29.05.2006
La voiture ou le train ? Première partie
La voiture particulière se taille la part du lion dans notre consommation de pétrole. Donc, un bon début serait de veiller à ce qu’il soit toujours moins cher dans prendre le train que sa voiture. D’autant que pour offrir la même flexibilité, le train nécessite souvent de louer une voiture pour le dernier tronçon, ce qui renchérit d’autant le coût global du trajet.
Dès qu’on voyage à deux ou plus, la voiture revient très souvent moins chère que le train. Dommage, car le train (électrique) est le seul moyen de transport massif qui peut se passer d’énergie fossile (via le nucléaire et les énergies renouvelables).
L’alternative semble simple : diminuer le prix du billet de train ou augmenter le coût d’un trajet en voiture. Si on retient l'excellent principe du pollueur payeur, la première solution n’est pas satisfaisante. Cela revient à vendre des billets de train à perte, donc à faire financier un déficit structurel de la SNCF par la collectivité.
Pour augmenter le coût d’un trajet en voiture, on peut augmenter le prix des péages d’autoroute ou plus simplement… celui du prix de l’essence. Finalement le pétrole n’est peut-être pas encore assez cher. La croisade de Bush en Irak aurait-elle été financée en sous main par des écolos qui veulent pousser les énergies renouvelables ?! Allez Messieurs, encore quelques menaces de bombinettes sur l’Iran et les transports collectifs deviendront enfin compétitifs. ;-))
09:49 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
19.05.2006
Les blogs sont-ils une vraie source d’information ?
Coluche a disparu avant la venue du monde merveilleux de l’Internet et surtout des blogs. En permettant de faire éclore une multitude d’analyses et de points de vue, on devrait être en théorie en passe de résoudre ce problème de pensée unique. Mais dans cette nouvelle surabondance d’information, pointe le danger opposé, celui du relativisme absolu. L’idée que toutes les opinions sont recevables et dépendent juste du point de vue duquel on se place. Lorsqu’on arrive au point où, dans la confusion générale, les mots perdent leur sens, ne vient-on pas à craindre pour notre capacité à exercer notre liberté de pensée ?
Pour bien utiliser la richesse de ces nouveaux flux, les internautes devront apprendre à faire eux-mêmes le tri nécessaire entre manipulations, intox, légendes urbaines et informations de valeur. Et si possible, sans y passer des heures de leur précieux temps.Que pensez-vous par exemple d’une sorte d’indice de fiabilité pour chaque blog (voir chaque post) basé sur les réactions des internautes ?
16:17 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
18.05.2006
Combattre la pauvreté ?
Selon les économistes patentés, est pauvre toute personne dont le revenu est inférieur de moitié à la médiane des revenus nationaux. Ainsi en 2003, selon l’INSEE il y aurait 3,6 millions de pauvres en France. Si vous prenez un seuil à 60% du revenu médian, on monte tout de suite à 7 millions de personnes pauvres.
Partant de là, on voit donc que, pour un pays donné, plus les revenus sont inégalitaires, plus il y a de pauvres. C’est mathématique. Voilà la principale raison du paradoxe qui veut qu’il y ait plus de pauvres aux Etats-Unis qu’en France, même s’ils sont en moyenne plus riches.Voyons. Et la « vraie » pauvreté ? Celle-ci qui concerne quand même 2 milliards d’hommes, est définie par l’ONU par le fait de vivre avec moins de 2 euros par jour. Lorsqu’un pays sous-développé s’enrichit, le degré de satisfaction de la population augmente rapidement. Il y a donc une corrélation forte entre bonheurs individuels et richesse du pays. Ouf. C’est d’ailleurs assez intuitif. Le fait d'accéder au minimum vital en terme de nourriture, de soins et de logement, est d'un grand réconfort.
