11.10.2006
L’Europe entre utopie et technocratie
1) Comment répartir ce gâteau entre les citoyens ?
2) Comment faire grossir ce gâteau ?
La première question est politique, la seconde question on le verra, est au contraire d’ordre économique.
Pourquoi politique ? Parce que la manière de répartir le gâteau n’a rien d’objectif. Elle peut se faire de multiples manières en fonction des rapports de force, de la culture ou de l’histoire. Et cette répartition ne restera socialement acceptable que tant que le pouvoir politique qui l’impose est légitime.
Concernant la taille du gâteau, on sent bien qu’il existe des méthodes plus efficaces que d’autres pour le faire grossir. C’est donc une question plus économique (technique dirons certains).
Les problèmes viennent souvent du fait que les gens en charge de gérer la taille du gâteau, se mêlent de sa répartition. Les institutions européennes sont un cas d’école de ces contradictions.
Lorsque la commission européenne décide de coordonner les efforts de R&D au niveau européen sur des grands projets (génétique, environnement…), elle est parfaitement dans son rôle de faire grossir le gâteau. Et personne ne la critique là-dessus.
Par contre, lorsqu’elle légifère sur le niveau de TVA de chaque pays, elle n’est pas dans son rôle. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une question éminemment politique (la répartition du gâteau entre consommateurs, commerçants et collectivité), et que la commission européenne n’a pas la légitimité démocratique pour porter une telle responsabilité.
En ayant transféré des compétences par nature politiques à un exécutif européen d’essence technocratique, on a crée les bases d’un rejet (de plus en plus violent) de l’Europe par ses citoyens. Il faut mettre à la décharge des institutions européennes qu’elles sont le résultat de compromis successifs et laborieux entre des visions inconciliables. Mais dans la situation actuelle, plaider pour une harmonisation fiscale et sociale relève de la douce utopie… ou du cauchemar technocratique !
Tant que l’exécutif européen n’aura pas une vraie légitimité démocratique (en clair que le Président de la Commission Européenne soit issu du Parlement Européen, et responsable devant lui), il faudrait malheureusement limiter ses compétences aux questions strictement économiques (comment faire grossir le gâteau), et surtout pas aux questions politiques (comment le répartir). Sinon, la revanche des peuples fera exploser le bel idéal européen dans un gros gâchis.
16:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe, institutions, parlement, économie, commission
25.05.2006
Internet, le Graal de la productivité ?!
Quelle est la raison de ce succès phénoménal ? Certainement pas la qualité des vidéos. Elles sont en grande majorité d’une totale médiocrité. Il existe bien quelques trésors, mais il faut une sacrée patience pour les dénicher.
La vraie raison, c’est l’ENNUI. Et oui, Youtube est un fabuleux passe-temps pour les employés de bureau qui veulent tuer du temps. Ces petites vidéos sans queue ni tête et qui durent typiquement entre 20 secondes et 3 minutes permettent de faire de discrètes petites pauses dans le turbin quotidien. Youtube a remplacé le célèbre Démineur, honni par les Directions Informatiques.
Belle ironie d’Internet qui est à la fois un très puissant outil d’efficacité au travail, mais aussi un moyen très distrayant de s’en détourner. Cela illustre qu’il ne suffit pas de faire des investissements technologiques lourds pour augmenter miraculeusement la productivité. La motivation et l’implication des employés dans leur travail restent de loin le plus important facteur de succès.
13:56 Publié dans Startups | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
22.05.2006
L'interactivité des blogs ?
Par une remarquable stabilité, il y a sur ce blog en moyenne 1 commentaire pour 1000 lecteurs (voir 3000 lecteurs quand mes notes sont moins inspirées). Ce qui nous fait au mieux un beau 0,1% d’interactivité. Pas de quoi fouetter un coyote. Et après tout, rien de plus normal puisque écrire nécessite un effort beaucoup plus important que lire.
En faisant des rapides calculs sur les gros blogs dont l’audience est publique, je retombe sur des ratios similaires.
