20.10.2007

Al Gore, un drôle de Prix Nobel de la Paix

Le développement durable est devenu tellement à la mode qu’il est partout. Vous avez certainement remarqué que depuis quelques mois, toutes les boites du CAC40 y vont de leur pub écolo. Même les constructeurs automobiles arrivent maintenant à nous expliquer qu’ils sont des entreprises modèles.

Si on peut louer l’intention éducative, on ne peut s’empêcher de sourire devant la ficelle un peu grosse de ces lourdingues opérations de com. A trop vouloir nous matraquer sur l’éco-responsabilité, on va finir par coller la nausée verte aux gentils éco-citoyens.

L’attribution du prix Nobel de la Paix à Al Gore sonne comme un joli point d’orgue dans cette frénésie écologique. Certes on peut mettre à l’actif d’Al Gore d’avoir contribué à animer le débat sur le réchauffement climatique aux Etats-Unis. Cela justifie-t-il pour autant un prix Nobel de la Paix, dont la symbolique est si forte ?

La notoriété récente d’Al Gore dans le domaine écologique repose en grande partie sur son film « An Inconvenient Truth ». Mais ce film est un drôle de patchwork où se mêlent des images de sa campagne malheureuse contre Bush (où on vous fait comprendre qu’il aurait dû gagner), le sujet écologique et une autopromotion (très américaine) d’Al Gore lui-même. Indépendamment de l’argumentation de fond sur le réchauffement climatique (sujet très technique), ce mélange des genres a quelque chose d’un peu curieux pour nos tortueux esprits européens.

Au crédit d’Al Gore, il est vrai qu’à partir du moment où le jury voulait récompenser une personnalité à la fibre écolo, sa stature médiatique sans équivalent le rendait vite incontournable.

Pourtant, ce n’est pas les conflits armés qui manquent en ce moment. A croire que le jury n’a pas réussi à dénicher une personnalité américaine de grande envergure qui s’est opposée à la guerre d’Irak ?! En cherchant bien, on aurait pourtant pu retrouver la poignée de sénateurs qui avaient voté contre l’invasion américaine. Il en fallait à l’époque du courage pour oser braver la formidable pression patriotique d’un pays chauffé à blanc. Dommage, ces irréductibles auraient eu de la gueule comme prix Nobel de la Paix. Mais j’imagine que Bush préfère encore que ce soit Al Gore qui ait décroché le gros lot. ;-)

07.07.2007

Les très utiles (vilains) gaz à effet de serre

Je me suis permis (avec une certaine délectation je dois l’avouer) de polémiquer sur l’influence réelle de l’émission de gaz carbonique d’origine humaine sur le réchauffement planétaire actuel. Poussant plus loin le crime de lèse-écologie, j’ai aussi contesté la nature forcément négative du réchauffement en question. Alors pour compléter le triptyque, je vous en sers une dernière louche. Après promis, je passe à autre chose.

Histoire de rassurer mes amis écolos qui daignent encore de lire ce blog (!), il me faut préciser que je soutiens sans réserve les projets de taxe carbone dans les tiroirs de nos chers gouvernants. La fiscalité est de loin l’arme la plus efficace dans le domaine écologique. De façon générale, il est aussi important de continuer nos efforts vers des normes d’économies d’énergie toujours plus ambitieuses pour les bâtiments, les véhicules et l’industrie.

Pour commencer, cela donne des perspectives formidables en termes de nouveaux produits dans tous ces domaines de R&D. Mais surtout, ces mesures vont dans le sens d’une réduction de notre dépendance aux énergies fossiles. Même si les vraies raisons ont très peu à voir avec l’écologie et l’effet de serre, elles n’en sont pas moins importantes.

Il s’agit essentiellement ici d’argent et de politique (sans que cela n’ait rien de péjoratif). Tout d’abord, la sobriété énergétique a un effet mécanique sur notre balance commerciale, puisqu’on importe tout notre pétrole. La raréfaction programmée de cette énergie fossile non renouvelable ne pourra qu’accentuer le problème à l’avenir. On en goute déjà les prémisses avec les pics récents atteint par le baril de brut. Par un hasard conjoncturel, ce pic est amorti par une valorisation inespérée de l’euro. Mais cela ne durera qu’un temps.

Politiquement aussi, nos importations de pétrole et de gaz proviennent pour la majeure partie de dictatures pas toujours sympathiques, parfois ouvertement hostiles. De plus, beaucoup de régions pétrolières ou gazières sont réputées pour leur instabilité, la corruption extrême de leurs élites, voir une collusion rampante avec des groupes armés violents. Notre dépendance trop forte envers ces régimes nous met d’ailleurs souvent dans des situations inconfortables.

