12.07.2007
Comment réformer l’impôt sur les successions
Parmi les dispositions de présent paquet fiscal du nouveau gouvernement Fillon qui font polémiques, outre ce bon vieil ISF, il y a cette réduction drastique de l’impôt sur les successions. J’ai mainte fois souligné sur ce blog que du fait de l’allongement de la vie, les heureux héritiers sont le plus souvent eux-mêmes des seniors. Pourquoi leur faire ce cadeau supplémentaire alors que cet âge déjà correspond au sommet de leur puissance financière ?
Il y aurait une autre manière beaucoup plus élégante de réformer cet impôt. Chaque année, les successions représentent une masse financière d’un peu plus de 40 milliards d’euros. En taxant de manière égalitaire toutes les successions avec un taux fixe de 20% (ce qui reste très raisonnable), on pourrait créer un important fond pour la jeunesse.
Chaque année, environ 800.000 jeunes deviennent majeurs. Ainsi, ce fond pourrait distribuer une dotation de 10.000 euros à chaque nouvel adulte le jour de ses 18 ans, et cela de manière strictement égalitaire. Libre à chacun ensuite d’en disposer comme il veut : pour se payer des études, créer une entreprise, épargner, faire le tour du monde ou… tout brûler d’un coup dans une frénésie consumériste.
Ce serait une piste intéressante pour mettre en pratique le concept d’équité devant la vie. Equité et non égalité bien sûr, car il y a pleins d’autres aspects socioculturels et personnels qui jouent dans les trajectoires individuelles de chacun. Néanmoins cette dotation universelle pourrait avoir une charge symbolique forte. De plus, en étant reliée directement aux successions, quel meilleur étendard de la fameuse solidarité entre les générations ?
19:30 Publié dans Politique, Social | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : successions, fiscalité, solidarité, seniors
06.02.2007
Le foot à l'avant garde de l'entreprise
Je fais suite à ma note sur les ravages de notre système comptable qui a suscitée pas mal de commentaires intéressants.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le système comptable actuel n’est pas forcément irréformable. D’autant plus qu’il existe depuis quelques années, une première tentative tout à fait intéressante qui concerne les clubs de football.
Il n’y a pas besoin d’être un expert en ballon rond pour voir que le principal actif d’un club réside dans ses joueurs. L’alchimie d’une équipe de foot tiens à une subtile dynamique. Parfois il suffit de changer un avant-centre, et une équipe qui semblait avoir la poisse collée aux crampons, se remet à gagner ses matchs. Dans cette perspective, il était donc tout à fait paradoxal que recruter un nouveau joueur se traduise de manière comptable par un appauvrissement du club qui l’a embauché !
De fait, dès 1995, un avis du Conseil national de la comptabilité a ouvert la possibilité de considérer les montants des transferts de joueurs (qui se comptent parfois en dizaines de millions d’euros !) comme des actifs. Depuis 2005, en vertu de la loi du 15 décembre 2004 sur le sport, les indemnités de transfert sont toutes traitées comme des cessions d’immobilisation.
Ce changement n’a rien d’anodin. Pour la première fois, on reconnait dans le bilan d’une entreprise que des salariés apportent de la valeur à leur entreprise !
On ne voit pas pourquoi ce qui est valable pour des joueurs de foot ne pourrait pas s’appliquer à l’ensemble des salariés. Bien sûr les montants individuels ne seraient pas du même ordre de grandeur, mais ramené à la masse salariale totale, cela pourrait devenir très significatif et changer la perception des choses.
Quelle ironie de se dire que la marchandisation si décriée du football, pourrait aussi devenir l’avant-garde d’une réforme majeure du statut comptable de tous les salariés !
14:54 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foot, comptabilité, salariés, droit social
01.02.2007
Les employés méritent-ils d’être une charge ?
Il est un domaine qui, en dehors d’un petit cercle d’initiés, n’intéresse pas grand monde : la comptabilité d’entreprise.
Ce sujet vite très technique est pourtant crucial. Bon nombre de décisions stratégiques majeurs se prennent à la lecture du compte de résultat et du bilan de l’entreprise. Et l’ennui est que notre système comptable souffre de problèmes structuraux lourds.