Amis bloggeurs, certains d’entre vous ont-ils accès à d’autres chiffres plus spectaculaires ?
19:04 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
15.05.2006
Le nécessaire virage d’eBay
Les histoires des Titanium Power Sellers d’eBay (les vendeurs qui font plus de $150.000 de ventes par mois) se ressemblent toutes. Qu’ils soient sur les DVD, les clubs de golf, les appareils photos ou les bijoux de fantaisie. Au départ, ces super vendeurs ont repéré une catégorie de produits sur eBay où il y avait beaucoup plus de demande que d’offre. Plus malins que la moyenne, ils ont su trouver les bons produits, ont vite grossi en proposant un large catalogue avec un service irréprochable. Les plus aguerris sont maintenant à la tête de vraies petites PME d’une vingtaine de personnes qui s’occupent de sourcer et d’expédier les produits. Ces croissances rapides ont fait beaucoup pour la mythologie d’eBay. Mais le succès crée l’imitation. Et comme les barrières à l'entrée sont faibles, en général au bout d’environ 18 mois, le jeu atteint ses limites. Les marges sont devenues au rasoir dans la catégorie en question, voir de plus en plus souvent négatives (pour l’étude d’un certain nombre de cas concrets, voir le livre The eBay millionaire). D’autant que le flot de nouveaux entrepreneurs individuels ne tarit pas. Et qu’il est difficile de lutter contre toutes ces fourmis qui ont des structures de coûts ultra légères et qui assimilent de plus en plus vite les techniques pointues de vente sur eBay (qui en passant ne sont pas si compliquées pour qui veut se donner le mal).
Finalement, quoi de plus naturel qu’un marché qui arrive à maturité ? Sauf que sur Internet, tout se passe de manière accélérée et démultipliée. C’est comme si l’ensemble des produits disponibles étaient devenus des commodités. Tous les prix s’alignent sur le moins disant, et peu importe qui est le vendeur en face. Même la fameuse cote de confiance du vendeur (qui est pour beaucoup dans le succès d’eBay) n’est plus une vraie barrière concurrentielle. Ce n’est pas en effet parce que vous avez 10.000 opinions positives que vous pouvez vous permettre de vendre plus cher que celui qui a en seulement 200.
Quelle en est la principale conséquence de cette tendance ? C’est le fait que le pouvoir glisse de celui qui gère l’acte d’achat à celui qui est capable de déclencher cet acte. La différence peut paraitre subtile. Cela a des implications stratégiques profondes. Amazon l’a bien compris en ouvrant sa plate-forme à des tiers. Peu importe qu’au final vous achetiez vos produits par Amazon. Ce qui compte, c’est que vous ayez pris votre décision d’achat sur le site Amazon, ce qui permet à ce dernier d’être rétribué par le vendeur final (qui peut être une fourmi dans un garage). Plus récemment, Amazon a fait des efforts énormes pour accroitre la dimension communautaire de son site américain (le français est encore très en retard). Parce que le grand marchand en ligne a comprit que c’est très souvent au cours d’échanges entre internautes que se déclenche une décision d’achat. Revoilà le Web 2.0 qui s’invite par la bande sur le commerce électronique. Sur cette dimension communautaire, eBay est très en retard sur Amazon. Il ne serait pas étonnant qu’ils se fassent distancer dans les mois qui viennent. A moins qu’eBay ne mette très vite les bouchées doubles pour prendre lui-aussi un vrai virage communautaire.
12:25 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
05.05.2006
La face obscure du Web 2.0
Citons Wikipedia : « Les partisans de l'approche Web 2.0 pensent que l'utilisation du Web s'oriente de plus en plus vers l'interaction entre les utilisateurs, et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages Web. En ce sens, les sites Web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails web centrés sur l'utilisateur plutôt que sur les sites webs traditionnels »
Voici une belle définition de ce fameux Web 2.0. qui excite tant les experts depuis 18 mois.
