29.04.2008

De la publicité beaucoup mieux ciblée

Une fois n’est pas coutume, voici un petit billet sur ma start-up Criteo. Les lecteurs qui ne s’intéressent pas au domaine (très sophistiqué et en perpétuelle évolution) de la publicité en ligne pourront zapper.

Que fait Criteo ? Notre métier est le ciblage comportemental. Cela consiste à analyser la navigation des internautes (les pages vues et les clics réalisés sur ces pages) pour leur proposer le contenu promotionnel le plus ciblé (= pertinent) possible. Notre spécificité est d’appliquer ce ciblage comportemental au commerce électronique. A partir des simples informations de navigation, on est ainsi capable de proposer en temps réel le bon produit (parmi des millions de références) à la bonne personne.

Regardez par exemple les jolies bannières de publicités PriceMinister (et Kelkoo) qui sont dans le menu de droite de ce blog. Ces bannières conçues par Criteo sont dites comportementales. C'est-à-dire que les produits marchands présentés sur ces bannières sont déterminés à la volée au moment où la bannière s’affiche, et cela en fonction de l’historique de navigation de l’internaute.

Comment ça marche ? Si l’internaute a déjà visité le site marchand en question, les produits affichés sont en affinité avec les produits qu’il a consultés ou achetés sur le site marchand. S’il n’est encore jamais allé sur ce site marchand, alors les produits sont déterminés en fonction du comportement de tous les autres internautes sur la page en question. C’est ce qu’on appelle dans notre jargon l’optimum local, déterminé par des algorithmes sophistiqués de filtrage collaboratif (un autre jargon).

Pour comprendre, le mieux est de faire vous-même un test. Regardez les produits présentés dans la bannière PriceMinister à droite, puis allez faire un tour sur le site PriceMinister. Baladez-vous par exemple dans la section livres, en visitant quelques fiches d’ouvrages qui vous plaisent. Vous revenez ensuite sur mon blog (en rechargeant la page). Dans la bannière publicitaire PriceMinister, vous devriez maintenant voir s’afficher de nouveaux produits, a priori des livres. Et mieux encore, des livres en affinité avec ceux que vous venez de consulter sur le site PriceMinister.

Quel est l’intérêt de ce type de technologie ? Cela permet de présenter des bannières de publicité bien mieux ciblées. Qui dit bannière mieux ciblée, dit meilleur taux de clics (= nombre de clic / nombre d’impression de la bannière, qui est la manière la plus simple et probante de juger de l’efficacité d’une campagne publicitaire). Les résultats sont éloquents : sur des bannières personnalisées, le taux de clic est trois à cinq fois supérieur à celui constaté sur des bannières classiques.

Pour assurer un meilleur rendement de la publicité (qui est devenu, et sans doute pour longtemps, la principale source de revenus d’une grande majorité des sites Internet), on pense à Criteo que le futur passe par la personnalisation extrême des campagnes. CQFD :-)

08.12.2007

Où va la publicité sur Internet ?

J'ai tenté d'expliquer dans la note précédente que la publicité traditionnelle entrainait (avec un certain fatalisme des annonceurs) un gros gâchis du fait d’un ciblage médiocre basé sur des sociotypes.

Google a été le premier à briser le statu quo avec un concept très novateur. L’idée forte était qu’au lieu de cibler une photographie figée du passé (les sociotypes), on cible l’avenir (les intentions d’achat).

Les moteurs de recherche se prêtent merveilleusement bien à cette approche. Lorsque vous tapez un mot, vous manifestez une intention évidente d’intérêt pour une thématique donnée. Il est donc très facile pour Google de proposer des publicités contextuelles pertinentes. De fait, son système AdWord est d’une redoutable efficacité.

L’idée a été étendue avec brio aux moteurs de shopping comme Kelkoo. Le fait même que vous soyez en train de surfer sur un produit permet a priori d’identifier une intention d’achat non ambigüe qu’on peut associer à un lien commercial hyper ciblé. Dans tous les cas, on ne s’intéresse pas de savoir s’il s’agit d’un homme, d’une femme ou de toute autre caractéristique descriptive, mais seulement des intentions de l’internaute à un instant donné.

