqués sur le roaming européen, véritable Eldorado des opérateurs qui maintiennent tacitement sur cette niche juteuse des tarifs exorbitants.
Pourtant si j’habite Paris, rien ne justifie que je paye plus cher mes communications quand je suis en déplacement à Bruxelles qu’à Toulouse. La seule raison est historique : les concessions mobiles ont été octroyées à l’échelle des frontières nationales.
Imaginez un instant que ces concessions aient été accordées non par pays, mais au niveau local, disons par quartier. On aurait assisté à une prolifération incroyable de micro-opérateurs. Tous les 500 mètres, il aurait fallu changer d’opérateur. Cela se serait accompagné bien sûr de couts de roaming très élevés. En sortant de sa petite zone local, on se serait exposé aux mésaventures que connaissent tous les European-trotters (sans parler des Globe-trotters), à savoir dépenser en deux heures, ce qu’il en coute habituellement en un mois.
Cela vous parait une situation absurde, inimaginable ? C’est pourtant ce qui se passe actuellement pour le Wifi. J’en ai fait encore l’expérience hier. Déplacement professionnel au fin fond de l’Espagne : deux aéroports, deux gares de train, un hotel, tous équipés en Wifi, mais avec des opérateurs locaux non compatibles entre eux. Bref, on est chaque fois sous la coupe d'un petit baron local. Selon son caprice, cela va de la (trop rare) gratuité jusqu’à plus de 10 euros de l’heure (le cas le plus courant), soit quasiment le prix d’un abonnement mensuel ADSL de base.
Les fameuses forces du marché devraient finir par mettre fin à ces aberrations, mais cela risque de prendre encore beaucoup de temps avant qu’une consolidation cohérente voit le jour. On en viendrait presque à regretter qu’on n’ait pas attribué des licences Wifi globales avec obligation de couverture.
21:44 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mobile, wifi, roaming, ADSL, télecom
Commentaires
Absolument d'accord, l'attribution des fréquences radio joue un rôle crucial dans le développement de nouveaux services et de la concurrence. Un petit résumé de l'histoire des fréquences radio aux US permet de le comprendre, mais c'est un sujet passionnant qui mérite qu'on s'y penche plus sérieusement.
Historiquement, le développement de la radio aux US dans les années 1920 s'est accompagné de l'apparition d'une jurisprudence sur les droits de propriété sur des fréquences radio. Un petit émetteur local devenait propriétaire de sa fréquence radio sur une certaine zone géographique. Si un émetteur voisin venait le brouiller, les tribunaux expulsaient l'intrus de la propriété du premier occupant!
A partir du Radio Act de 1926, les fréquences radio ont été nationalisées et on ne pouvait plus émettre qu'avec une licence. La licence était gratuite, bien que son usage apporte une grande valeur au licencié. Ce mécanisme permettait au gouvernement de contrôler le contenu diffusé plus ou moins discrètement (puisque la liberté d'expression est "garantie" par la constitution).
A partir des années 1980, l'administration Reagan a poussé un mécanisme de vente aux enchères de droits d'émission. C'est devenu la norme aujourd'hui. Bien qu'il soit meilleur, ce système a encore des défauts qui empêchent l'utilisation optimale de la ressource rare : les fréquences. En effet, le licencié n'étant pas propriétaire, il lui est difficile d'acheter/revendre ses droits et de se constituer un réseau national ou international. L'Etat et l'armée se réservent gratuitement un grand nombre de fréquences qu'ils n'utilisent que très peu. De plus, les licences sont souvent assorties de limites sur l'utilisation qui peut/doit en être fait. Tout service innovant non prévu dans la licence risque donc d'avoir du mal à se développer. Enfin, les licences étant octroyées en nombre limité, les licenciés bénéficient d'un oligopole protégé par la loi, et tous les abus sont donc possibles...
Pour boucler la boucle, on pourrait sérieusement envisager de revenir à la situation des années 1920 aux US, les émetteurs devenant propriétaires de certaines fréquences.
Ecrit par : Gu Si Fang | 11.05.2007
L'avenir est plutôt à un abonnement de télécommunication unique. Pour te connecter à un réseau, tu utilisera la carte SIM de ton mobile.
Il ets peu probable que cela se fasse par WIFI, trop peu sécurisé, et pas vraiment conçu pour être opéré. Par contre, avec des technologies comme le WIMAX ou le successeur de l'UMTS, cela devrait être possible ;)
Tizel
Ecrit par : Tizel | 12.05.2007

