06.09.2007

Quelques conséquences du renchérissement des produits agricoles

Outre faire la joie des traders en céréales, il y a un certain nombre de conséquences importantes à cette pression structurelle à la hausse sur les prix des produits agricoles.

Tout d’abord, comme on l’a déjà souligné sur ce blog, le renchérissement de la viande risque d’être à moyen terme encore plus spectaculaire que celui des céréales.

Ensuite, dans un monde où la surface des terres cultivables n’est pas extensible à l’infini, on sent mal comment les biocarburants pourraient devenir une alternative crédible au pétrole fossile.

Certes le Brésil s’est lancé de manière très volontariste dans ces carburants dits agricoles, et avec des résultats plutôt encourageants. Mais cet exemple n’est pas reproductible, notamment en Europe. Outre un climat très favorable, le Brésil a une densité de population faible qui lui permet de multiplier ses surfaces agricoles. En passant, cela se fait au prix d’une déforestation intense qui devra bien s’arrêter un jour.

Dans un autre domaine, on peut parier que les expérimentations d’OGM vont se poursuivre et même s’accélérer. C’est aujourd’hui une des rares pistes pour augmenter fortement les rendements agricoles. Si en Europe, l’application du principe de précaution l’empêche, cela se fera ailleurs. Mais vu les enjeux colossaux, cela se fera, c’est certain.

Dans la famille opportunités intéressantes, on peut espérer que l’augmentation du prix des produits agricoles va enfin donner des marges de manœuvre pour réformer la PAC (Politique Agricole Commune) qui plombe le budget et les relations européennes depuis des années. Sans parler de l’OMC où les subventions des pays riches à leurs agriculteurs restent un sujet de tension récurrent avec les pays en voie de développement. A l’image de la flambée du pétrole qui permet d’enfin viabiliser certaines énergies alternatives, cette dynamique haussière peut permettre de sortir enfin d’une économie agricole administrée qui vit en apesanteur depuis trente ans.