Mais curieusement, à partir d’un certain niveau de PIB par habitant (environ 10.000 euros, ce qui correspond, pour situer, au niveau de la Pologne), le niveau de satisfaction des populations semble plafonner. D’après les enquêtes, on ne vit pas plus heureux en Grande-Bretagne qu’au Portugal. N’est-ce pas tout simplement parce que, passé la satisfaction des besoins vitaux, la richesse devient une notion relative ? Ce qui est crucial, ce n’est pas son salaire en tant que tel, mais c’est de savoir s’il permet de ne pas être déclassé socialement par rapport à ses voisins, ses collègues et ses amis. Ce qui entraine une course sans fin.
Bref, quand vous entendez « pauvreté », il faut traduire par « inégalités ». Et dans ce cadre, on sent bien qu’on n’est pas prêt d’éradiquer le phénomène…
13:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
12.05.2006
Comment être des parents parfaits ?
S’il y a bien une préoccupation universelle, c’est celle de l’éducation de nos enfants. La question aussi vaste que subjective génère une littérature prolifique à même de soulager (nourrir ?) le stress parental. Néanmoins, il existe un indicateur qui a le mérite d’être simple et quantitatif pour juger cela : les résultats scolaires des enfants. Des chercheurs américains ont mouliné 20 ans de chiffres sur les Etats-Unis. Les conclusions sont souvent évidentes, mais parfois surprenantes. On peut raisonnablement tabler sur le fait qu’elles ne doivent pas être si différentes en France.
Voici un petit jeu. Dans la liste suivante, quels sont les facteurs qui améliorent, détériorent ou n’ont aucune influence sur les résultats scolaires ?
1) Avoir des parents qui ont reçu une éducation supérieure
2) Vivre au soin d’une famille monoparentale
3) Avoir une mère qui a eu son premier enfant après 30 ans
4) Avoir une mère qui n’a pas travaillé entre sa naissance et son entrée en maternelle
5) Présenter un poids inférieur à la moyenne à la naissance
6) Aller régulièrement au musée avec ses parents
7) Avoir été adopté
8) Recevoir régulièrement des fessées
9) Regarder beaucoup la télévision
10) Avoir beaucoup de livres à la maison
11) Se faire lire presque tous les soirs une histoire par ses parents
Je me suis trompé 3 fois ! Saurez-vous faire mieux ??
18:29 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
08.05.2006
L’inégalité chez les dealers
Je passe sur le fait qu’il paraît qu’une grande partie des combats de sumo sont truqués (ce qui n’intéresse sans-doute pas grand monde en dehors du Japon). Plus proche de nous, on y apprend qu’il est 100 fois plus dangereux de laisser ses enfants jouer chez le voisin qui a une piscine, que celui qui a une arme à feu.
Et la meilleure, pourquoi beaucoup de trafiquants de drogue habitent-ils toujours chez leur mère ? Non parce que ces riches bandits soient tous des Tanguy en puissance. Tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement ! Leur activité, bien que très risquée, leur rapporte en moyenne moins que le SMIC. Seule une très petite minorité de gros caïds deviennent vraiment riches (avant de finir pour le tiers d'ente eux en prison). Ainsi, 2% des personnes impliquées dans le trafic de drogue accaparent 70% de l’argent issu du même trafic. Au final, on découvre que l’économie souterraine est encore beaucoup plus inégale que l’économie officielle ! En allant vendre des frites chez Mc Donald, vous avez nettement plus de chance de devenir cadre supérieur de la restauration, qu’en vendant du crack au coin de la rue de devenir Scarface.
Dommage que les calculs de probabilités soient si peu enseignés à l’école. Ce qui fait que des millions de gens continuent à jouer au Loto malgré un espoir de gain dérisoire, fait aussi qu’on n’est pas prêt de voir disparaitre le flux des candidats dealers.14:46 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
06.05.2006
Les rebelles de la consommation
On assimile souvent consommation et conformisme. D’où les nombreux mouvements contestataires qui depuis 40 ans (hippies, punk, rock, bobos, bio,…) critiquant le conformiste ambiant, essayent de remette en cause le système. Pourtant, par une étrange ironie, cette critique de la société de masse est l’un des plus puissants moteurs du capitalisme. Paradoxal ? En fait, si le marketing grand public aime tant les postures « rebelles », c’est parce, loin de tuer la consommation, c’est au contraire une formidable opportunité pour créer de nouveaux segments de marché.