L’ennui commence lorsqu’on passe sur des sites moins spécialisés en recherche. Il devient vite très difficile de mesurer une intention d’achat (ou même une marque d’intérêt) en fonction du contenu d’une page. Par exemple, ce n’est pas parce que vous lisez un texte qui contient l’expression « accès Internet » que vous êtes intéressé par changer d’ISP. Pour espérer une certaine pertinence, il faudrait rentrer dans une analyse sémantique de la page d’une effroyable complexité.

C’est la raison pour laquelle le système AdSense (publicité liée au contenu de la page) a une efficacité si faible par rapport à AdWord (publicité liée à une recherche). Sorti de contextes très précis, on est en général incapable de relier le contenu d’une page web à une publicité pertinente. Les réseaux sociaux type MySpace sont les illustrations extrêmes de cette difficulté. Le contenu des  pages y est en général fort éloigné de l’univers marchand. De fait, les taux de clic sur les bandeaux de pubs y sont extraordinairement décevants.

Pour améliorer les choses, les régies Internet développent des systèmes pour mutualiser les sociotypes. L’idée est que chaque internaute va être caractérisé en fonction de son historique de navigation sur l’ensemble des sites qu’il visite. Vous naviguez sur un site de produits de beauté ? Vous êtes désormais catalogué « femme ». Vous avez surfé hier sur un site qui répertorie les radars automatiques ? Vous voilà bons pour recevoir des pubs pour les dernières Renault et BMW.

Chaque site du réseau participe donc à l’élaboration de sociotypes enrichis qui profitent à tous. Le principe est séduisant. Il est néanmoins d’une forte complexité à mettre en œuvre et à maintenir. Les règles d’association doivent être revues sans cesse. Sans parler des problèmes de vie privée qui ne sont pas triviaux.

Il existe aussi une autre approche pour améliorer le ciblage publicitaire. L’idée est d’optimiser à la volée chaque publicité à partir de son efficacité brute. Celle-ci est mesurée de manière quantitative par un taux de clics, voir une transformation à l’achat. Cela parait évident, mais en fait c’est une rupture conceptuelle très importante par rapport aux modèles classiques de branding. Ici la notion de sociotype cible n’est plus nécessaire. On s’affranchit aussi de l’analyse des intentions d’achat dont l’interprétation reste toujours sujette à caution.

Néanmoins pour bien marcher, cette approche nécessite d’être combinée avec des algorithmes puissants de filtrage collaboratif (comme ceux développés par Criteo !). Cela génère en temps réel une micro segmentation ultra fine qui permet de faire la promotion d’un catalogue avec des milliers de produits différents. C’est même la seule manière réaliste d’adresser la longue traine dans le domaine de la publicité. Enfin l’aspect boite noire statistique du système permet d’éviter les délicats problèmes de vie privée liés aux sociotypes enrichis. Bref, une approche très prometteuse… ;-)

20.09.2007

Vers un nouveau modèle économique pour la télé de demain

Pour l’instant, les plateformes de vidéo ont encore beaucoup de mal à monétiser leur formidable audience. Google se casse les dents sur YouTube. Sa dernière idée est d’essayer d’y plaquer son modèle AdSense. Cela revient à introduire dans les vidéos des interstitiels publicitaires liés contenu du programme visionné. Vous regardez une vidéo sur les voitures, à vous la pub pour la dernière BMW.

L’idée est séduisante, mais elle risque d’atteindre vite ses limites. Le problème est que les annonceurs veulent bien payer seulement s’ils sont associés à des contenus de qualité. En clair, c’est oui pour des formats professionnels qui ont couté beaucoup d’argent à produire. C’est non s’il s’agit d’obscurs vidéos amateurs qui ne présentent aucune garantie de qualité,

L’ennui est que dans ce modèle haut de gamme, les ayants-droits réclament à juste titre une grosse part du gâteau.  Au final, le risque est de voir l’essentiel de la valeur échapper à la plateforme vidéo pour aller directement dans les poches des producteurs (qui savent très bien quand il faut, imposer leur bon droit par des actions juridiques appropriés).

On a vu que l’enjeu de la télé de demain est de créer des flux vidéos continus hyper individualisés. Or ces flux qui sont centrés sur le téléspectateur permettront justement aux plateformes de changer leur approche de la publicité. Au lieu de faire des interstitiels liés au contenu du programme, ils pourront cibler les spots en fonction du spectateur lui-même, et cela indépendamment du contenu qu’il regarde. Cette publicité comportementale et collaborative est alors déterminée par l’historique de navigation et de consommation de chaque internaute.

