30.12.2006
Nos enfants seront tous végétariens
La France a demandé, lors du conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE, une augmentation des subventions à l'exportation pour le poulet entier versées par l'Union européenne aux éleveurs français. Officiellement pour contrebalancer les effets de la grippe aviaire sur les producteurs de volaille.
Il est toujours fascinant de constater cette incroyable capacité de lobbying de la filière viande rapportée à son poids électoral.
Subventionner l’exportation de poulet est pourtant une aberration à la fois écologique et économique. Produire un kilo de viande consomme autant d’essence que rouler 100 km en voiture. Cela nécessite aussi dix milles litres d’eau dont on nous dit qu’elle devient un bien rare. A l’heure où l’on nous parle de développement durable, ainsi que réduire l’effet de serre, est-ce vraiment de circonstance ? La surconsommation de viande en Occident n’entraine pas seulement des maladies cardio-vasculaires. Elle contribue aussi au déséquilibre énergétique et écologique de la planète. Sans parler du fait que cela ruine les petits producteurs du Tiers Monde, mais cela tout le monde s’en fiche.
Voilà qui illustre encore les méfaits d’un pétrole encore trop bon marché. En 2005, le carburant automobile a vu son prix réel divisé par 3 par rapport à 1979 (au plus fort du second choc pétrolier). Comment est-ce possible ? C’est qu’entre temps, le pays s’est enrichit. En 1979, il fallait une 5 heures de SMIC pour se payer 10 litres d’essence. En 2004, il n’en faut plus que 1h40. Ce qui compte, ce n’est pas le prix absolu de pétrole, mais son prix relatif par rapport à notre richesse. Autrement dit, son coût d’opportunité pour le consommateur par rapport à ses revenus.
Lorsque les prix du pétrole auront vraiment explosé en valeur réelle, nos enfants ne redécouvriront pas seulement les joies de la bicyclette. Ils seront aussi tous végétariens. Et tant pis pour les éleveurs de volaille.
23:34 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, eau, pétrole, grippe aviaire