Cette analyse est développée de manière brillante dans le livre Révolte Consommée des canadiens Heath et Potter. Les auteurs dissèquent en détail cette consommation concurrentielle qui consiste à épancher sa soif de reconnaissance par l’acquisition de marchandises « différentes ». Que ces dernières soient estampillées contre-culturelles ne change rien. Poussant le raisonnement, le livre lamine l’idée que la publicité, par son lavage de cerveaux, serait le coupable idéal de notre frénésie de consommation. La théorie du complot des méchantes multinationales a beau être usée jusqu’à la corde, elle fait encore recette.
Pourtant, les consommateurs sont loin d’être les éponges écervelées que décrivent (avec condescendance, voir mépris) certains contestataires. Si les gens consomment, c’est avant tout qu’ils cherchent un statut. Et après tout, quoi de plus normal. Tant que leur radicalité s’exprime par la manière dont ils s’habillent ou par ce que qu’ils mangent, les gens sont libres de s’adonner à cette compétition hédoniste. Mais de grâce, arrêtons de croire que le choix d’un tissu « alternatif » pour son pantalon, est un acte politique. Cela créé simplement une nouvelle variété de pantalons avec la clientèle qui va avec. C’est peut-être moins glamour, mais c’est la réalité.
Bref, pour ceux qui ont eu une indigestion des pamphlets anti-consommation (dont l’archétype est le célèbre No Logo de Naomi Klein) qui trustent les devantures des librairies, Révolte Consommée est un contre-pied rafraichissant sur la manière d’appréhender notre fameuse société de consommation.
17:07 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
23.03.2006
Comment sortir de l'impasse du CPE
Une porte de sortie du conflit actuel sur le CPE serait donc qu’au delà d’une période de 6 mois, la cause de rupture du contrat soit limitée à une cause économique. Mais avec une définition claire et sans recours possible sur la cause économique. Le problème vient en effet qu’aujourd’hui, la procédure classique du licenciement économique reste très aléatoire. Une entreprise peut tout à fait être dans une situation où elle perd de l’argent, procède à des licenciements économiques pour sauver son activité, et perd néanmoins son procès aux prud’hommes face à des salariés licenciés bien conseillés. Donc pour éliminer cette insécurité juridique qui mène parfois à des situations absurdes, un vrai progrès serait de définir de manière parfaitement objective (et non à l’appréciation des juges !), ce qu’on entend par cause économique. Cela pourrait être par exemple sous forme d’indicateurs financiers de type résultat net négatif ou baisse du chiffre d’affaire.
Voilà qui serait un vrai progrès en terme de lisibilité pour toutes les parties. En tout cas, ce serait plus pragmatique que toutes ces incantations stériles pour savoir si le CPE augmente ou diminue le risque de précarité.
17:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique
20.03.2006
Bouclier fiscal
Pourtant, cette mesure revient à favoriser les contribuables qui ont des petits revenus et un gros patrimoine, donc en clair à privilégier des stratégies de rentier. D’ailleurs, pour en avoir confirmation, il suffit de se plonger dans l’instructive littérature des conseillers en patrimoine. Lu ce matin dans une lettre spécialisée : « Dans tous les cas, la stratégie à mettre en place [pour maximiser l’effet du bouclier fiscal] passe par une diminution des revenus. » C’est donc la stupéfiante (mais pragmatique) conclusion des conseillers fiscaux : pour optimiser vos impôts, diminuez votre activité économique ! Voilà qui promet un dangereux retour de flamme sur la croissance économique du pays de ce triste bouclier.
10:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
10.02.2006
Paupérisation de l'exode urbain
La fracture économique se double ainsi d’une fracture géographique. Les riches se regroupent dans les zones de forte concentration économique. De fait, cela rejette les moins bien lotis dans les zones rurales. Depuis 5 ans, les trois quarts des ménages arrivés dans les campagnes ont des revenus sous la limite permettant d’entrer dans un logement HLM . Pour de belles cartes illustrées sur ce sujet, voir l’excellent Atlas des nouvelles fractures sociales, de Christophe Guilly et Christophe Noyé, éditions Autrement.
Dorénavant, ce qui est important ce n’est plus la concentration de la population, mais la concentration de la connaissance. De fait, les élites éjectent les autres populations du cœur économique.
Cela se traduit de manière très concrète. Par exemple, en France le revenu mensuel est en moyenne de 1430 euros pour les pôles urbains, contre 1150 euros pour les zones rurales. Cela se manifeste aussi par une flambée de l’immobilier. Les prix sont inversement proportionnels à la distance au centre. Cela met les pauvres face à un choix cornélien. Accepter de précariser leurs conditions de logement ou fuir vers la périphérie.
Le Paris populaire est en train de devenir un mythe de cartes postales. Le quartier de la Bastille qui dans les années 1950 comptait 85 % d’ouvriers et d’employés est maintenant un bastion de cadres supérieurs. De manière générale, aujourd’hui c’est plus de 80 % des cadres supérieurs qui habitent dans les grandes villes, contre seulement la moitié des ouvriers
15:37 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
04.12.2005
Légaliser le téléchargement de musique en Peer to Peer ?
Premier constat : On ne peut ignorer le phénomène tant il est massif. Plus de 70% des jeunes ont déjà téléchargé de la musique par les systèmes Peer to Peer (P2P). Impossible de minimiser la chose.
Conséquence : les solutions consistant à criminaliser le phénomène sont non seulement moralement discutables, mais vouées à l'échec. On ne peut pas inculper des millions d'internautes. Comme pour le cannabis, la répression
n'est pas du tout efficace. Lorsque une pratique sociale est très répandue, l'effet dissuasif joue en effet de manière inverse, en particulier chez les jeunes.
Second constat : Les technologies de blocage du P2P ont toujours un train de retard. Par exemple, le développement du P2P par email est impossible à détecter, à moins de remettre en cause la notion de correspondance privée. Même problème avec le P2P sur les chaînes de web radio qui permet un
résultat similaire en toute légalité, car formellement cela consiste à écouter des radios. L'encryptage de plus en plus fréquent des fichiers rendra aussi la détectabilité et la tracabilité du P2P de plus en plus difficile. Le spoofing montre tous les jours ses limites. En fait, la seule technologie vraiment efficace consiste à faire de l'interposition dynamique entre les noeuds du réseau. L'ennui est que cela n'est applicable qu'à des nouveautés qui ne sont pas encore diffusées sur la toile. Pour le reste du catalogue, la densité est telle que les moyens à mettre en oeuvre pour bloquer le réseau seraient économiquement pas viables.
De fait, les gens qui espèrent venir à bout du phénomène par la criminalisation ou la technologie s'exposent à de graves déconvenues. Il faut donc accepter de vivre avec le P2P. De là, deux solutions sont
possibles :
I) La solution de compromis : instaurer une taxe qui devra rémunérer les ayants-droits, si possible, comme s'il s'agissait de la vente d'un CD single.
Avantages : on préserve le système existant de l'industrie du CD
Problèmes (liés en majorité à la difficulté de traçabilité des téléchargements) :
1) En taxant de manière uniforme, on pénalise ceux qui téléchargent peu ou pas du tout de musique
2) Difficulté pour choisir une clé de répartition de la manne qui satisfasse à tout les intervenants
3) Désaccord aussi sur comment et par qui doit être collectée cette taxe
4) De fait, cela renchérit l'utilisation d'Internet (donc frein à sa diffusion en particulier aux moins favorisés : renforcement de la fracture numérique)
A noter que c'est les points 2 & 3 qui sont les principaux blocages actuels des discussions entres les professionnels du secteur.