Mais maintenant la question à 100 kopeks :
Quelle est la seule application qui répondait à ces critères en 1999 et qui d’ailleurs représentait déjà à l’époque une communauté de plusieurs dizaines de millions de personnes ? Réponse : les réseaux Peer-to-Peer !! Non seulement ces applications P2P sont des réseaux sociaux par excellence, mais ils répondent parfaitement à certaines caractéristiques économiques du Web 2.0, en particulier le très faible du coût de production du service. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les services P2P ont pu, tout en étant développés dans des garages sans financement extérieur, avoir des succès aussi massifs.
Mais comme ces services P2P sentent le souffre, difficile de les montrer en exemple. Pour l’instant, personne n’a trouvé la solution miracle (et consensuelle !) pour sortir le P2P du ghetto de l’illégalité. C’est dommage, car par son approche transversale, le P2P aurait pu être au cœur de la révolution Web 2.0. Avec d’ailleurs les mêmes défis de Long Tail que pour le reste du marché : ces outils ne sont vraiment efficaces que si l’utilisateur sait ce qu’on cherche.
18:22 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
02.05.2006
Euro Disney, l’anti-Web 2.0
Pour le 1er mai, j’ai pris mon courage à deux mains et malgré la pluie, j’ai emmené mes enfants à Euro Disney. Comme d’habitude, c’était une cohue épouvantable, même si l’affluence était qualifiée de moyenne par les employés blasés. Pendant nous faisions sagement nos 50 minutes de queue à chaque attraction, j’avais tout loisir de méditer sur les résultats d’Euro Disney qui a annoncé fin mars un triplement de ses pertes nettes semestrielles à 101 millions d’euros. L’action Euro Disney qui est depuis longtemps la bête noire des petits actionnaires a encore perdue 18% depuis le début de l’année 2006. Que peut faire Euro Disney pour sortir de cette galère ? Ce n’est certainement pas en augmentation la capacité des infrastructures. Cette fuite en avant a déjà été pratiquée avec l’ouverture récente d’un second parc sur le thème du cinéma, avec les désastreux résultats financiers qu’on voit. Ce n’est pas non plus a priori par l’augmentation du ticket d’entrée (déjà horriblement cher, j’en ai eu pour presque 200 euros pour 2 adultes et 2 enfants). L’élasticité au prix doit être très négative, sinon cette solution très simple aurait déjà été appliquée depuis longtemps. Non, la seule manière pour Euro Disney devienne enfin la vache à lait que ses concepteurs espéraient, c’est d’augmenter la fréquentation du parc (d’au moins 30%). La conséquence immédiate serait qu’à chaque attraction (qui dure en moyenne 5 minutes), on n’ait plus une mais deux heures d’attente. Sans parler de la saturation complète des allées où circulent les gens. Bref, rendre Euro Disney rentable implique de dégrader fortement l’expérience client. A l’heure de la montée en puissance du Web 2.0, le modèle économique d’Euro Disney a quelque chose de désespérant. Il incarne en effet « l’anti effet réseau», à savoir que plus il y a de clients, plus la valeur apportée à chaque client diminue. Ce qui est en passant assez paradoxal pour un modèle qui est censé symboliser la consommation de masse. Tout le contraire de la philosophie du web collaboratif où les contributions de chaque utilisateur renforcent la valeur de l’ensemble.
16:55 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
29.04.2006
L’Ajax, le nouveau détergeant surpuissant
Pour ceux pour qui l’Ajax n’évoque qu’une poudre blanche qui sert à récurer les baignoires, il est grand temps de se mettre à jour. Les insiders du web savent en effet que l’Ajax est aussi une nouvelle approche pour optimiser la navigation par Internet. Certains adorateurs en font même un composant essentiel du Web 2.0. Sans rentrer dans les détails techniques qui n’intéressent que les geeks, il faut retenir que l’Ajax permet de réduire fortement la quantité de données échangées entre le navigateur et le site web. La conséquence pratique en est une bien meilleure fluidité et réactivité des applications.
