28.05.2007

L’égalité des chances, facteur clé du développement économique

Les conditions du développement économique reposent sur l’utilisation optimale des ressources. C’est particulièrement vrai pour les ressources humaines. Pour un pays ou une entreprise, cela a deux conséquences pratiques d’une portée universelle :

1)       L’égalité hommes – femmes. Cela veut dire non seulement à compétence égale, salaire égal, mais aussi opportunités égales. Les sociétés machistes qui enferment les femmes à la maison font un très mauvais calcul. Elles se privent de facto de la moitié de leur potentiel humain. Cela réduit d’autant la probabilité de voir les meilleurs accéder aux responsabilités.

2)       L’abolition de toutes les discriminations arbitraires : race, croyances, religion, origines ou milieu socioculturel. Si on veut que les gens soient départagés sur leurs mérites et leurs compétences (condition de l’efficacité économique), il faut absolument éviter que d’autres critères puissent interférer.

L’idéal égalitaire des Droits de l’Homme n’est donc en rien contradictoire avec les principes de l’optimisation économique, bien au contraire.

Cela explique en grande partie la surprenante absence de décollage économique de toute l’Antiquité. Sous l’apparat de ses dorures, le monde Romain était miné par des crises économiques quasi permanentes. Idem pour la Grèce et l’Egypte ancienne. Toutes ces sociétés étaient organisées par castes étanches. L’Economie reposait sur l’esclavage généralisé de l’immense majorité de la population. En interdisant toute promotion sociale, les sociétés antiques se privaient des talents indispensables à leur croissance économique.

Au niveau des entreprises, celles qui prennent du retard sur le sujet s’handicapent elles-mêmes. C’est doublement dommage. A l’arrivée, d’une manière ou d’une autre, les préjugés coutent chers. Et pourtant les préjugés ont la vie tellement dure qu’il a fallut créer en France une Haute Autorité de lutte contre les discriminations. Dirigé par un industriel pragmatique (Louis Schweitzer, l’ancien patron de Renault), espérons qu’elle soit efficace.

24.10.2006

Des mystères de la démocratie

Comme le montre le graphe ci-dessous, la concentration de l’Impôt sur le Revenu (IR) est très forte en France.

 

 

medium_IR_repartition.2.JPGSi on veut résumer les choses (de manière caricaturale), on peut dire qu’il y a :  

-          70% de « pauvres » qui payent 9% de l’IR

-          20% de « riches »  qui payent 22% de l’IR

-          10% de « super riches » qui payent 69% l’IR

Dans une démocratie, les équipes gouvernementales sont élues sur un programme électoral soutenu par une majorité de citoyens. Sachant cela, il semble à première vue curieux que le taux marginal de l’IR soit depuis vingt ans en baisse tendancielle (il est passé de 65% à 48%, on parle de 40% en 2007), alors que 90% de l’électorat n’est pas concerné.

Plus crûment, sachant qu’il y a une large majorité de « pauvres » (maintenant on dit "des gens à revenus modestes"), pourquoi aucun homme politique ne semble en mesure de réunir une majorité électorale sur un programme de hausse massive de l’impôt sur le revenu ? De fait, les programmes électoraux dont l'axe majeur consiste à surtaxer les riches, n’arrivent pas à réunir plus de 20% des votants. Et on retrouve le même phénomène dans tous les pays industrialisés. Pourtant, d’un point de vu fiscal, ces programmes seraient très favorables à la grande majorité des électeurs.

La question est donc de savoir pourquoi plus des deux tiers des électeurs « pauvres » s’obstinent à chaque élection à voter avec les « riches ». Aussi contre-intuitif que cela paraisse, cela voudrait dire que les politiques de redistribution et de baisse des inégalités ne sont en fait pas la préoccupation principale des électeurs lorsqu’ils mettent leur bulletin dans l’urne.