Enfin, la plupart des pays qui détiennent des réserves d’énergie fossile font preuve d’une volonté très modérée concernant les indispensables investissements, ce qui réduit d’autant la visibilité du secteur. Bref, moins on achète de pétrole à tous ces gens, moins on s’expose à d’éventuels chocs économiques ou chantages géopolitiques.

En passant, on peut aussi rappeler que tous les pétrodollars qui inondent nos économies occidentales alimentent une bulle immobilière potentiellement dangereuse, en particulier pour les jeunes générations qui croulent sous les dettes.

Voilà qui explique pourquoi les politiques se saisissent avec autant d’entrain de la grande cause du réchauffement climatique. Ce spectre écologique permet de plaquer une noble cause sur des objectifs politiques et économiques cruciaux. Cela donne aussi des armes de négociation face aux différents cartels producteurs. Mais surtout, l’écologie est une cause plus facile à vendre à l’opinion publique que les tortueux rapports de force économiques de la diplomatie pétrolière.

05.07.2007

Et si on se réjouissait un peu du… réchauffement climatique ?!

Les causes du réchauffement climatique sont loin d’être totalement élucidées. Mais à la limite peu importe. La vraie question est : ce réchauffement est-il une bonne ou une mauvaise chose ?

A voir le concert de catastrophisme sur le sujet, la cause parait entendu. Mais est-ce vraiment si terrible ?

Tout d’abord, il faut rappeler que dans la logique écologique, tout changement est par nature mauvais. L’écologie politique se construit sur la préservation des écosystèmes existants. Donc moins ça bouge, mieux c’est. Si en plus, le changement en question est d’origine humaine, c’est encore plus grave. Par définition, l’homme a forcément un impact négatif sur la nature.

Ceci étant dit, venons-en à notre réchauffement climatique. Sa première conséquence serait une brutale élévation du niveau de la mer. Al Gore nous parle de plusieurs dizaines de mètres d’ici la fin du siècle, ce qui rayera de la carte toutes les villes côtières. N’ayant pas peur de forcer le trait, un rapport récent de l’Union Européenne préconise de planifier le déplacement de certains ports en prévision de la montée des eaux !

Le problème est que ce catastrophisme n’est pour l’instant absolument pas confirmé par les faits. Certes, la mer monte de manière régulière depuis bientôt dix mille ans, mais de seulement quelques centimètres par siècle. Bref, c’est à peine perceptible. A ce rythme, on a encore des dizaines de milliers d’années devant nous avant que les effrayantes prophéties d’engloutissement se réalisent. Cela n’a rien d’étonnant, car il existe un phénomène de compensation : la fonte de la glace continentale fait monter le niveau de la mer, mais celle de la banquise la fait baisser. De plus, un monde plus chaud, c’est aussi d’avantage d’évaporation marine, ce qui va aussi dans le sens d’une diminution du niveau des océans.

En passant, ce surplus d’évaporation devrait entrainer mécaniquement plus de précipitations sur la majorité des régions du globe. On peut espérer que cela permette de remédier certains déficits hydriques actuels très préoccupants. Les rendements agricoles devraient en être améliorés de manière significative.

Au dire des pessimistes, la seconde conséquence du réchauffement serait l’amplification des phénomènes météo extrêmes, type cyclones, tsunamis et autres tornades. Là encore, il semble que les statistiques n’enregistrent aucune augmentation notable de ce type de phénomène. C’est juste que ces catastrophes se trouvent d’avantage médiatisées qu’avant, et cela de manière très sélective. Tout le monde a vu dans le cyclone Katrina une illustration spectaculaire du réchauffement climatique. Mais le fait que l’année suivant, il n’y ait eu aucun cyclone notable aux USA n’est pas venu infirmer la théorie.

En fait, la vérité est qu’on n’est pas vraiment capable pour l’instant de prédire et d’expliquer ces phénomènes météo extrêmes. Alors tous les coupables sont bons à prendre. Il y a quinze ans, c’était le diabolique courant El Nino qui nous faisait trembler (tient bizarre, on n’entend plus parle de lui). Maintenant, c’est nos vilains gaz carboniques. Demain, ce sera sans doute les manipulations génétiques sur les sauterelles ou autre chose.

