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02.07.2007
Ecologie incorrecte sur l’effet de serre
La lutte contre les gaz à effet de serre est devenue en quelques années le nouveau fer de lance de l‘écologie planétaire. Pour mesurer l’enjeu, il faut avoir en tête que, sans rire, c’est LE risque pour l’humanité, « bien supérieur au terrorisme » comme nous l’affirme bon nombre d’experts.
De manière aussi rapide qu’inattendu, cet effet de serre dévastateur a propulsé un simple animateur télé au rang de nouvel Abbé Pierre. Tous les médias communient dans un bel unanimisme sur la catastrophe annoncée. A ce rythme, Nicolas Hulot pourra bientôt prétendre au prix Nobel de la Paix, à moins qu’Al Gore ne le coiffe au poteau.
Ce concert d’opprobre contre ces méchants gaz m’a donné envie à revenir sur le fond de l’affaire. Pour cela, je suis parti des deux postulats de base :
1) Depuis 30 ans, on assiste à une augmentation des températures moyennes à l’échelle de la planète. Cette tendance subie une accélération notable depuis une dizaine d’années.
2) Durant la même période, l’émission d’origine humaine de gaz carbonique dans l’atmosphère a fortement augmenté, ce qui s’est traduit par une augmentation de sa concentration.
Ces deux affirmations reposent sur des données statistiques maintes fois reconfirmées. Elles sont donc difficilement contestables.
La conclusion de nos amis écolos est donc que tous ces méchants gaz qui sortent de nos pots d’échappement et de nos usines sont responsables du réchauffement actuel. A ce rythme, on va tous griller d’ici quelques décennies.
Pourtant d’un simple point de vue de logique formelle, c’est absurde. Ce n’est pas parce que deux phénomènes sont corrélés, que l’un est la cause de l’autre. Les cas de pareille confusion abondent. Les gens qui tondent leur gazon ont plus souvent des infarctus que les autres. Les tondeuses sont-elles pour autant dangereuses pour le cœur (pour aller plus loin sur le sujet, voir l’excellent livre Freakonomics) ?
Avant de passer pour un dangereux bushiste à la solde des lobbies pétroliers, il me faut poursuivre le raisonnement. On peut se dire que même s’il n’est pas prouvé que les gaz à effet de serre soient responsables du réchauffement actuel, il convient de prendre cette hypothèse très au sérieux et d’agir en conséquence. Cela s’appelle le principe de précaution. Après tout, pourquoi pas, même si on sent bien que l’application systématique de ce principe dans tous les domaines a tendance à entretenir une hystérie sécuritaire, où le remède peut se révéler pire que le mal. Le cas du terrorisme est assez édifiant.
Néanmoins, à l’encontre de l’effet de serre, il existe un fait statistique troublant. Au cours des trois derniers millénaires, l’humanité a connu plusieurs variations climatiques importantes et assez brutales. Les pics de température les plus connus sont ceux de la période romaine et du bas Moyen-âge, avec au contraire un Petit Age de Glace qui a culminé au XVIIIème siècle. A l’échelle du temps long (en millions d’années), les fluctuations de températures semblent avoir été encore beaucoup plus importantes.
Evidemment tous ces changements climatiques se sont produit avec que nos sociétés industrielles n’émettent tout ce vilain gaz carbonique dans l’atmosphère. Les experts reconnaissent qu’ils sont assez ignorants sur les causes réelles de toutes ces fluctuations. La théorie la plus en vogue explique cela par des changements de l’activité du Soleil. Les mesures réalisées depuis soixante ans montrent d’ailleurs une corrélation frappante avec la température moyenne mondiale observée. Cette corrélation est bien plus nette que celle sur la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Mais prudence cependant, car encore une fois, corrélation n’est pas preuve.
En tout état de cause, il faut donc accepter le fait qu’il existe d’autres causes possibles aux hausses de température observées actuellement. Ne pas le reconnaitre serait éminemment anti-scientifique.
Voilà qui fragilise beaucoup la théorie de l’effet de serre. Mais il nous faut un coupable à notre transpiration. Et c’est bien pratique que ce coupable soit un humain, riche de surcroit. On ne peut pas attaquer le Soleil en justice ! ;-)
19:05 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : effet de serre, réchauffement climatique, CO2, écologie
Commentaires
C'est la seconde fois que vous essayer d'entrer sur le terrain de l'écologisme... et cela me décoit a chaque fois.
Il suffit de lire un peu sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9chauffement_climatique pour ce faire une bonne idée de la situation.
