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16.06.2007
La feuille de route idéale de l’Etat pour le développement économique
Une fois le principe d’égalité des chances établi, d’autres conditions sont nécessaires au développement économique. On peut essayer de résumer une sorte de feuille de route que tout Etat (qu’à priori on imagine soucieux de son efficacité) devrait tenter de suivre :
1) Garantir le respect de la propriété privée (pas d’expropriation abusive), seule manière d’encourager l’investissement et l’épargne
2) Garantir les libertés individuelles contre toutes les formes de tyrannies (intimidation, violence et corruption)
3) Garantir l’application des lois et des engagements contractuels entre parties
4) Réagir de manière rapide, pondérée et impartiale face aux besoins de la population
5) Rechercher l’efficacité et la productivité maximale des services publics
6) Lutter contre toutes les formes de rentes de situations qui maintiendraient à certains agents économiques des privilèges disproportionnés par rapport à leur contribution objective.
Ces idéaux sont utopiques. Aucun Etat n’y adhère à 100%. Assez loin de là. Comme pour tous les idéaux politiques, il y a des « recette de gauche » et des « recettes de droite ». Parfois assez justes, parfois un brin tendancieuses.
La lutte contre les rentes au sens large en donne un exemple illustratif. Chaque famille politique a une tendance innée à défendre avant tout les fromages de son électorat. C’est assez compréhensible d’ailleurs. Quelqu’un peut-il me dire s’il a déjà rencontré un machin qui s’appelle « l’intérêt général » ?
10:38 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : développement économique, rentes, productivité, Etat, services publics
Commentaires
Bonsoir Jean Baptiste,
Un systeme parfait ne peut pas exister. Je le vois tous les jours depuis mon arrivee a Cork en Irlande, il y a un mois. La situation, ici, est par certains cotes, aberrante. Et pourtant, l'activite economique y est florissante. La reponse vient certainement d'un point tres simple: Le niveau de charges, theorique, pour une entreprise est tres bas. Theorique, parce que les loyers, les salaires et le prix des services sont tres eleves. Par contre, a salaire ttc equivalent, un Irlandais a beaucoup plus de pouvoir d'achat qu'un francais.
Donc les gens consomment. L'ennui est que meme avec les taxes sur le tabac et l'alcool, les gens continuent de consommer. L'alcolisme et le tabagisme sont un probleme majeur.
A croire que parce qu'ils sont riches, les gens s'arrogent le droit de se bousiller la sante.
Meme chose avec la proprete des lieux publics. Il y a des poubelles et des centres de tri selectif partout et plein de megots et de saletes par terre.
La mairie fait ce qu'elle peut, mais finalement est ce que les gens veulent d'un systeme parfait?
Est que l'efficacite des services publics ou la reponse rapide aux problemes des population repondrait a ce laisser aller?
Rien n'est moins sur!
Finalement est ce qu'un systeme tres imparfait n'est pas la solution la plus efficiente? C'est une question!
Ecrit par : Georges de Wailly | 16.06.2007
Tu cites la productivité maximale des services publics. Marrant. La majorité des gens qui défendent les services publics luttent avec acharnement contre l'augmentation de leur productivité (réductions d'effectifs, introduction de la concurrence...).
Par leur immobilisme, ils creusent leur propre tombe.
Ecrit par : Nicolas | 17.06.2007
L'interet général, c'est tout les trucs qui ne remette pas en cause mon intéret particulier ou catégoriel. Sinon c'est trop abstrait pour mon petit coeur altruiste.
Ecrit par : Flickr | 17.06.2007
Bonjour,
Il me semble que votre article 1 soit parfaiement antagoniste du 6.
Garantir la propriété privée ne suppose pas que dans le même temps vous empêchiez certains "possedants" de prifiter sans limite de leurs biens.
Vus annuleriez ainsi toute volonté individuelle d'agir et d'investir.
Par ailleurs il me semble que votre raisonnement globalisant la situation et le fonctionnement de la société
pour le réduir à un modèl dans lequel, la seule issue positive, ne pourrait être que de favoriser les entreprises au détriment de toute autre forme d'existence est une vision bien limitée de ce peut être une société dynamique, libre, créatrice
Il s'agit la d'un communisme(collectivisme) larvé en ce qu'il n'y aurait aucune possibilité de se soustraire à un activisme productif obligatoire et dont en définitive la propriété du fruit ne serait pas garanti.
Ceci va à l'encontre de ce que cherche tout individu qui décide de prendre un risque.
Non ?
Ecrit par : Jcherche | 10.01.2008
Merci Jcherche pour votre commentaire articulé.
A mon sens, les principes 1 et 6 ne sont nullement antagonistes, mais au contraire très complémentaires.
Pour assurer la légitimité de la propriété privée, il faut que son accumulation se fasse selon des règles équitables.
Le cas de la rente économique abusive est précisément celui où les règles ne sont pas équitables. Cela veut dire un agent économique qui réussit à générer des richesses disproportionnées par rapport à sa prise de risques ou son travail. Dans ce cas, il ne s'agit pas de remettre en cause les richesses acquises, mais de revoir les mécanismes qui permettent de les générer.
Ces rentes abusives apparaissent dans des situations variées qui se résument en général par un abus de position dominante :
- situations de monopoles ou d'oligopoles protégés par une règlementation trop favorable
- professions règlementées à numérus clausus trop faible, entrainant une pénurie artificielle de l'offre
- professions où au contraire le trop peu de règlementation entraine une forte insécurité des clients les plus fragiles
- régimes professionnels, fiscaux ou sociaux dérogatoires non justifiés ou obsolètes
- richesses obtenues par l'intimidation, la tromperie ou la violence
Ecrit par : Jean-Baptiste | 10.01.2008
Monsieur,
IL s'agit donc de règlementer uniquement le fonctionnement d'outils et non de remettre en cause la jouissance pleine et illimité des biens acquis; et de n'en pas détouner abusivement la productivité au profit de la collectivité.
Si je vous ai bien compris...
Une question me vient: les règles visant l'équité la plus absolue, quelqu'elles soient, sont instantanément reconnues comme incontestables.
Mais en dépit du fait que la question de l'absence de règle ne se pose pas,une concrète et réelle application des meilleurs règles ne serait elle pas en définitive totalement asphyxiante pour l'action humaine ?
Dans bien des domaines, l'augmentation systématique de controles en tous genres et d' interdictions de toutes sortes étouffent l'activité.
Surtout par le sentiment de réduction de liberté qu'elles procurent, décourageant l'enthousiasme.
Est ce que la nature humaine n'aurais pas un besoin d'injustice ou d'imperfection minimale pour se sentir vivre et donc s'exprimer ?
Je le redis: les sociétés dans lesquelles ont a voulu trop et tout controler, ont généré des catastrophes économiques et sociales absolues.
On constate aujourd'hui le niveau de règles et des contraintes qui pèsent sur l'individu ou les entités productives.(surout sur l'individu)
Il est encore à peu près supportable mais à ce train là vers quoi nous orientons nous ?
Le domaine d'internet que vous connaissez bien est une excellente illustration du passage de la liberté créatrice explosive à une réduction et une prise de controle.
Dans ce cas le système économique actuel aura le même aboutissement que celui qu'il a vaincu.
Il y aussi le problème de l'opposition de l'individualité au "groupe".
Et pour réfléchir à votre propos de contribution objective
il me semble intéressant de se pencher sur la valeur du suffrage universel qui fonde une égalité de droit sur une sorte d'égalité "physiologique". Qu'en est il alors de la contribution objective de chacun par rapport au droit détenu.
Merci
Ecrit par : jean cherche | 23.01.2008