Pour l’annonceur, c’est tout gagnant. L’efficacité de cette publicité comportementale est bien plus grande que celle de l’approche par thématique vidéo (en passant petit coup de pub : Criteo a développé dans ce domaine des algorithmes qui marchent très bien). S’il a le choix, l’annonceur préfèrera en effet toujours cibler sa publicité sur le téléspectateur que sur le contenu du programme regardé.

Ce modèle permet de recréer la puissance d’une télé nationale traditionnelle, combinée à celle de la finesse du marketing direct hyper individualisé. Cela aura aussi l’effet vertueux de maintenir un rapport de force équilibré entre les plateformes et les producteurs de contenus. Cette nouvelle approche sera la clé de la rentabilité de la télévision de demain.

Le basculement en cours des budgets annonceurs de la télé vers l’Internet (qui va s’accélérer fortement dans les deux ans qui viennent), va changer radicalement l’écosystème du web. La première plateforme vidéo qui aura mis en place une offre de flux personnalisée sera dans une position très favorable pour capter cette nouvelle manne.

17.09.2007

Les enjeux de la télévision de demain

Dans sa forme traditionnelle, la télévision va bientôt mourir. Internet est en train d’émerger très vite comme le média dominant pour diffuser des programmes vidéo. Le mouvement est irrésistible et d’ici quelques années, va tuer la télé de papa.
La question n’est plus de savoir si les gens vont consommer de la télé sur Internet, mais sous quelle forme ?
Pour l’instant, le modèle qui émerge est celui du visionnage unitaire. Chaque programme vidéo est consommé de manière indépendante des autres, grâce à des plateformes centralisées type YouTube ou DailyMotion.
Par rapport à la télé traditionnelle, cette nouvelle forme de consommation audiovisuelle a d’énormes avantages :
- l’accès instantané à un catalogue de programmes extrêmement large qui combine produits professionnels haut de gamme et contenus amateurs (le fameux User Generated Content),
- des multiples fonctions de recherche notamment par mots clés (tags) qui permet de sélectionner des thématiques hyper ciblées,
- la possibilité de visionner les programmes en 24/7 en s’affranchissant de toute notion de grille horaire
- une logique communautaire qui permet de partager ses émotions avec d’autres : commentaires interactifs, envoi de l’url par email, publications sur un blog
Ce type de visionnage souffre néanmoins d’un défaut majeur. Il nécessite la participation active du spectateur pour concevoir sa programmation. Or la majorité des gens sont faignants, surtout quand il s’agit de se divertir (cela n’a rien de péjoratif, c’est juste la nature humaine ;-)).
Ce qui était formidable avec la télé traditionnelle est qu’il suffisait de s’installer au fond de son canapé avec sa télécommande, et hop c’était parti pour 3 heures de spectacle en continu.
L’enjeu de demain est donc d’être capable de reconstituer un flux continu de vidéo à partir de ces dizaines de millions de programmes indépendants. Pour être attractif, ce flux éditorial devra être personnalisé non seulement par thématique, mais selon les goûts de chaque téléspectateur. Le zapping ne se fera plus entre des chaînes qui diffusent des programmes en parallèle, mais à l’intérieur de chaque flux personnalisé.
Il n’est pas question de faire ce travail éditorial de titan à la main. On ne parle plus des quelques centaines de chaines thématiques du câble. Il s’agit ici de générer des millions de flux vidéo spécifiques qui évolueront en temps réel en fonction de l’humeur et des goûts de chaque téléspectateur.
Seuls des systèmes automatisés de grande ampleur seront capables de produire ces nouvelles chaines individuelles. Cela nécessite des algorithmes d’analyse très sophistiqués pour générer ces millions de flux en temps réel. Mais heureusement, il existe déjà quelques sociétés qui ont développé des technologies très pointues dans ce domaine (le meilleur exemple est Criteo ! ;-)).
Les premiers sites de vidéo qui mettront en place ce type de système prendront une avance déterminante sur les autres. Cerise sur le gâteau, cette approche par flux continus devrait pouvoir transformer enfin (!) les grandes plateformes d'hébergement vidéo en cash machine que leur formidable audience les destine. Je tenterai d’expliquer comment dans une prochaine note.