Cela vient du fait que les grands principes comptables s’appuient sur une vision largement obsolète du monde. C’est en effet au XVIe siècle qu’on été défini les fondements de la comptabilité moderne (soit largement avant la révolution industrielle) et ils ont très peu évolués depuis.
A l’époque de la Renaissance, la compatibilité a été conçue avant tout pour des activités de négoce pour lesquelles l’enjeu principal était de disposer d’une évaluation précise des flux de capitaux d’entrepreneurs individuels et de petits banquiers vénitiens. Dans ce cadre, les salariés ont été considérés comme de simples dépenses, au même titre que les matières premières. Comme à l’époque, ils étaient très peu nombreux et le plus souvent sans aucune qualification, cela avait une certaine logique. Mais cette logique du XVIe siècle a scellé le sort des salariés pour... l’éternité !
Dans notre monde contemporain, le travail salarié est devenu la norme ultra dominante. C’est aussi la base principale des prélèvements fiscaux et sociaux. Enfin et surtout, dans notre nouveau capitalisme de la connaissance, le facteur humain est devenu la clé principale de l’innovation donc de la création de valeur pour l’entreprise.
Et pourtant, dans la comptabilité, ce travail salarié est toujours considéré comme une simple charge. Cela conduit à des situations absurdes. Vous achetez un logiciel à l’extérieur, c’est considéré comme un investissement et vous avez le droit de l’amortir. Vous faites développer ce même logiciel en interne par des salariés, cela devient une simple charge qu’on vous oblige à imputer tout de suite.
Imaginez qu’une partie du travail salarié (par exemple les équipes R&D et marketing) puisse figurer à l’actif du bilan de l’entreprise ! Cela aurait un sacré impact sur la gestion des ressources humaines. Il n’y aurait rien non plus de choquant a priori à ce qu’une partie du salaire d’un employé soit capitalisée en fonction de son ancienneté. Après tout, son savoir-faire (et donc sa productivité) augmente en général avec le temps, et cette valeur n’est comptabilisée nulle part. Et voilà les jeunes seniors qui seraient enfin perçus une richesse au lieu d’être des boulets. ;-)
On voit que par un jeu d’écriture, on pourrait ainsi changer radicalement la vision de l’entreprise. Il y a fort à parier que les grandes décisions stratégiques en seraient fort impactées. En particulier, dans la perspective des plans sociaux. Il faudrait soudain pouvoir justifier aux financiers qu’une réduction d’effectifs ne va pas réduire les actifs nets de l’entreprise. Quelle révolution !
Pour ceux qui veulent aller plus loin sur le sujet, je recommande le livre de Valérie Charolles (qui était en classe avec moi il y a des années) qui analyse causes et conséquences de ces aberrations historiques.
Sommes-nous condamnés à vitre éternellement avec des principes comptables inadaptés vieux de cinq siècles ? Il est probable que ce sujet soit beaucoup trop technique pour intéresser un candidat à l’élection présidentielle. Dommage car un jour ou l’autre, ces règles comptables si ennuyeuses peuvent rattraper le quotidien de chacun.
13:21 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : comptabilité, licenciements, salariés, employés
17.12.2006
De quelle police voulez-vous ?
L’organisation de la police a été profondément influencée par deux instruments révolutionnaires : le téléphone et la voiture. Cette police réactive fonctionne selon un processus bien rodé : un incident est signalé par téléphone au commissariat central qui réagit en envoyant en trombe une voiture sur place. Ce processus s’appuie sur une organisation centrale puissante dotée de moyens de communication sophistiqués, flanquée d’unités très mobiles prêtes à être projetées partout.
La série américaine 24 heures Chrono fournit une illustration caricaturale du principe de « on se dépêche d’arriver trop tard ». Cette organisation débouche donc dans le meilleur des cas par des interpellations : on réussit à coincer les méchants (après si possible une épique course poursuite).
La logique sous tendue est limpide : en attrapant les délinquants, on fait une pierre deux coups : à la fois on les met hors d’état de nuire et on en dissuade d’autres d’agir. Les Etats-Unis qui ont poussé le plus loin la sophistication de cette technique, ont accumulé 2,2 millions de prisonniers, soit 23% du total de la population carcérale mondiale (alors que leur poids démographique n’est que de 4%).
