22.02.2007
Comment sortir de la galère de l’ISF
Le départ en Suisse via la Belgique de Johnny notre crooner national a défrayé la chronique. Je ne parle pas de la féroce couverture de Charlie Hebdo : « Voleur comme un Français, Con comme un Belge, Chiant comme un Suisse ». Je parle surtout de la relance de l’éternel débat sur l’ISF en France.
Le Sénat en a remis une couche ces derniers jours en nous sortant de jolies statistiques sur l’accélération des délocalisations fiscales depuis 3 ans. Les fuyards ont une moyenne d’âge de 53 ans contre 67 ans pour la moyenne des assujettis à l’ISF. Nous revoilà avec la petite musique sur la fuite des forces vives du pays.
J’ai toujours trouvé assez paradoxal que la chance d’avoir amassé un patrimoine important se transforme en malédiction qui oblige à s’expatrier loin de la douce France. Néanmoins, de nombreuses conversations que j’ai pu avoir avec certains de ces émigrés dorés, j’ai pu constater que le sentiment de persécution fiscale (aussi irrationnel soit-il) peut conduire à préférer un exil morose à la souffrance de s’acquitter chaque année de son super impôt.
Alors comment éviter que certains chefs d’entreprise, douillets fiscalement mais par ailleurs très créatifs et dynamiques, aillent générer de l’activité économique ailleurs ?
A défaut de supprimer l’ISF, la Droite propose de le vider de sa substance en étendant les dispositions du bouclier fiscal. Néanmoins, la ficelle est un peu grosse, et pour éviter un suicide électoral, on peut parier que cette même Droite aura vite fait d’enterrer cette proposition douteuse (le bouclier fiscal favorisant par ailleurs les rentiers, ce qui ne va guère dans le sens des forces vives).
A Gauche, pour dissuader les fuyards fiscaux, la nouvelle idée à la mode consiste à vouloir taxer les gens non sur leur lieu de résidence mais sur leur nationalité. Outre qu’en pratique, c’est totalement inapplicable, cela pose un délicat problème de liberté individuelle, car changer de nationalité n’est pas une mince affaire.
A mon sens, il y a une solution beaucoup plus simple pour sortir de cette galère : moduler le taux de l’ISF en fonction de l’âge. Si la surpression fiscale ne s’applique qu’aux seniors et aux très seniors, cela vide l’argument de la fuite des forces vives à l’étranger. L’ISF serait relooké en un impôt de solidarité entre les générations, ce qui est beaucoup plus tendance.
J’entends déjà les grincheux hurler à la discrimination anti vieux. Mais aujourd’hui, la fiscalité est déjà très discriminatoire (en principe pour de bonnes raisons d’ailleurs). Un célibataire paye d’avantage d’impôt qu’un couple marié avec des enfants. Une modulation fiscale sur l’âge ne serait qu’un prolongement logique d’une dynamique historique qui consiste à optimiser les prélèvements en fonction des situations de chacun.
18:49 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Senior, fiscalité, ISF

