03.01.2008
Les radins et la santé
Histoire de ne pas (trop) être taxé de médecine de riche, le gouvernement a exonéré du dispositif ceux qui bénéficient de la CMU (la couverture médicale universelle). Les gens vraiment pauvres (ceux qui sont à cinquante centimes près) ne sont donc pas concernés par cette mesure.
Pour les autres, il existe néanmoins un garde fou : la franchise ne pourra pas dépasser un plafond très raisonnable de 50 euros par an. L’idée (généreuse) est qu’il ne faut pas pénaliser outre mesure les patients atteints de maladies lourdes qui nécessitent beaucoup de médicaments. Mais on voit tout de suite que ce plafond peu élevé annule aussi l’effet recherché auprès des gens qui abusent des médicaments.
Certes, la question de savoir à partir de quel moment, un patient abuse des médicaments est délicate. On constante déjà que les prescriptions varient beaucoup d’un médecin à l’autre. Alors cela parait une gageure de résoudre le problème en demandant au patient (qui par définition est encore moins expert) de s’autoréguler. En introduisant le biais financier, le seul impact de cette mesure sera de pénaliser les radins congénitaux qui vont (bêtement) dégrader leur santé pour économiser quelques dizaines d’euros par an.
Cela montre un point commun entre les dépenses de publicité et de santé : on sait qu’une partie de l’argent est gaspillée, mais il est très difficile de savoir exactement laquelle. Pour la publicité, la solution consiste à privilégier des canaux et des approches qui permettent une analyse quantitative rigoureuse des investissements. Pour la santé, on est encore loin de la solution miracle.
22:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : santé, sécurité sociale, publicité, médicaments
29.09.2006
La face obscure du trou de la Sécu
Par exemple, Paris concentre dix fois plus de psychiatres par habitant que les départements ruraux. Les Parisiens seraient-ils dix fois plus dépressifs que la moyenne de la population ? J'aimerai bien trouver un fait concret qui permette d'étayer cela ! ;-)
Ces faits troublants tendent à montrer que les dépenses de santé seraient en fait tirées non par la demande, mais par l’offre de soins. Dans un système où les revenus du corps médical sont proportionnels au volume des soins prescris, cela n’a finalement rien de si étonnant.
Mais alors, si ce n’est pas lié à la sophistication des soins, d’où vient la différence d’espérance de vie qu’on constate entre les classes favorisées et les autres ? Si on met de côté les maladies héréditaires et les accidents de la vie, c’est dû essentiellement à des facteurs qui ne sont pas liés à la qualité du système de santé : tabac, alcool, stress, obésité, excès ou absence d’exercice physique. Des maux qui touchent bien plus les pauvres que les riches.
Bref, pour nos sociétés avancées, l’augmentation de l’espérance de vie est avant tout un problème culturel et social. Notre obsession du toujours plus de soins est une impasse qui ne conduira qu’à creuser encore les déficits.
09:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité sociale, santé