Cette logique est-elle efficace ? Si la baisse de la délinquance dépendait avant tout de l’efficacité de la police, elle devrait d’abord se manifester sur les délits que la police maitrise le mieux. Or, l’ennui c’est que c’est l’inverse qui se produit. La baisse constatée depuis dix ans concerne les vols, dont plus des trois quarts des auteurs ne sont jamais identifiés. A l’opposé, les violences aux personnes où la police parvient à arrêter 75% des auteurs (ce qui est remarquable), sont en hausse.
Le cas le plus spectaculaire concerne le vol de voitures et de scooters. Ces vols sont en baisse de 30% depuis 10 ans. Pourtant le taux d’élucidation qui plafonne désespérément à 7% devrait au contraire aiguiser l’appétit des délinquants. En fait, la baisse s’explique essentiellement par la sophistication des dispositifs de sécurité passive sur les véhicules qui compliquent beaucoup la tâche des voleurs.
Cette dynamique est à mettre en parallèle avec les études d’un chercheur américain qui avait montré dans un livre désormais célèbre (Freakeconomics) que la légalisation de l’avortement en 1973 aux Etats-Unis pourrait être un facteur explicatif majeur de la baisse de la criminalité dans les années 90.
Voilà qui tendrait à montrer que sur le long terme, la police n’a qu’une influence très partielle sur l’évolution de la délinquance. Mais le problème est que le travail de la police est essentiellement jugé sur des critères quantitatifs, en particulier le nombre d’interpellations. Cela incite à privilégier une organisation réactive. A l'opposé d'une démarche préventive, dont il est toujours difficile de mesure les vrais effets.
19:34 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : police, séries TV, délinquance, prison, violence
05.12.2006
Taux de chômage : surprise sur l’identité du meilleur élève
La comparaison des taux de chômage d’un pays à l’autre est devenue la tarte à la crème pour encenser tel ou tel modèle. Cela fait déjà une quinzaine d’années que le modèle britannique est donné en exemple. Sa politique de faible protection sociale semble produire des résultats spectaculaires en termes de chômage (qui atteint le niveau stupéfiant de 3% en 2006 contre plus de 8% en France !).
Depuis trois ans, un subit engouement pour le modèle danois a aussi frappé la classe politique et médiatique française. La fascination qu’exerce le Danemark tient au fait que ce petit pays semble avoir réussi l’impossible : combiner une forte protection sociale et un faible chômage (6% en 2006 contre 10% quinze ans plus tôt), sous la forme de la désormais fameuse « flexisécurité ».
Avec de pareilles comparaisons, la situation française parait bien mauvaise.
L’ennui des comparaisons internationales est qu’elles ne sont pertinentes que si les modes de calcul du chômage sont identiques. Or, dans ce domaine ultra sensible, chaque gouvernement rivalise de créativité pour cacher ses faiblesses. De fait, si on regarde plus en détail, les choses sont beaucoup moins claires qu’elles n’y paraissent.
Concernant le Danemark, ce n’est pas le dynamisme de l’emploi qui explique la baisse du chômage, mais plutôt la baisse de… la population active ! Entre 1990 et 2004, la progression massive des préretraites et des congés maladies longue durée a fait sortir 20% des Danois entre 15 et 65 ans du marché du travail. Sans parler des créations massives d’emploi dans la fonction publique durant la même période. De quoi relativiser le miracle de la flexisécurité.Le modèle anglais cache aussi ses propres faiblesses. Ainsi depuis 1993, une grande partie des chômeurs de longue durée ont été déplacé pudiquement dans la catégorie Incapaciy benefits, c'est-à-dire invalides. En 2006, ce régime concerne 2,6 millions de personnes, soit plus de 2 fois et demie le nombre de chômeurs officiels. Par ailleurs, les deux tiers des emplois créés en Grande Bretagne entre 1998 et 2004, l’ont été dans les administrations publiques ce qui limite la portée du miracle britannique. Enfin, l’économie anglaise s’est fait une spécialité des contrats à temps partiel qui sont souvent un semi chômage forcé.