Il est plus que probable que le réchauffement climatique soit lié à l'activité humaine. Ces déductions sont basées sur des modèles et des expériences.
Ce que vous racontez est le fruit d'une minorité de scientifique.
En plus, il me semble que :
1) la planete se réchauffe
2) les gaz à effet de serre augmente
3) l'homme produit un surplus de gaz à effet de serre
Les premisses 1 et 2 sont parfois contesté
3=>2 est contesté aussi, ainsi que 2=>1. Mais toujours par une poigné de scientifique minoritaire...
Ecrit par : Eric | 02.07.2007
Bien vu. Cela fait du bien de faire usage d'un minimum d'esprit critique face aux sois-disant évidences qu'on nous balance à longueur de journée.
Eric, l'argument de dire que "Ce que vous racontez est le fruit d'une minorité de scientifiqueS." est particulièrement ridicule.
Il n'y a qu'à voir l'histoire des sciences. TOUTES les nouvelles théories scientifiques ont TOUJOURS au départ été défendues par une minorité, contre la majorité conservatrice. La contestation de la vérité officielle est la base du travail scientifique.
Ecrit par : David Lafayette | 03.07.2007
Pour alimenter le débat, ci-joint un extrait d'un livre passionnant « C’est trop tard pour la Terre » envoyé par un copain sur le sujet en réaction à ma note.
http://www.amazon.fr/Cest-trop-tard-pour-Terre/dp/2709629194/ref=sr_1_1/403-3641215-7404453?ie=UTF8&s=books&qid=1183458828&sr=1-1
L’homme coupable du réchauffement climatique ?
Le débat sur le changement climatique et plus particulièrement celui sur l’origine de ce changement serait clos. C’est en tout cas ce que nous répètent les James Hansen, Al Gore, Nicholas Stern et autres stars du sujet. Tous insistent sur l’existence d’un consensus en matière climatique qui doit nous pousser à agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
Cette idée que l’unanimité est la règle dans le domaine du climat n’est pas nouvelle. Déjà en 1989, les médias en Europe et aux États-Unis déclaraient que « tous les scientifiques étaient d’accord » pour dire que le réchauffement est réel et potentiellement catastrophique. Cette idée de consensus est intimement liée au rapport du groupe de travail I du GIEC4. Alors que le rapport de 365 pages mentionne de nombreuses incertitudes sur le sujet, le résumé de 26 pages qui le préface et est mis à la disposition des décideurs politiques les ignore largement et présente les probabilités concernant un réchauffement substantiel comme une science bien fondée.
La thèse d’un réchauffement global sans précédent ne fait pas l’unanimité.
Deux Canadiens arrivent à la conclusion que « sur la base de données corrigées et actualisées, on constate que les valeurs du XVe siècle étaient plus élevées que celles du XXe siècle, contredisant ainsi les conclusions selon lesquelles le " climat du XXe siècle est tout à fait unique ».
Est-ce la faute de l’homme ?
L’étude des auteurs canadiens indique que, dans l’hypothèse d’un véritable réchauffement de la Terre, l’ampleur de l’impact des êtres humains sur ce changement reste encore obscur.
Un certain nombre de scientifiques suspectent en effet que les concentrations de CO2 auraient pu être plus élevées par le passé et ils ont cherché les moyens de reconstruire l’histoire de l’atmosphère de la Terre depuis 500 millions d’années. Les divergences de point de vue sont importantes
mais les spécialistes du sujet semblent néanmoins d’accord pour dire que la période qui couvre les derniers 550 millions d’années et a vu l’apparition de vies complexes a connu des concentrations de dioxyde de carbone jusqu’à 18 fois supérieures aux niveaux présents du court règne
de l’homme.
En revanche, les avis divergent sur le lien entre cette découverte et l’idée que la civilisation industrielle et les émissions de gaz à effet de serre constituent les principaux coupables du changement climatique.
Certains, comme Robert A. Berner, géologue de Yale, pensent que les fluctuations de CO2 sur toute la période des derniers 550 millions d’années suivent de près les tendances climatiques. Il y aurait donc une relation de cause à effet entre de hauts niveaux de gaz et de fortes températures.
D’autres experts affirment qu’il s’agit d’une simplification à l’extrême de variations naturelles complexes. Sur un horizon de millions d’années, il « est trop simpliste de dire que des niveaux bas de CO2 sont la seule cause des périodes glaciaires » selon Robert Giegengack, géologue
de l’université de Pennsylvanie. Lui et d’autres sont bien convaincus que la planète se réchauffe, comme cela s’est souvent produit dans le passé, mais ils insistent pour rappeler que l’on ne sait pas pourquoi. D’autres
causes possibles sont les changements dans les courants de la mer, les cycles solaires ou les rayons cosmiques qui bombardent la Terre.