A ce propos, je vous passe le problème des ours polaires. Autant se priver de sushis pour sauver les baleines semble faisable, autant on ne voit pas très bien ce qu’on peut faire pour garder au frais ces plantigrades. C’est vrai, ils risquent de rejoindre bientôt la cohorte des espèces disparues. C’est triste, mais malheureusement le monde ne va pas s’arrêter de tourner pour ça.

Au contraire, le réchauffement climatique est en train de rendre enfin accueillantes de vastes régions inhospitalières : Nord Canadien, Sibérie, Groenland et qui sait, un jour l’Antarctique. Pour une humanité en expansion qui cherche de nouveaux espaces à conquérir, c’est plutôt une bonne nouvelle (car pour Mars, il parait qu'il va falloir patienter encore un bon bout de temps).

Pour l’économie mondiale, seul l’avenir des sports d’hiver est vraiment en cause dans cette histoire. Mais mon petit plaisir égoïste de skieur (et pourtant j’adore ça, snif !!) justifie-t-il vraiment une croisade écologique planétaire ?

Enfin a contrario, imaginez le phénomène inverse : un refroidissement climatique. Les conséquences d’une forte avancée des glaciers seraient redoutables. Alors n’en déplaise à notre tendance naturelle à avoir peur de tout, réjouissons-nous un peu de ce réchauffement. Même si cela veut dire plus de climatiseurs que de radiateurs, ce n’est pas la fin du monde.

02.07.2007

Ecologie incorrecte sur l’effet de serre

La lutte contre les gaz à effet de serre est devenue en quelques années le nouveau fer de lance de l‘écologie planétaire. Pour mesurer l’enjeu, il faut avoir en tête que, sans rire, c’est LE risque pour l’humanité, « bien supérieur au terrorisme » comme nous l’affirme bon nombre d’experts.

De manière aussi rapide qu’inattendu, cet effet de serre dévastateur a propulsé un simple animateur télé au rang de nouvel Abbé Pierre. Tous les médias communient dans un bel unanimisme sur la catastrophe annoncée. A ce rythme, Nicolas Hulot pourra bientôt prétendre au prix Nobel de la Paix, à moins qu’Al Gore ne le coiffe au poteau.

Ce concert d’opprobre contre ces méchants gaz m’a donné envie à revenir sur le fond de l’affaire. Pour cela, je suis parti des deux postulats de base :

1)     Depuis 30 ans, on assiste à une augmentation des températures moyennes à l’échelle de la planète. Cette tendance subie une accélération notable depuis une dizaine d’années.

2)   Durant la même période, l’émission d’origine humaine de gaz carbonique dans l’atmosphère a fortement augmenté, ce qui s’est traduit par une augmentation de sa concentration.

Ces deux affirmations reposent sur des données statistiques maintes fois reconfirmées. Elles sont donc difficilement contestables.

La conclusion de nos amis écolos est donc que tous ces méchants gaz qui sortent de nos pots d’échappement et de nos usines sont responsables du réchauffement actuel. A ce rythme, on va tous griller d’ici quelques décennies.

Pourtant d’un simple point de vue de logique formelle, c’est absurde. Ce n’est pas parce que deux phénomènes sont corrélés, que l’un est la cause de l’autre. Les cas de pareille confusion abondent. Les gens qui tondent leur gazon ont plus souvent des infarctus que les autres. Les tondeuses sont-elles pour autant dangereuses pour le cœur (pour aller plus loin sur le sujet, voir l’excellent livre Freakonomics) ?

Avant de passer pour un dangereux bushiste à la solde des lobbies pétroliers, il me faut poursuivre le raisonnement. On peut se dire que même s’il n’est pas prouvé que les gaz à effet de serre soient responsables du réchauffement actuel, il convient de prendre cette hypothèse très au sérieux et d’agir en conséquence. Cela s’appelle le principe de précaution. Après tout, pourquoi pas, même si on sent bien que l’application systématique de ce principe dans tous les domaines a tendance à entretenir une hystérie sécuritaire, où le remède peut se révéler pire que le mal. Le cas du terrorisme est assez édifiant.

Néanmoins, à l’encontre de l’effet de serre, il existe un fait statistique troublant. Au cours des trois derniers millénaires, l’humanité a connu plusieurs variations climatiques importantes et assez brutales. Les pics de température les plus connus sont ceux de la période romaine et du bas Moyen-âge, avec au contraire un Petit Age de Glace qui a culminé au XVIIIème siècle. A l’échelle du temps long (en millions d’années), les fluctuations de températures semblent avoir été encore beaucoup plus importantes.