L’Ajax permet donc d’enfin gommer la différence de fluidité entre une application déportée et une application locale. Prenons l’exemple du gestionnaire de messagerie. Jusqu’à maintenant, même avec la meilleure liaison ADSL du monde, il restait nettement moins agréable d’utiliser Yahoo!Mail que son bon vieux Outlook. Tout simplement parce qu’à chaque clic sur Yahoo!Mail, il faut recharger une page. Mais avec l’Ajax, seuls les informations critiques sont transmises. La page semble donc réagir de manière dynamique, comme en local. Les utilisateurs de Gmail qui ont découverts cette délicieuse sensation, sont tous devenus accros.
Soit. Mais au-delà de cet aspect cosmétique, pourquoi y-a-t-il autant de buzz autour de l’Ajax ? C’est que cette nouvelle fluidité a des implications énormes. En particulier une sérieuse menace sur le monopole de Microsoft. Rien que ça ! En effet, s’il n’y a plus besoin d’avoir ses logiciels en local pour travailler, plus besoin non plus d’un système d’exploitation complet. A la lumière de cette révolution, on comprend mieux l’extraordinaire valorisation de Google. Peser 125 milliards de dollars sur un simple modèle de vente au clic parait un peu excessif. Cela l’est nettement moins si l’ambition future est de vendre une nouvelle génération de PC à moins de $ 100, qui, grâce entre autre à l’Ajax, n’ont plus besoins ni de Windows, ni de disque dur.
Pour que ce monde merveilleux se concrétise, il faut encore supposer que les connections Internet deviennent aussi banales que l’électricité. Ce qui, avec la croissance actuelle de la couverture 3G, Wifi, et bientôt Wimax, semble assez crédible.
En passant, pour une belle démonstration d’Ajax, je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer sur la home page de Criteo.
15:00 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
13.04.2006
Le web 2.0 mérite-t-il autant son buzz ?
Qu’est ce que le Web 2.0 ? Par cette expression, on cherche à décrire cette nouvelle tendance qui secoue l’Internet depuis 2 ans. En bref, l’idée est de que la fabrication du contenu du web ne provient plus de sources centralisées, mais est réalisée par l’apport collaboratif des utilisateurs. Probablement le site le plus emblématique de ce principe est Wikipedia, l’encyclopédie en ligne rédigée par les internautes. L’explosion des plateformes de blogs personnels est un autre aspect du phénomène.
Pourquoi parle-t-on autant du Web 2.0 dans le cénacle des experts de l’Internet ? De fait, les sites web traditionnels font face à des défis très difficiles pour assurer une qualité de service attractive. Cela vient de plusieurs constats :
- la production d’un contenu de qualité coute très cher, sans parler de sa maintenance
- les internautes sont de plus en plus attentifs à l’intégrité des contenus
- l’aspect temps réel d’Internet rend la maitrise du contenu très compliquée
- la personnalisation des contenus pour chaque utilisateur est un vrai casse-tête
Les approches collaboratives du Web 2.0 résolvent de manière élégante ces difficultés. En confiant la production du contenu aux internautes, on s’affranchit de toutes ces contraintes. On peut combiner le temps réel et la diversité produite. En combinant cela avec des outils de recherche avancée, on construit des plateformes dont le rapport qualité / prix est imbattable par rapport aux approches des médias traditionnels. Il reste l’épineux problème de l’intégrité des informations. En permettant à tout le monde de produire de l’information, comment peut-on s’assurer que le contenu ne sera pas biaisé, voir franchement trompeur ?
Il existe plusieurs pistes pour cela. La première est de faire une relecture critique du contenu avant (ou après) publication. Si la masse d’information est raisonnable, cela peut être confié à des professionnels. Une alternative très intéressante est de faire réaliser ce contrôle par les internautes, par exemple par un système de votes. L’idée est que si une majorité de gens déclarent un contenu biaisé, alors il y a de fortes chances pour qu’il le soit. Bien sûr, cela peut conduire à éliminer quelques perles exotiques de qualité. Mais statistiquement, dans l’immense majorité des cas, ce contrôle démocratique se révèle étonnamment efficace. Les meilleurs contenus émergent tout naturellement de la masse. La qualité de Wikipedia qui rivalise en qualité avec la très chère Encyclopédie Britannicus, en atteste. Voilà pourquoi cette approche collaborative dite Web 2.0 est promise à un grand avenir.