En 2000, Dr. Veizer et deux collègues belges, dans le journal Nature, ont jeté le doute sur le lien entre CO2 et climat. Ils fondent leurs doutes sur le fait que deux périodes glaciaires (il y a 400 millions d’années et il y a 150 millions d’années) se caractérisent pas des niveaux de dioxyde de carbone
très élevés.
Il existe d’autre part toute une littérature sur les causes naturelles du changement climatique et, en particulier sur le fait qu’il résulterait en grande partie d’une activité solaire plus importante. Elle montre notamment que le cycle de réchauffement et de refroidissement de notre planète
correspond avec un petit décalage au cycle de l’activité solaire.
Les modèles utilisés dans l’analyse du changement climatique ne sont pas fiables
On sous-estime très souvent le caractère extrêmement simplificateur des modèles de prévision du climat. Les processus climatiques sont encore aujourd’hui très mal connus, en particulier le rôle de la vapeur d’eau, des nuages et des aérosols. Faute de bien les connaître, il est extrêmement difficile de les modéliser et de faire des prévisions de température fiables à long terme.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 03.07.2007
C'est bien la première fois que je suis désagréablement surpris en lisant ce blog, on ne peut pas toujours être d'accord sur tout.
Mais pour la première fois ton argumentation me semble souffrir de graves lacunes.
Tu dis : on ne peut pas prouver une cause à effet d'une corrélation. C'est ahurissant de tenir un propos pareil à propos du réchauffement planétaire.
Les effets des gaz à effet de serre sur la température du globe sont totalement prouvés scientifiquement (on dépasse là la simple corrélation), les conséquences néfastes sont constatées dans les faits, tous les pays (sauf un hem hem) sont d'accords sur cela, la communauté scientifique est quasi-unanime.
Que demander de plus ? Attendre que l'on franchisse la limite pour constater qu'il est trop tard ?
Les modèles climatologiques prédisent une explosion sans précédent de la température dans les années à venir et les modèles se sont révèlés très fiables jusqu'à présent pour la passé récent. (merci Intel)
Ecrit par : netgui | 03.07.2007
Netgui, je demande qu'à me laisser convaincre que le réchauffement actuel provient des gaz à effet de serre. Mais je voulais souligner que même si cela n'a rien d'intuitif, corrélation n'est pas synonyme de causalité.
S'il y a des preuves que j'ai raté, je suis preneur. ;-)
Ecrit par : Jean-Baptiste | 03.07.2007
Une evidence toute simple: Le nom de Groenland qui veut dire "Terre Verte".
Il est imperatif de songer a sortir du "tout petrole" tout simplement parce que l'on brule une ressource qui sert a fabriquer des plastiques.
Mais pas au prix d'une escroquerie intellectuelle.
Le CO2 est absorbe par les plantes et sa concentration dans l'air et a l'exterieur, dans les pires cas de pollution, est inferieur a celle d'un amphitheatre hebergeant une conference sur le sujet.
Le vrai probleme peut venir du methane, moins dense que l'air et destructeur de la couche d'ozone. Or ce gaz est un produit de la decomposition de la matiere organique. Sous pression dans l'eau, il forme un hydrate aussi appele "sorbet inflammable". Ce compose est instable et un tremblement de terre sous marin peut liberer des milliers de tonnes de gaz d'un coup. Ca n'a rien a voir avec l'activite humaine.
Autre point: Le CO2 condense et sublime a environ -40 degres Celsius. Cette temperature est tres courante dans les zones artiques et sub artiques. C'est a dire qu'il y a, en permanence, des variations de volume enormes de la basse atmosphere. Si l'on augmente la concentration de dioxyde de carbone, on augmente ces variations. En terme d'energie, cela correspond a des centaines d'explosions atomiques par jour. Et il n'y a pas de photosynthese a cette temperature.
Jusqu'a preuve du contraire, ce phenomene n'est pas pris en compte par les experts en desinformation.
Et pour revenir a la photosynthese, le CO2 est soluble dans l'eau et la banquise en contient beaucoup. C'est ce qui explique la presence d'enormes quantites de phytoplancton dans les zones boreales et australes.
J'ai recupere la citation dans les commentaires: " La contestation de la vérité officielle est la base du travail scientifique."