Evidemment tous ces changements climatiques se sont produit avec que nos sociétés industrielles n’émettent tout ce vilain gaz carbonique dans l’atmosphère. Les experts reconnaissent qu’ils sont assez ignorants sur les causes réelles de toutes ces fluctuations. La théorie la plus en vogue explique cela par des changements de l’activité du Soleil. Les mesures réalisées depuis soixante ans montrent d’ailleurs une corrélation frappante avec la température moyenne mondiale observée. Cette corrélation est bien plus nette que celle sur la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Mais prudence cependant, car encore une fois, corrélation n’est pas preuve.

En tout état de cause, il faut donc accepter le fait qu’il existe d’autres causes possibles aux hausses de température observées actuellement. Ne pas le reconnaitre serait éminemment anti-scientifique.

Voilà qui fragilise beaucoup la théorie de l’effet de serre. Mais il nous faut un coupable à notre transpiration. Et c’est bien pratique que ce coupable soit un humain, riche de surcroit. On ne peut pas attaquer le Soleil en justice ! ;-)

19.11.2006

Tiers Monde : des taudis pour l’éternité ?

Il est intéressant d’analyser l’explosion des bidonvilles dans les pays sous développés en relation avec le problème du réchauffement de la planète.

 

Ces immenses bidonvilles sont de vrais cloaques, le plus souvent construits aux abords (voir parfois au dessus !) de décharges toxiques, ce qui entraine des maladies chroniques parmi les habitants et un effroyable taux de mortalité (infantile en particulier).

 

Autant dire que dans pareil environnement, savoir si la Terre se réchauffera de 2 ou 5 degrés dans un siècle est le dernier des soucis des habitants de ces taudis urbains. Ces miséreux qui luttent chaque jour pour leur survie ont d’autres problèmes écologiques autrement plus urgents à traiter.

 

Par une cruelle ironie du sort, la préoccupation croissante des pays riches concernant la lutte contre l’effet de serre risque d’enfoncer encore un peu plus ces bidonvilles du Tiers Monde.

 

En effet, aider ce milliard de gens à accéder à un niveau de vie décent implique des investissements lourds en services collectifs : eau potable, logements décents, infrastructures de transport jusqu’aux centres de travail. Cette élévation du niveau de vie d’un milliard de très pauvres se traduira forcément par une augmentation significative d’émissions de gaz à effet de serre.

 

Déjà, il existe un décalage énorme entre les nobles discours sur l’éradication de la pauvreté et la réalité des efforts entrepris par les pays riches (qui consacrent moins de 0,7% de leur PIB à l’aide au développement). Mais à l’avenir, il sera très tentant d’enrober cette absence de réelle volonté politique dans le domaine par de sublimes discours écologiques !

 

Décidément, il ne fait pas bon de vivre dans un bidonville au XXIème siècle.

 

02.11.2006

Effet de serre : la fiscalité plutôt que les bons sentiments

J’ai mentionné dans une note précédente la critique de Claude Allègre sur le protocole de Kyoto. Depuis, il s’épanche dans les médias pour mettre en doute la réalité du réchauffement climatique. Des mauvaises langues disent qu’à l’époque, il faisait aussi l’apologie de l’amiante avant l’interdiction de cette substance… Je me garderai de rentrer dans cette polémique dont j’ignore tout.

 

Néanmoins, sur la critique du protocole de Kyoto, Claude Allègre est rejoint par l’économiste démocrate Josef Stiglitz qu’on peut difficilement suspecter de Bushisme aigu. Cet ancien conseiller de Bill Clinton propose dans son nouveau livre Un Autre Monde une alternative intéressante aux déclarations d’intentions idéalistes de Kyoto. Il propose une alternative crédible par la fiscalité. Plutôt que d'essayer de répartir maladroitement des droits à polluer à chaque pays (sur lesquels les pays riches et pauvres n'arriveront jamais à se mettre d'accord), mieux vaudrait augmenter massivement la fiscalité sur le pétrole. Cela aurait un double avantage :

 

1)       chaque Etat collecterait de l'argent (à hauteur de sa pollution); ce qui lui permet à sa guise, soit de baisser d'autres taxes, soit de financer de nouveaux projets

 

2)       le renchérissement du prix du pétrole est la meilleure incitation à faire des économies et à développer des alternatives propres.

 

La fiscalité, c’est moins glamour que les belles déclarations d’intention. Mais l’expérience montre que c’est souvent plus pragmatique.