« Comment rémunérer la production musicale à l’ère d’Internet ? | Page d'accueil | L'impact de la crise sur l'Internet »
07.10.2008
Crise mondiale : l'illusion des garanties
Juste un petit mot à chaud sur cette fascinante crise financière qui rebondit chaque jour.
C’est dans ces temps incertains qu’on redécouvre à quel point la confiance est un ingrédient critique de l’économie, et de la finance en particulier. Tout le monde sait que le fondement même de l’activité de banquier (emprunter court et préter long) repose sur cette illusion que l’argent des dépots est toujours disponible.
En ce moment, nos grands dirigeants ont une conscience aigue que nous marchons au bord du gouffre. Ils répètent à l’envie que l’Etat n’abandonnera jamais les épargnants. Ils sont dans leur rôle de politique. Ils essayent (un peu désespérément) à rétablir cette si précieuse confiance par ces déclarations martiales qui se veulent rassurantes.
Néanmoins, cela repose aussi sur une illusion. En France, on nous répète en boucle que les dépôts bancaires sont garantis à hauteur de 70.000 euros, ce qui devrait couvrir 90% des épargnants. Mais il faut savoir que le fond de garanti n’est doté que de 2 milliards d’euros. Une goutte d’eau. Par comparaison, depuis l’acquisition de Fortis, la BNP a pour 600 milliards d’euros de dépôts. Si les clients de la banque étaient soudain pris de panique et réclamaient leur argent au guichet, ni le fond de garanti, ni même l’Etat français, ne seraient capables d’y faire face.
Mais il y a encore bien pire. Le marché total des dérivés pèse plus de 100 fois le PIB mondial et plus de 10 fois l’ensemble de tous les actifs existants (titres, immobilier…). Si cette bulle éclate, on ne voit pas bien ce qui pourrait enrayer un effondrement complet de la finance et de l’économie. Le monde vit sur l’illusion monétaire, avec pour carburant principal la confiance. Espérons qu’elle revienne. Le pire n’est jamais certain, mais parfois on finit quand même par rencontrer un cygne noir.
08:07 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, bnp, fortis
Commentaires
Oui!
Sauf que je ne parlerais pas de cygne noir, car Taleb a raison mais il a tort mais c'est une autre histoire... ;-)
Ecrit par : Gu Si Fang | 07.10.2008
J'ai entendu cette jolie formule sur une radio : "Il n'y a nul part où se cacher"
Plus de valeur refuge, meme les dépots en cash ne sont pas totalement sécurisés.
Ecrit par : pierre | 08.10.2008
Attendre et voir.
Et en cas de panique des petits épargnants, faire confiance aux guichetiers et à leur pouvoir de persuasion s'ils se ruent dans leurs banques pour retirer leur argent.
Ce n'est pas ce que j'appellerais une situation très sereine...
Ecrit par : Jacques | 13.10.2008
Une petite citation qui a été attibuée à Jacob Frenkel, vice chairman d'AIG me semble de circonstance :
"The left side of the balance sheet has nothing right and the right side of the balance sheet has nothing left"
Ecrit par : Alexandre Ayad | 15.10.2008
Excellente citation ! Il faut mieux en rire qu'en pleurer.
Ecrit par : Jean-Baptiste | 16.10.2008