31.08.2007

Le web 2.0 communautaire va-t-il virer au cauchemar ?

Le dernier fantasme à la mode dans la communauté du web 2.0 concerne la perversion de tout le système par de la publicité masquée.

Ces craintes sont à la hauteur du formidable espoir que suscite le web 2.0 dans son aspect shopping communautaire. L’idée de donner la possibilité aux internautes de s’exprimer sur les produits est très séduisante. C’est d’ailleurs devenu un réflexe de beaucoup de gens avant d’acheter un produit de consulter l’avis des autres internautes. Amazon qui comme toujours est à l’avant-garde des nouveautés dans le commerce électronique met le paquet pour développer les sections qui donnent la parole aux internautes. Sur chaque fiche produit, on peut lire les avis de la communauté, et on est encouragé à donner le sien.

Le mouvement est général à toute la Toile. Non seulement, il existe depuis longtemps des sites spécialisés dans les avis comme Ciao, mais on assiste à l’émergence de concepts clés en main de social shopping type Kaboodle aux USA, sans parler des blogs dont l’influence est telle qu’elle est désormais qualifiée de « cinquième pouvoir ».

Le pouvoir est donc revenu aux mains du consommateur. En s’appuyant sur l’expérience des autres internautes, il peut enfin s’affranchir du matraquage débilitant de la publicité. Quelle formidable démocratisation, non ? Tout va donc pour le mieux dans le monde du web 2.0 participatif.

L’ennui est que si les gens se fient de plus en plus au web communautaire pour se forger une opinion sur les produits qu’ils consomment, il est très tentant de vouloir influencer ces choix. Ce n’est d’ailleurs pas bien compliqué. Il suffit pour cela de payer des faux contributeurs qui, mine de rien, vont pousser certains produits et dénigrer d’autres. Microsoft s’est d’ailleurs fait prendre récemment la main dans le sac et a du reconnaitre publiquement avoir payé des rédacteurs professionnels pour arranger dans Wikipedia des rubriques le concernant.

Cependant, les techniques s’améliorent. Il existe maintenant des agences de buzz marketing spécialisées sur le sujet dont les budgets sont en pleine croissance. Avec un peu d’expérience, la manipulation est quasiment impossible à détecter, en tout cas pour le consommateur lambda. Les adeptes de la théorie du complot qui voient des manipulations partout peuvent boire du petit lait. En effet, sans sombrer dans une paranoïa excessive, le problème est sérieux.

Il n’y a en effet qu’un pas pour imaginer une contamination généralisée de tout le web participatif par de la publicité insidieuse. En parallèle des consommateurs qui passent un temps croissant de leur vie sur les réseaux sociaux, une nouvelle profession d’influenceurs professionnels viendra parasiter et dévoyer le système. Jolie perspective.

Ce n’est pourtant l’intérêt de personne que les réseaux sociaux perdent toute crédibilité. Alors que faire ? A ce stade, je vais prêcher un peu pour ma crémerie, mais force est de reconnaitre qu’un des moyens les plus élégants de sortir par le haut du problème des faux témoignages et autres parasites réside dans les techniques de filtrage collaboratif.

Le principe d’une technologie comme Criteo est de micro-segmenter les internautes selon leur comportement et leur navigation. Les influenceurs professionnels ont par nature un comportement déviant par rapport aux autres internautes (du genre, j’adore tous les films de la Warner, mais je déteste tous ceux de la Paramount). Or la structure des algorithmes de filtrage collaboratifs permet précisément de détecter ces profils atypiques qui sont alors affectés automatiquement dans des segments particuliers.

Tout ça pour dire qu’autant il convient de garder un esprit critique face aux sirènes merveilleuses du web collaboratif, autant il est excessif de prédire sa disparation prochaine. Des solutions existent qui font penser qu’on arrivera à éviter que le web 2.0 soit englouti par un bidonnage généralisé de son contenu.