La France utilise aussi beaucoup d’artifices, donc les cocoricos ne sont pas vraiment de circonstance. Néanmoins, pour les comparaisons internationales, la prudence est de mise. Au final, le taux d’activité (moins manipulable) est souvent beaucoup plus pertinent que le taux de chômage.
Dans cette catégorie, il faut signaler l'étonnat résultat de la Suisse, qui avec un taux d’activité de 81% de la population en âge de travailler, affiche la meilleure performance mondiale à égalité avec l’Islande. Ceux qui voient nos voisins suisses comme de simples fabricants des coucous et de chocolat se trompent d’époque. Mais bizarrement, ce pays n’intéresse absolument pas les médias français, alors que c’est pourtant un de nos voisins les plus proches.
22:25 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chomage, activité, danemark, grande bretagne, suisse
23.11.2006
Santé : à la recherche d’une nouvelle forme de solidarité
Ce phénomène n’a rien d’une spécificité hexagonale. Aux Etats-Unis, les dépenses publiques de santé pour un jeune de moins de 18 ans s’élèvent en moyenne à 1700 $ contre 16000 $ (soit pratiquement 10 fois plus) pour un plus de 65 ans.
Ces dépenses de santé étant financées par les cotisations sociales sur le travail, cette surconsommation correspond en fait à un transfert massif de richesses des actifs vers les seniors. Après tout pourquoi pas. La solidarité intergénérationnelle est une belle idée. Gardons quand même en tête que le dérapage des dépenses se combine avec un vieillissement démographique inexorable, ce qui alourdit mécaniquement tous les ans la note pour les actifs (proportionnellement de moins en moins nombreux).
L’ennui de ce beau schéma est que les séniors sont aussi ceux qui détiennent l’essentiel de la richesse. Alors qu’ils ne représentent (encore) que 20% de la population, plus de 60 % de la richesse est déjà détenue par les plus de 65 ans. Plus symptomatique encore, la moyenne d’âge des contributeurs à l’ISF est proche de 68 ans et progresse chaque année. D’ailleurs, quelle est aujourd’hui la seule tranche d’âge à épargner en moyenne plus de 20 % de ses revenus disponibles ? Les plus de 80 ans, ce qui (au premier abord) peut sembler paradoxal.
Bref, pour éviter une explosion à terme du système, il serait temps de songer à développer une solidarité intragénérationnelle et non pas uniquement intergénérationnelle. En clair, que les séniors aisés financent leurs pairs moins bien lotis, via une fiscalité spécifique. De quoi alléger les charges sur le travail sans creuser les déficits. Malheureusement dans notre société, une pareille réforme de bon sens aurait bien du mal à passer.
12:43 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : charges sociales, solidarité, fiscalité, santé
27.09.2006
Roulette africaine
Ce sympathique Théophile est sans-doute un cousin de Mamada Bako, la veuve d’un obscure haut fonctionnaire africain, qui m’a écrit la semaine dernière pour me promettre $ 2 millions si je l’aidais à transférer sa caisse noire en Europe. Gentil de penser à moi, non ?
Voilà qui va me permettre de faire une pierre deux coups et autant dire que pareil occasion ne se présente qu’une fois dans la vie. J’ai donc couru acheter mon billet pour le Bénin. J’imagine que l’accueil sur le tarmac de l’aéroport sera à la hauteur de ma perspicacité dans cette affaire. ;-)
Le plus fascinant finalement est que ce type d’emails continue à circuler sur Internet depuis des années. Soit il existe un réservoir inépuisable de gogos d’une désespérante crédulité, soit ce sont les expéditeurs de ces mails qui croient au Père Noël.
11:24 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : spam, hoax
24.09.2006
L’école et les (méchants) patrons
Rentrée des classes oblige, j’ai lu un petit livre édifiant sur la mort programmée de l’école. Si la Fabrique du Crétin n’était qu’un nième pamphlet sur la déliquescence de notre système éducatif, il n’y aurait pas grand-chose à en dire. On peut faire confiance à l’auteur, Jean-Paul Brighelli, qui a trente ans de carrière d’enseignant pour bien connaitre son sujet. Comme il se doit, il dénonce les dérives de l’idéologie soixante-huitarde qui a transformé les méthodes pédagogiques traditionnelles, avec les excès qu’on connait. L’auteur nous explique que l’école fabrique à la pelle des illettrés, qui ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Soit.
