05.01.2007
Et si les pauvres n’intéressaient plus les riches ?!
Depuis le début de l’Humanité, il y a toujours eu des pauvres et des riches. Les marxistes ont traduit cette réalité par la notion d’exploiteurs, d’exploités et de lutte des classes, et dont la conséquence logique aurait dû être la révolution du prolétariat.
Force est pourtant de reconnaitre que malgré les inévitables soubresauts de l’Histoire, la cohabitation des pauvres et des riches est restée étonnamment paisible, chacun acceptant plus ou moins son sort. Même l’avènement de la démocratie depuis deux siècles qui aurait normalement dû sonner la revanche des pauvres (qui, faut-il le rappeler, sont ultra majoritaires), n’a pas vraiment changé les choses.
Ce relatif équilibre vient d’un pacte social implicite où chacun y trouve son intérêt (même si bien sûr, les riches ont toujours été gagnants de ce donnant-donnant !).
De l’Antiquité au Moyen-âge, le pacte social consistait à échanger la sécurité contre l’exploitation. Les paysans acceptaient de nourrir la noblesse et le clergé, à condition que ceux-ci les protègent contre les agressions extérieures.
Durant la révolution industrielle, le pacte social n’a pas fondamentalement changé, même si la notion de sécurité s’est étendue. La bourgeoisie avait toujours besoin d’une main d’œuvre abondante pour produire dans leurs usines les biens nécessaires à son confort. En échange de cette discipline au travail, les ouvriers ont négocié de nouvelles garanties : sécurité sociale, assurance chômage, retraite, pouvoir d’achat décent.
La révolution en cours du capitalisme de la connaissance est en train de faire voler en éclat ce modèle historique, et cela avec une stupéfiante rapidité. Dans l’économie du futur où l’essentiel de la valeur ajoutée se concentrera dans la conception et non dans la production, le système économique aura de moins en moins besoin d’une classe dite laborieuse. Il faudra certes toujours des gens pour distribution les produits, mais là aussi, l’inexorable montée en puissance de la distribution en ligne limitera les besoins en main d’œuvre dans ce domaine.
Le vrai malheur des pauvres n’est pas de se faire exploiter. Le pire qu’il puisse leur arriver, c’est que plus personne ne s’intéresse à eux. Le risque est de voir apparaitre une sorte d'« Humanité en trop » dont on voit déjà les sombres prémisses dans la progression incontrôlable des bidonvilles du Tiers Monde.
07:45 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : riches, pauvres, ouvriers, démocratie, capitalisme

