19.11.2006
Tiers Monde : des taudis pour l’éternité ?
Ces immenses bidonvilles sont de vrais cloaques, le plus souvent construits aux abords (voir parfois au dessus !) de décharges toxiques, ce qui entraine des maladies chroniques parmi les habitants et un effroyable taux de mortalité (infantile en particulier).
Autant dire que dans pareil environnement, savoir si la Terre se réchauffera de 2 ou 5 degrés dans un siècle est le dernier des soucis des habitants de ces taudis urbains. Ces miséreux qui luttent chaque jour pour leur survie ont d’autres problèmes écologiques autrement plus urgents à traiter.
Par une cruelle ironie du sort, la préoccupation croissante des pays riches concernant la lutte contre l’effet de serre risque d’enfoncer encore un peu plus ces bidonvilles du Tiers Monde.
En effet, aider ce milliard de gens à accéder à un niveau de vie décent implique des investissements lourds en services collectifs : eau potable, logements décents, infrastructures de transport jusqu’aux centres de travail. Cette élévation du niveau de vie d’un milliard de très pauvres se traduira forcément par une augmentation significative d’émissions de gaz à effet de serre.
Déjà, il existe un décalage énorme entre les nobles discours sur l’éradication de la pauvreté et la réalité des efforts entrepris par les pays riches (qui consacrent moins de 0,7% de leur PIB à l’aide au développement). Mais à l’avenir, il sera très tentant d’enrober cette absence de réelle volonté politique dans le domaine par de sublimes discours écologiques !
Décidément, il ne fait pas bon de vivre dans un bidonville au XXIème siècle.
13:55 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, bidonvilles, pauvreté, tiers monde, écologie
17.11.2006
Bidonvilles, le Pire des Mondes Possibles
Depuis 1970, les zones de taudis infâmes ont progressées à une vitesse exponentielle. Au point qu’aujourd’hui, leurs résidents représenteraient la proportion ahurissante de 78% des urbains des pays les moins développés, soit plus d’un milliard de personnes. En tête du palmarès, on trouve la Chine avec une population vivant en bidonville estimée à 194 millions de personnes, suivi par l’Inde avec 158 millions, le Brésil 52 millions, le Nigéria 42 millions et le Pakistan 35 millions. J’arrête la liste tant elle est longue.
Cette incroyable concentration de pauvreté loin d’être endiguée, progresse sans interruption depuis 20 ans sous la poussée de l’exode rural. Et cela, malgré les belles déclarations d’intention régulières sur le sujet (dont le Millenium Act sous l’égide de l’ONU a été le dernier avatar).
Cet exode rural massif, on l’a aussi connu en Europe à la charnière du XIXème et du XXème siècle. Mais si dans nos pays les taudis urbains ont gardé une dimension contrôlable, c’est qu’il existait à l’époque une soupape de sécurité très efficace : l’émigration. Le paysan miséreux européen du début du siècle n’avait que l’embarras du choix pour quitter sa campagne : Etats-Unis, Australie, Argentine,… Ils ont été des millions à rejoindre ces pays neufs pour tenter leur chance.
Aujourd’hui, il n’existe plus de pays neuf. Les très pauvres du XXIème siècle n’ont nul part où aller pour fuir la misère. Alors ils s’entassent dans ces bidonvilles cul-de-sac au rythme étourdissant de 25 millions de nouveaux résidents chaque année.
A ce rythme, les beaux discours sur l'éradication de la pauvreté deviennent chaque jour moins crédibles…10:55 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, bidonvilles, immigration, émigration