Mais là où cela devient intéressant, c’est que l’auteur explique sans sourciller que ce désastre a en fait été le fruit de calculs intéressés du… patronat ! Cela vous parait un peu tordu ? Mais si, réfléchissez un peu. « En fabriquant des écervelés, on a une main d’œuvre docile, taillable et corvéable à merci ». Le rêve de tout patron, quoi. Fallait y penser !
Ce raisonnement moisi qui fleure bon le XIXème siècle, illustre l’énormité des clichés qui circulent encore parmi les gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise.
La valeur d’un employé réside dans sa productivité, qui est elle-même corrélée (imparfaitement il est vrai) à ses études. Ce n’est pas un hasard si le taux de chômage est inversement proportionnel au niveau des diplômes. Plus un salarié est bien formé, plus il sera sollicité par les entreprises. D’autant qu’avec les nouvelles méthodes de production en flux tendus, chaque employé à un rôle clé duquel dépend tous les autres. La qualité de sa valeur personnelle est d’autant plus critique. Les chefs d’entreprises préfèreront toujours des employés bien formés à des crétins acculturés.
An final, il est un peu effarant de voir l’ignorance crasse (couplée à une agressivité d’autant plus virulente) de l’entreprise par des gens qui se flattent de représenter la fine fleur du monde enseignant.
17:43 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : école, enseignement, idéologie
22.09.2006
Bienvenu dans la gérontocratie
Les personnes de plus de 60 ans représentent en France déjà 28% de l'électorat, et la progression est rapide. En 2000, c'était seulement un cinquième. En 2020, ce sera un tiers. Et non seulement les séniors sont de plus en plus nombreux, mais ils votent beaucoup. Depuis 1988, 74 % des seniors ont voté à toutes les élections, alors que les actifs n'ont été que 58 %. Ce qui mécaniquement surpondère d’autant leur poids électoral. Et on observe le même phénomène dans tous les pays industrialisés.
Voilà qui ne va pas simplifier la future (inéluctable et douloureuse) réforme des retraites. D’autant qu’une grande partie de la génération hédoniste du papy boom semble peu encline au partage. Quel homme politique aura le courage d’aller contre les intérêts d’un lobby aussi indispensable à sa réélection ? Malheureusement, on risque de voir encore beaucoup de voitures brûlées avant que les séniors acceptent, de leur propre chef, une autre répartition des richesses.
Pour finir sur une note légère, je ne peux m'empecher de vous envoyer sur cette video hilarante qui illustre à sa manière la situation.
11:01 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : retraites, seniors, élections
14.09.2006
Intégration et orthographe
On se lamente que plus d’un élève sur dix (en grande majorité des enfants d’immigrés récents) ne maitrisent pas les bases de la lecture et de l’écriture à l’arrivée en sixième. Mais la manière dont s’écrit le français résulte d’un incroyable empilage de bizarreries historiques. Le résultat est d’une complexité absurde, qui n’a d’autre justification qu’un usage arbitraire qui s’est figé de manière capricieuse il y a de cela deux siècles. Pas étonnant que cela prenne en moyenne trois années de plus à un jeune français qu’un jeune espagnol pour maitriser la lecture et l’écriture.
En passant, cette réforme de l’orthographe permettrait aussi d’enrailler l’inexorable déclin de la francophonie dans le monde. Et aussi de tenter de ramener dans le bon chemin ces jeunes qui ne savent plus s’exprimer que par l’écriture SMS.
Malheureusement, cette réforme de bon sens, dont le rapport efficacité / coût serait étonnamment attractif n’a que très peu de chance de voir le jour. A la moindre tentative de simplification, les gardiens du temple de l’exception culturelle française crient à « l’assassinat de la langue de Molière ». Nos ayatollahs de l’orthographe ont-ils conscience de l’arrogance et du mépris qu’ils affichent envers les jeunes les plus fragiles qui triment inutilement sur nos si rigides subtilités syntaxiques ?
10:28 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : immigration, intégration, orthographe, français