25.03.2007

Quelques chiffres intéressants sur la blogsphère

Depuis un mois et demi, l’AutoRoll a fait un démarrage très encourageant dans la blogsphère. On a eu des dizaines de notes la plupart très sympas, ce qui nous encourage à persévérer. Merci encore pour tous ces soutiens. Suite à pas mal de suggestions intéressantes, on vient d’ailleurs de lancer une seconde version qui permet d’afficher des images, qui sont par défaut une miniature du blog ou au choix un ficher téléchargé par le bloggeur (voir mon AutoRoll à droite).
A ce jour, plus de 2000 bloggeurs se sont inscrits. Cela se traduit par plus de 5 millions de recommandations quotidiennes faites par l’AutoRoll. Ce volume devient statistiquement significatif et permet d’en tirer quelques chiffres intéressants sur la (mystérieuse) structure de la blogsphère.
Comme on peut s’y attendre, le trafic est réparti de manière très inégale, 10% des blogs représentant 75% du volume. Le champion toutes catégories aligne à lui tout seul plus de 320.000 visiteurs uniques. S’il me lit, il se reconnaitra facilement. :-)
Concernant les langues, on en a une quinzaine représentée (dont une étonnante percée du chinois), le gros des inscrits se partageant naturellement entre le français et l’anglais.
D’après divers études qui trainent sur le net, il semble que la France détienne le record mondial en nombre de blogs créés par internaute. Cela serait dû en particulier à l’incroyable succès des Skyblogs (lesdits Skyblogs en passant, n’acceptant pas le JavaScript, n’ont pas encore accès à l’AutoRoll).
Qu’en est-il du trafic réel ? Pour cela, on a fait un petit calcul sur la long tail, définie (arbitrairement) comme l’ensemble des blogs dont le trafic ne dépasse pas 20.000 visiteurs uniques mensuels. En prenant soin de ne retenir que les blogs écrits par des illustres inconnus (c’est quand même la majorité !) pour éviter les biais statistiques. Par illustre inconnu, j’entends quelqu’un qui n’a pas une visibilité particulière liée à son activité professionnelle, donc quelqu’un dont le trafic est lié avant tout à la qualité éditoriale de son blog.
Sachant qu’il y a dix fois plus de lecteurs potentiels anglophones que francophones, on pourrait s’attendre à ce qu’en moyenne un blog en anglais attire un trafic dix fois supérieur. Mais surprise, à qualité égale, les blogs francophones ont un trafic plutôt supérieur, en alignant en moyenne 2100 visiteurs uniques par mois, contre 1650 pour les anglophones.
Il y a donc bel et bien une exception française, qui semble plébisciter ce mode d’expression. Est-ce finalement si étonnant, dans un pays qui voue un véritable culte aux intellectuels, aux livres, à la langue et plus généralement à l’expression écrite sous toutes ses formes ?
Voilà qui relativise fortement les classements « officiels » des blogs, basés sur le très discutable nombre de liens entrants. En fait, cette méthode ne reflète absolument pas le trafic réel et donne un biais systématique en faveur des blogs en anglais. Amis bloggeurs francophones, sachez que vous avez un classement bien supérieur à ce que Technorati et autres vous font croire. La blogsphère francophone est à l’avant-garde mondiale, qu’on se le dise !

09.02.2007

Un nouvel outil pour découvrir des blogs et générer du trafic qualifié

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de Criteo, et plus précisément d’un nouveau produit assez excitant dont on lance la version Beta ces jours-ci : AutoRoll.

L’idée consiste à mettre sur son blog un petit composant (voir l’encart orange sur la colonne à droite) qui propose une liste de blogs à forte affinité. Cette affinité est basée sur le principe : « ceux qui ont visité ce blog ont aussi visité ces autres blogs ».

Plus un lecteur vient souvent sur un blog et y passe du temps, plus son affinité avec ce blog augmente. De même, plus deux blogs ont des lecteurs communs, plus leur affinité sera grande. Cette liste de blogs est bien sûr recalculée en temps réel grâce à la remarquable technologie Criteo (oui, oui, c’est  beau !), qui est très bien adaptée à cet exercice.

L’intérêt est multiple. Pour le lecteur, c’est bien sûr de découvrir de nouveaux blogs en forte affinité avec celui-ci. Pour le propriétaire du blog, cela procure un précieux trafic entrant hyper qualifié, puisqu’il a désormais des blogs qui partagent le même type de lectorat qui pointent vers lui. Et plus un blog a un trafic important, plus il bénéficiera d’un nombre important de liens entrants.