20:30 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
10.04.2006
Inégalités entre locataires
L’investissement immobilier locatif dépend de la rentabilité brute locative, à savoir le rapport entre le montant annuel des loyers et celui de la valeur d’achat d’un bien. De manière surprenante, on constate que plus on s’éloigne des quartiers chics, plus cette rentabilité locative est élevée. Pourquoi les locataires des quartiers défavorisés payent-ils une surprime relative ? On retrouve en fait les mêmes raisons qui font que la rentabilité locative des petites surfaces est supérieure à celle des grandes. Les gens aisés préfèrent acheter que louer, les pauvres n’ont souvent pas d’autre choix que la location. De fait, cela entraine le paradoxe que la demande locative est structurellement supérieure dans les secteurs peu côtés (donc pauvres) que dans les secteurs les plus recherchés (traduisez riches). D’où une rentabilité supérieure pour l’investisseur. On constate donc que l’application mécanique de l’offre et de la demande entraine une distorsion peu sympathique au détriment des plus démunis. Voilà qui entaille la belle réputation de neutralité du marché.
Autre conséquence de cette situation : si vous envisagez de vous installez dans les quartiers les plus côtés, il est rationnel de rester locataire (a fortiori si vous visez une grande surface). Vous aurez la joie d’imposer à votre malheureux propriétaire une rentabilité locative nette inférieure à 2%. C’est toujours en prenant le marché à contre pied qu’on fait les bonnes affaires.
19:23 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
07.04.2006
Mirage des Carottes Immobilères
Certaines personnes semblent tellement obnubilées de payer moins d’impôts que cela induit parfois des comportements assez irrationnels. Il existe dans l’immobilier une niche fiscale particulièrement étonnante, la loi sur la sauvegarde du patrimoine. Ce dispositif permet en gros de déduire du revenu imposable l’ensemble des travaux réalisés sur la réhabilitation d’un bien, à partir du moment où on s’engage à le louer au moins 6 ans. Dans la pratique, cela permet à certains gros contribuables d’échapper non seulement à l’impôt sur le revenu, mais grâce au nouveau bouclier fiscal, d’échapper aussi à l’ISF.
Un certain nombre de marchands de biens malins ont bien comprit le parti à tirer de la situation. Ils packagent des beaux programmes de réhabilitation qu’ils vendent aux contribuables avec l’argument choc : « vous avez devenir propriétaire d’un superbe bien immobilier tout en neutralisant vos impôts. » Cela semble irrésistible. Mais il y a un hic. Ces programmes sont pour la plupart très chers, à la fois sur le foncier et surtout sur les travaux. Dans la pratique, une fois rénové, on a souvent payé son bien plus de deux fois le prix du marché. Cela revient à acheter la province au prix de Paris ! Bien sûr, il y a l’économie d’impôt qui semble compenser ce prix exorbitant. Mais au global, l’opération n’a pas d’intérêt financier pour l’acquéreur, à moins de parier sur une hypothétique forte plus value à la revente. Car en flux financiers, cela revient à payer ses impôts non au fisc mais au marchand de bien ! A moins d’avoir une détestation psychorigide de l’Etat, on ne voit pas trop l’intérêt de ce type de montage compliqué. Toutes choses égales par ailleurs, mieux vaut contribuer à renflouer les caisses de l’Etat plutôt qu’engraisser un promoteur immobilier, tout respectable qu’il soit.
Dans la pratique, il existe un indicateur très simple pour savoir si un marchand de bien est en train de vous surfacturer votre acquisition sous prétexte de carotte fiscale. Si le rendement locatif brut affiché est inférieur au taux d’emprunt (actuellement autour de 3,7% assurance comprise), fuyez à toute jambe !
11:35 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

