16.04.2008
L’éternel débat sur l’âge légal du départ à la retraite
Avec le début de mise en application de la réforme de la loi Fillon de 2003, on a replongé dans le débat crispé sur les retraites. Le passage de 40 à 41 ans est très mal accepté par une partie de la population. Qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra passer à 42, 43 voir 45 années de cotisations ?
Malgré l’augmentation très forte de l’espérance de vie, beaucoup de gens s’accrochent à la retraite à 60 ans. Cela peut paraitre paradoxal. Mais la retraite est vue de plus en plus comme des grandes vacances. Dans cette logique, il est important de prendre lesdites vacances le plus tôt possible et en bonne santé, pour en jouir pleinement. D’où une très forte résistance à l’allongement de la durée professionnelle, malgré les évidences démographiques.
On peut certes déplorer cet était d’esprit qui survalorise les loisirs au détriment du sain travail. Mais chercher à inverser la tendance est une cause perdue. Il parait très difficile d’aller contre le mouvement général de notre société vers toujours plus d’hédonisme narcissique.
De plus, à ce problème d’âge légal de la retraite, s’ajoute le très fort taux d’inactivité des seniors dans les années qui précèdent leur sortie officielle du marché du travail. Il règne d’ailleurs autour de ce sujet un savoureux déni de réalité. Le décalage est frappant entre les discours lénifiants (de type, il faut encourager le travail des séniors et vaincre les réticences culturelles) et le froid rationalisme appliqué par les DRH chargés des embauches (les seniors coutent plus chers, mais sans que cela ne se traduise forcément par une meilleure productivité).
Alors toute réforme des retraites visant à rallonger la durée du travail serait condamnée à générer un fort mécontentement des citoyens ?
Une piste pour contourner la charge symbolique du problème serait de supprimer l’âge légal de départ à la retraite. Après tout, libre à chacun de solder sa retraite 40, 50, 60 ou 70 ans. Evidemment, plus on décide de partir tôt, moins on touche par mois. La retraite n’est jamais que la transformation d’un capital bloqué en rente viagère. D’ailleurs, si vous allez voir votre banquier avec un pécule, il saura vous dire en fonction de votre âge précisément combien vous pouvez toucher par mois en rente. Au lieu d’imposer un choix de société à tout le monde (qui laissera toujours des mécontents), chacun serait libre d’arbitrer en son train de vie et ses loisirs.
De quoi décrisper le débat. Euh, j'ai raté un truc ?!
21:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : retraites, seniors, rentes
16.06.2007
La feuille de route idéale de l’Etat pour le développement économique
Une fois le principe d’égalité des chances établi, d’autres conditions sont nécessaires au développement économique. On peut essayer de résumer une sorte de feuille de route que tout Etat (qu’à priori on imagine soucieux de son efficacité) devrait tenter de suivre :
1) Garantir le respect de la propriété privée (pas d’expropriation abusive), seule manière d’encourager l’investissement et l’épargne
2) Garantir les libertés individuelles contre toutes les formes de tyrannies (intimidation, violence et corruption)
3) Garantir l’application des lois et des engagements contractuels entre parties
4) Réagir de manière rapide, pondérée et impartiale face aux besoins de la population
5) Rechercher l’efficacité et la productivité maximale des services publics
6) Lutter contre toutes les formes de rentes de situations qui maintiendraient à certains agents économiques des privilèges disproportionnés par rapport à leur contribution objective.
Ces idéaux sont utopiques. Aucun Etat n’y adhère à 100%. Assez loin de là. Comme pour tous les idéaux politiques, il y a des « recette de gauche » et des « recettes de droite ». Parfois assez justes, parfois un brin tendancieuses.
La lutte contre les rentes au sens large en donne un exemple illustratif. Chaque famille politique a une tendance innée à défendre avant tout les fromages de son électorat. C’est assez compréhensible d’ailleurs. Quelqu’un peut-il me dire s’il a déjà rencontré un machin qui s’appelle « l’intérêt général » ?
10:38 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : développement économique, rentes, productivité, Etat, services publics