Je dirai pour ma part que ce n'est pas en posant de faux problemes que l'on parvient a de vrais solutions.
Le vrai probleme est qu'il y a une ressource qui s'epuise, le petrole, et que contraint et force, on en aura besoin encore longtemps. Les solutions de substitution partielles existent.
Le diester ou l'alcool, l'hydrogene mais ce n'est pas totalement satisfaisant.
A ma connaissance, personne n'a songe a l'adjonction d'hydrogene dans le gaz de ville. Meme dans une proportion de 2%, c'est ca de gagne.
Et pour faire dans le politiquement tres incorrect, je vous invite a visiter le site suivant: http://www.mdi.lu/
La relation emissions humaines=rechauffement climatique ne tient pas devant l'evidence que constitue la signification meme de "Groenland". J'accepterai tous les contre arguments sauf celui qui consiste a dire que des grands pretres de la science l'ont dit et que de fait, il serait blasphematoire de les contredire.
Ecrit par : Georges de Wailly | 03.07.2007
"J'accepterai tous les contre arguments sauf celui qui consiste a dire que des grands pretres de la science l'ont dit et que de fait, il serait blasphematoire de les contredire"
J'adore ! J'étais mort de rire en lisant ça !!
Ecrit par : Nicolas | 04.07.2007
Il serait intéressant que les gens qui pensent que le réchauffement climatique provient de l'activité humaine se penchent sur le cas de la planète Mars, qui serait elle aussi victime de ce phénomène ( http://www.realclimate.org/index.php?p=192 ) . Seraient-ce les sondes envoyées par les américains les coupables? :)
Ecrit par : Haykal | 04.07.2007
@David
>TOUTES les nouvelles théories scientifiques ont TOUJOURS au
>départ été défendues par une minorité, contre la majorité
>conservatrice.
Hum, nous ne sommes plus au 19ème siècle du temps de Darwin... La science a quelque peut évoluer depuis...
Surtout que dans ce cas précis, c'est justement la mise en garde contre le réchauffement climatique parmis les scientifique qui est la nouveauté...
@Jean-Baptiste
>S'il y a des preuves que j'ai raté, je suis preneur. ;-)
Le site de référence : http://www.manicore.com/
Plein de graphique : http://www.globalwarmingart.com/wiki/Main_Page
@Georges :
Il ne faut pas confondre le carbone provenant du cycle naturel : les animaux respire et dégage du CO2, les plantes absorbes le CO2 et le transforme en sucre, le sucre est mangé par les animaux, etc... Quand on respire, on ne dégage pas de CO2 aditionnel. Par contre, quand on met en marche sa bagnole, on ejecte du CO2 qui ne fait pas partie de ce cycle (peut être d'un cycle plus long, mais nous n'en savons rien), ce qui va avoir pour effet d'en augmenter la teneur atmosphérique.
Il me semble que le pb de la couche d'ozone provenait des CFC et que cette problématique est maitenant derrière nous grâce à l'effort des gouvernements et des industriels qui nous ont gentiment permis de remplacer nos frigo et nos aérosol (quand on veut on peut...)
@Haykal
http://environment.newscientist.com/channel/earth/climate-change/dn11642/%7D
Ecrit par : Eric | 06.07.2007
"Pourtant d’un simple point de vue de logique formelle, c’est absurde. Ce n’est pas parce que deux phénomènes sont corrélés, que l’un est la cause de l’autre."
Tu remets donc en cause le principe de l'expérience ?? Qu'est-ce que l'expérience si ce n'est de trouver des corrélations ?? Une fois ces corrélations trouvées on essaye de les prouver (ou de les infirmer)... mais dans ce genre de systèmes où les choses sont très difficilement prouvable ("théoriquement" parlant), on ne peut se basser que sur l'expérience pour tirer des conclusions.
Personnellement, s'il y avait une catastrophe naturelle à chaque fois que ma grande-tante se rasait les jambes, je lui confisquerai son rasoir Bic...
Ecrit par : EricD | 09.07.2007
Eric, c'est pas très sympa pour ton grand-oncle de confisquer le Bic de sa femme... ;-)
La confusion entre corrélation et causalité est à l'origine de toutes les superstitions. Je ne te parle pas non plus du chien de Pavlov qui lui voyait un lien de causalité évident entre la cloche et son déjeuner.
L'épistémologie nous a appris à être méfiant sur notre expérience immédiate et les intuitions qu'elle génère.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 09.07.2007

