23.07.2007

Cookies, identification et traçabilité, où est le risque ?

Il existe un débat légitime sur les risques d’Internet en termes de violation de la vie privée. Comme souvent, le débat a tendance à se focaliser au mauvais endroit. Objets de tous les fantasmes paranoïaques, les cookies (ces petits fichiers qui permettent de tagger un ordinateur) ont vite été diabolisés dès leur apparition à la fin des années 90. D’où la possibilité de les bloquer qui est désormais intégré en natif dans tous les navigateurs.
Je suis le premier à défendre vent debout la liberté d’expression sur Internet et l’anonymat pour ceux qui le souhaitent. Néanmoins, je considère cette hystérie autour des cookies comme un mauvais procès.
Tout d’abord, on a tendance à oublier que ces (méchants) cookies ont de multiples fonctions très utiles pour l’utilisateur. Ils permettent notamment de beaucoup simplifier l’accès à un site, en court-circuitant les fastidieuses procédures de connexion. D’ailleurs dans la plupart des sites de nouvelle génération, plus besoin de se souvenir de son identifiant et mot de passe pour se connecteur. C’est quand même un gros progrès en termes de confort de navigation.
Les cookies permettent aussi de faire de l’analyse statistique et marketing sur les flux d’internautes. Ces calculs optimisent les produits et contenus présentés sur les pages, parfois même en temps réel (comme pour Criteo). L’inflation des contenus étant exponentielle, cette fonction de filtrage intelligent des catalogues devient indispensable pour conserver une certaine fluidité à la navigation.
Alors pourquoi les cookies ont-ils encore parfois si mauvaise presse ? Le problème vient d’une confusion entre traçabilité et identification.
La beauté du surf sur Internet est de pouvoir se promener au gré de ses envies les plus immédiates. Durant cette navigation, les gens n’ont pas envi d’être identifiés. C’est tout à fait légitime. D’ailleurs, beaucoup d’internautes se construisent des identités numériques virtuelles sans rapport avec leur état civil officiel. Les données sociodémographiques récoltées (âge, sexe, profession…) sont très peu fiables, car d’instinct les surfeurs ont tendance à mettre n’importe quoi dans les questionnaires marketing.
Revenons à nos cookies. Ils permettent certes de reconnaitre l’empreinte d’un surfeur, mais non de l’identifier. C’est toute la différence. Les cookies préservent l’anonymat de l’internaute. Ils sont incapables de savoir qui se cache derrière tel ou tel ordinateur. On est loin du « Big Brother » qu’on nous décrit parfois.
En fait, le vrai risque en termes d’identification se situe au niveau de fournisseur d’accès Internet (FAI). C’est le seul endroit de la chaine où on est capable de relier de manière fiable une identité numérique et une identité réelle. D’ailleurs, la Chine ne se prive pas d’analyser les fichiers des FAI pour traquer les dissidents. C’est la raison pour laquelle l’indépendance et la neutralité des FAI est très importante. Aucun tiers, quel qu’il soit, ne devrait pouvoir accéder aux fichiers nominatifs des clients. Sinon là, c’est la porte à tous les abus.