II) La solution radical : légaliser la situation actuelle, à savoir autoriser le téléchargement sans taxe.
Avantages : grande simplicité de mise en oeuvre, entérine une situation existante, légalise la pratique de millions d'individus
Inconvénient principal : manque à gagner des ayants-droits. Ce qui est censé entraîner : maisons de disque en faillite, artistes spoliés, et pire que tout, une création en chute libre (car plus d'incitation à créer).
Voyons ces arguments :
1) Sur le manque à gagner des ayants-droits : cela semble intuitif, mais en fait ce n'est pas si simple. De nombreuses études très sérieuses faites par des cabinets indépendants concluent que :
- la corrélation en P2P et baisse des ventes de CD n'est pas aussi claire qu'elle paraît à première vue. D'autres facteurs (qualité des nouveautés, marketing) semblent avoir des effets beaucoup plus importants
- pour les petits artistes en particulier, il semble y avoir au contraire une corrélation inverse : le P2P permet de leur donner une visibilité qui a une influence positive sur leurs ventes de CD. De fait, le manque à gagner concerne avant tout les artistes vedettes.
2) Sur les difficultés des maisons de disque : pendant 20 ans, les majors du disque ont bénéficiées d'une manne extraordinaire avec le CD qui a remplacé le vinyle. Ce succès repose sur des coûts de fabrication dérisoires par
rapport au prix de vente, ainsi qu'un verrouillage très efficace de la distribution.
Leurs difficultés actuelles reposent beaucoup plus sur de mauvais choix stratégiques que le P2P. Et tant bien même ce serait le cas, qui a envie de se battre pour préserver la rente d'un oligopole vieillissant hyper
concentré entre les mains d'une poignée d'intervenants ?
3) Sur la spoliation des artistes : on l'a vu, le manque à gagner concerne avant tout les artistes vedettes. En France, cela concerne moins de 20 artistes qui concentrent plus de 70% des ventes.
Pendant des siècles, la rémunération des artistes se faisait quasi uniquement sous forme de représentations. Grâce aux moyens modernes d'enregistrements, ce métier de compositeur - interprète s'est fortement
concentré. Il est devenu, en terme de revenus, un des plus inégalitaires qui existe. L'explosion récente des budgets marketing promotionnels n'a pas arrangé les choses. Désormais, le succès d'un artiste est lié non plus à son talent, mais de plus en plus aux moyens financiers de sa maison de disque.
Si le P2P permet de rééquilibrer un peu les choses en répartissant la notoriété (donc les ventes dérivées) sur un nombre plus important d'artistes, c'est plutôt une bonne chose.
4) Sur la baisse de la créativité : c'est la tarte à la crème. Il est pourtant difficile de soutenir que les années d'or des majors du disque en terme de profits (1980-2000) ont correspondu à un pic en terme de qualité de
la création musicale. En poussant plus loin, on peut remarquer qu'à une époque pas si lointaines, la notion de copyright musicaux n'existait pas. Cela n'empêchait pas d'avoir des créations de très grande qualité.
La très grande concentration de la production entre une poignée de majors a plutôt eu un effet d'atrophie sur la créativité. La musique a la particularité de nécessiter peu de moyens pour créer une grande qualité. La
concentration financière n'a aucune influence positive dessus, bien au contraire.
Remarque : ce raisonnement n'est pas transposable au cinéma. En effet, contrairement à la musique :
- la création cinématographique nécessite des moyens très importants. Il est donc crucial d'assurer une pérennité des circuits de financement.
- il existe une vraie " exception française " en terme de créativité et de volume de production qu'il convient de préserver.
De fait, pour le cinéma, la solution de la taxe globale sur les abonnements haut débit semble s'imposer. Même si on l'a vu, elle a certains défauts, c'est un moindre mal. A moyen terme, cette taxe pourrait d'ailleurs
remplacer le financement via Canal+, dont la pérennité dans son format actuel n'a rien d'assuré.
10:57 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

