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13.09.2007

Quand les assureurs régiront nos vies

Si le pouvoir politique avance doucement sur l’application du code de la route, d’autres acteurs pourraient bientôt y apporter un renfort inattendu mais redoutablement efficace.

L’assurance sur le principe du « pay as you drive » est un secteur en plein boom. Il s’agit d’implanter en dur un GPS dans votre voiture qui enregistre tous vos trajets. Très logiquement, votre police d’assurance est alors indexée sur le nombre de kilomètres parcourus et sur la dangerosité des itinéraires choisis. Mais ce système permet aussi d’analyser finement les comportements à risque. Si vous respectez bien gentiment le code de la route (vitesse, sens interdits, demi-tours…), vous pourrez garder vos bonus, sinon gare à la facture.

Comme souvent, le mouvement a est initié en Grande-Bretagne, temple du pragmatisme de marché. En France, la CNIL fait encore barrage pour le déploiement de ce type de contrat. Mais on peut parier que ce n’est qu’une question de temps avant que les assureurs peaufinent leur dispositif pour le rendre juridiquement acceptable.

A moyen terme, quand cette approche individualisée se sera généralisée, ce ne sera plus la peur du gendarme mais celle de notre assureur qui nous fera lever le pied de l’accélérateur. Rien ne s’opposera alors à ce que les compagnies aillent jusqu’à fabriquer leur propre code de la route.

De même, ce n’est qu’une question de temps avant que les complémentaires santé vous obligent à souffler tous les soirs dans un éthylotest pour recalculer en temps réel votre espérance de vie en fonction du nombre de verres de whisky que vous avez bu.

Dans sa brève histoire du XXIème, Jacques Attali avait spéculé sur le fameux principe de précaution qui envahie nos sociétés. Dans ce nouveau cadre, il y a fort à parier que les compagnies d’assurance prendront une place de plus en plus décisive dans nos vies. On s’en approche doucement. Sympa, non ?! ;-)

09:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Attali, assurance, GPS, CNIL

Commentaires

Bonsoir Jean Baptiste,
Ce type de démarche a des effets de bords assez désastreux. A force de tout vouloir contrôler et de prévenir les comportements à risque, on arrive à des dérives incroyables de ces comportements. La Grande Bretagne est le pays où il y a le plus de caméras CCTV et où la tolérance zéro a un sens réel. Tout comportement agressif fait l'objet de poursuites. Le résultat est que les manifestations de violence prennent une ampleur inimaginable. Plusieurs bon coups de gueule valent mieux qu'un meurtre. La chose la plus curieuse est que la liberté sous surveillance constante y est très importante. Personne ne vous dira rien si vous traversez hors des clous. Par contre, le moindre incident passera en jugement. Le budget de la justice est le double de celui de la France et ce faisant le classement sans suite n'est pas de mise.
Les conséquences sont que les membres des gangs se balladent avec des capuches sur la tête et deviennent hyper violents s'ils en ont l'occasion pour disparaître avant l'arrivée de la police.
Si l'on veut tout régenter, les méthodes évoluent.
Alors si les companies d'assurance prennent cette voie, rien ne permet de croire que les résultats seront probants.
Il est possible que les accidents mineurs diminuent, mais que le nombre d'accidents graves avec délit de fuite augmente.
LA seule chose qui pourrait faire qu'un tel système fonctionne est que les prix de telles polices soient très attractifs. Et là, j'ai un gros doute!

Ecrit par : Georges de Wailly | 15.09.2007

C'est vrai que les Anglo saxons ont une application beaucoup plus brutale (systématique ?) de la loi. Contrairement aux Latins, on vous fait confiance à priorio, mais si vous franchissez la ligne jaune, on est impitoyable.
Question de culture. Je ne sais pas ce qui est le mieux entre la brutalité anglaise et l'hypocrisie française...

Ecrit par : Nicolasse | 15.09.2007

L'increvable Attali qui incarne à lui tout seul tous les travers de l'esprit français aussi brillant dans la forme que non opérationnel sur le fond... Dire qu'on en est réduit à confier l'avenir du pays à la commission Attali qui va nous pondre un rapport aussi abscont qu'innaplicable. Ca commence bien ce quinquennat.

Ecrit par : Fred | 15.09.2007

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