Personnellement, j’ai constaté (et il semble que ce soit le cas sur la majorité des blogs) que le gros du trafic provient de lecteurs ponctuels qui ont tapé un mot clé sur un moteur de recherche et arrivent par hasard sur mon blog. Parmi ce flot, seule une petite minorité devient lecteur régulier, car ce trafic est par nature peu qualifié.

A l’opposé, l’AutoRoll fournit des visiteurs beaucoup plus enclins a priori à se transformer en fidèles lecteurs. J’ai d’ailleurs moi-même découvert plein de blogs sympa via l’AutoRoll. Je m’en sers maintenant comme un mode de navigation à part entière pour me promener dans la blogsphère.

Amis bloggeur, tout ce petit pitch est là évidemment pour vous inciter à tester AutoRoll sur votre blog ! ;-) L’inscription prend 2 minutes chrono et ne nécessite aucune connaissance technique (à part savoir faire un copier coller). Je serai curieux d’avoir vos réactions dessus et de voir… lesquels d’entre vous apparaitrons dans mon AutoRoll à moi ! 

En passant, j’en profite d’ailleurs pour remercier chaudement tous ceux qui ont participé à la Beta privée qui a permit de calibrer le système. J’ai pu constater à cette occasion qu’il existe un vrai esprit d’entraide entre bloggeurs. Dans notre monde censé être impitoyable, cela fait vraiment plaisir.

19.01.2007

Les mashups : la pâte à modeler du web

Suite à ma note sur les prochains défis du commerce électronique, j’ai eu un certain nombre de questions sur ce qu’était un mashup. Si ce mot n’évoque pour vous qu’une sorte de gros malabar mou, je vous invite à lire la suite, histoire de ne pas vous retrouver du mauvais côté de la fracture numérique au prochain diner en ville où le sujet arrivera sur la table.

Pour comprendre ce qu’est un mashup, il faut revenir d’abord sur une autre notion, celle d’API ouverte. Une API est une interface qui permet à deux programmes informatiques de communiquer entre eux. Une API ouverte revient simplement à mettre à disposition du grand public cette interface informatique. Aujourd’hui rendre son API publique est devenu une sorte de must pour tout site web qui se réclame un tant soit peu 2.0. Mais pourquoi diable est-ce devenu si à la mode ?

En fait, c’est lié à la structure fonctionnelle du réseau Internet. Schématiquement, on peut considérer Internet comme une sorte de gigantesque outil de publication. Vous avez du contenu à faire partager avec d’autres gens. Vous créez donc une moulinette astucieuse pour publier ce contenu sur un site web. Tout l’art consistant à publier ce contenu d’une manière attractive, intuitive et efficace. La difficulté est bien sûr que ces trois caractéristiques sont en général contradictoires.

D’où il ressort que la publication sur Internet consiste en d’éternels compromis créatifs à la recherche de l’équilibre parfait. A partir d’un contenu donné, les combinaisons de choix marketing peuvent produire une très grande variété de concepts.

Ce constat a fait émerger l’idée suivante :

J’ai un super contenu que je souhaite mettre à disposition des internautes. Il y a potentiellement des milliers de manières intéressantes d’exploiter et de publier ce contenu. Je peux d’ailleurs moi-même tester toutes sortes de concepts marketing sur ce contenu. Mais pourquoi ne pas confier ce travail de titan à d’autres ?

Donc je mets en ligne une interface publique qui permet l’accès libre et non formaté à mon contenu. De cette façon, un grand nombre de développeurs indépendants pourront publier mon contenu chacun avec sa propre approche créative. Certes, je ne maitrise pas toute la chaine de valeur. Mais l’intelligence collective a une telle puissance que parmi tous ces essais, il y a une forte probabilité que quelques très bons concepts émergent et valorisent particulièrement mon contenu. 

Voilà pourquoi le concept d’API publique est intiment lié avec la vague du web 2.0. En faisant appel à la communauté des internautes, on a toutes les chances de créer plus de valeur qu’en voulant tout faire tout seul.

Le contenu accessible aujourd’hui par des API publiques est très varié. Cela va du catalogue de produits culturels d’Amazon aux cartes géographiques d’un Google Maps, en passant par des photos personnelles pour Flickr ou des calculs de recommandations pour Criteo (oui, oui, on a une API publique et gratuite de surcroit !).

