20.09.2006

Le protocole de Kyoto en question


Dans un petit essai Le défi du monde, Claude Allègre (qui est avant tout un scientifique), nous livre sa vision géopolitique du monde.

 

Un des domaines où l’ancien ministre dégraisseur de mammouths a une position intéressante est sur le protocole de Kyoto. Il se paye le luxe d’approuver George Bush dans son opposition au traité ! Quand on connait l’unanime concert médiatique européen pour fustiger l’égoïsme arrogant du président américain sur la question du réchauffement de la planète, la position de Claude Allègre implique un sacré courage. Se voir assimiler au grand Satan américain protecteur des 4x4 et du consumérisme à tout crin, quelle belle audace.

 

Le raisonnement de Claude Allège est évidemment un peu plus subtil que le simple attachement autiste à l’American Way of Life.

 

L’idée de base avancée est que le protocole de Kyoto est non seulement politiquement irréaliste (puisque non appliqué par pleins de pays), économiquement néfaste (par le bridage de l’activité), mais comble aurait un effet écologique dérisoire (impact de 0,1°C s’il était appliqué complètement).

 

Allègre affirme donc que plutôt que de réglementer de manière rigide les émissions à effet de serre, mieux vaudrait (comme les américains !) se concentrer sur le développement des énergies propres en faisant confiance aux formidables progrès de la science.

 

D’ailleurs en passant, plutôt que nouvelles sources d’énergie, il faut penser technologies d’économies d’énergies (nouveaux isolants, moteurs à haut rendement…). Même si elles sont moins glamour que la quincaillerie solaire et éolienne, leurs impacts potentiels sont autrement plus importants sur les émissions de gaz à effet de serre.

 

En véhiculant un message positif avec des objectifs réalistes, Claude Allègre affirme qu’on suscitera une adhésion beaucoup plus forte qu’avec un traité d’inspiration malthusienne. Mais au vu de l’urgence, peut-on vraiment se reposer uniquement sur la méthode Coué et la confiance dans le sacro-saint progrès technique ? L’inertie, l’attrait de la facilité et l’irresponsabilité collective n’obligent-elle pas, par prudence, à fixer certains interdits pour éviter les catastrophes ?

C’est deux visions du monde qui s’affrontent...