Et les mashups dans tout cela ? Et bien cela consiste simplement à combiner le contenu issu de plusieurs API publiques pour faire un service totalement original. Un joli exemple de mashup est la combinaison Flickr + Navx + Google Maps qui permet de positionner les photos d’une randonnée à ski sur une carte grâce à un GPS.

On voit vite que les possibilités ouvertes par les mashups sont énormes. Attendez-vous donc à voir ce type d’applications proliférer à grande vitesse dans les années qui viennent. Encore un malabar ?!

18.10.2006

La mine d’or des séries TV

Les séries TV ont envahi les linéaires des grandes surfaces.  De fait, la vente de ces séries en pack DVD « saisons » est devenue bien plus rentable que leur diffusion à la télévision. A la plus grande joie des distributeurs, les consommateurs sont prêts à payer en moyenne 50 euros le coffret de 25 épisodes.

 

Comme toute nouvelle mine d’or, ce business s’est rapidement sophistiqué. On trouve aujourd’hui de tout, dans des registres aussi variés que le policier, la science-fiction ou la comédie intimiste. Le fait de pouvoir les visionner en VO rajoute au plaisir par rapport à la télé.

 

Ayant bien aimé la série 24 Heures chrono, j’ai acheté les yeux fermés la saison 1 d’Alias, qui d’après la jaquette, semblait du même tonneau. Au bout de 2 épisodes, j’ai compris que j’avais affaire à une bluette pour adolescents attardés. La jeune héroïne est à peu près aussi crédible que les Charlie’s Angels tout en se prenant autant au sérieux que Rambo. Bref, j’avais brulé plus de 60 euros pour un coffret de 6 DVD qui me promettait 18 heures de spectacle, en sachant au bout d’une heure que je n’irai pas plus loin.

 

Les séries TV ont cette caractéristique que soit on aime dès le début (et en général on reste accro pour toute la saison), soit ce n’est pas la peine d’insister. De lors, pourquoi les distributeurs s’obstinent à nous vendre des saisons entières dans des packs hors de prix ? Il faudrait au moins qu'ils se décident à offrir gracieusement le premier épisode de chaque série, afin qu’on se fasse une idée avant d’acheter.

 

Sinon, le risque est grand de voir se généraliser le reflexe (de bon sens) d’aller télécharger sur les réseaux peer-to-peer le premier épisode d’une série avant d’acheter un coffret. Avec la tentation bien sûr de télécharger le reste.

 

Pour ceux qui veulent rester dans la légalité sans pour autant miser 50 euros au hasard, je signale qu'il existe un nouveau système de recommandations spécial séries TV sur AlloCiné. J’en parle avec d’autant plus d’entrain que la technologie sous jacente provient de Criteo.

 

Aller, bon film ! ;-)

 

07.10.2006

Netflix et la méritocratie économique

J’ai reçu des dizaines de messages pour me demander si Criteo allait relever le défi Netflix. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire, je rappelle que Netflix, leader américain de la location de DVD sur Internet, a annoncé la semaine dernière qu’il offrait un million de dollars à quiconque arriverait à améliorer de 10% la performance de son algorithme de recommandations de films.

Il est clair que Criteo dont c’est précisément le cœur d’expertise, est partant pour ce défi. Cette annonce de Netflix confirme en tout cas que :

-          la maitrise des technologies de recommandations personnalisées représente un enjeu stratégique et financier majeur pour un cyber commerçant (voir mon post sur le sujet)

-          les algorithmes sous-jacents sont mathématiquement très ardus, ce qui fait que même un acteur de la taille d’un Netflix a finit par se casser les dents sur le sujet (après 10 ans de recherche interne !) et demander une aide externe.

Au-delà d’une sympathique validation du positionnement stratégique de Criteo, cette annonce contient une autre dimension intéressante. Les règles du jeu en sont simples et transparentes, ce qui fait du défi Netflix un concentré de méritocratie rarissime dans le monde du business.

On observe en effet que pour retenir une solution technique, les processus de décision associés sont trop souvent liés à des considérations de politique interne loin du produit. C’est particulièrement vrai en France où certains grands comptes préfèrent surpayer un produit médiocre que de prendre le risque de travailler avec une jeune startup.

Dans le monde feutré du sourcing technologique, la manière de procéder de Netflix a quelque chose d’assez rafraichissant.

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