22.03.2009
Internet, la machine à broyer les situations acquises
On sait qu’une partie de l’industrie musicale est malade, car elle n'a pas compris les changements radicaux qu’imposaient Internet à son modèle. En France, peu de gens ont encore conscience que le modèle traditionnel de la presse écrite (et de la télé d’ailleurs) est aussi en passe d’être broyé. Pour lire une des synthèses les plus radicales sur la question, voir le magistral article de Clay Shisky.
Entre autre défi, la publicité sera de moins en moins capable de subventionner la presse. Le fait de pouvoir enfin mesurer de manière très précise l’impact d’une publicité provoque un effondrement des CPM réels.
Intéressant, cette irruption du tout quantitatif va aussi avoir des impacts majeurs sur le marché de la publicité lui-même. L’effondrement des CPM a une conséquence radicale : seuls les acteurs les plus productifs seront capables de survivre. Or dans la publicité, la seule manière d’être hyper productif est d’investir massivement dans la technologie. Cela promet d’être très difficile pour beaucoup d’acteurs traditionnels de la pub qui n’ont absolument pas cette culture.
Ce n’est pas un hasard si Google, le leader incontesté de cette tendance technologique, vient du monde du software et non de celui de la publicité. Il y a de fortes chances que les leaders de demain aient suivi un chemin similaire. A suivre. :-)
17:33 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse, publicité, google, musique
14.03.2009
Hadopi : désinformation, ridicule et gâchis
Je viens de finir un livre édifiant sur la débâcle française de Mai 1940, et cela m’a rappelé… la loi Hadopi. Quel rapport me direz-vous ?
Dans les deux cas, nos chères élites ont raté une révolution technologique majeure et s’enferrent dans une vision du monde totalement obsolète. Bien sûr, les conséquences d’Hadopi seront moins dramatiques. On va juste tout droit au ridicule et à un gros gâchis.
Depuis que la loi est revenue sur le devant de la scène médiatique, j’entends sur les médias officiels une telle dose de ce qu’il faut bien qualifier de désinformation massive, que je n’ai pas pu m’empêcher de revenir sur le sujet avec cette note.
On nous répète en boucle que si on ne fait rien, les méchants pirates risquent de tuer la création musicale. Cette affirmation repose sur une confusion majeure entre marché du CD et marché de la musique.
Oui, il est vrai que le marché du CD subit une véritable descente aux enfers. Et ce n’est qu’un début. Sa mort est programmée, car ce support est tout simplement devenu obsolète. Je peux comprendre que ceux qui ont vécu dessus pendant 20 ans ne soient pas contents. Mais on n’y changera rien.
Par contre, la musique est en excellente santé : les concerts petits et grands sont pleins, la création est prolifique, on n’a jamais eu autant de musiciens amateurs et professionnels. Ce dynamisme est en grande partie dû à Internet et notamment aux… facilités du téléchargement. Comme le fut en son temps la radio, Internet est en effet un formidable canal de promotion pour la plus importante source de revenus des artistes : les concerts (ainsi que les produits dérivés pour les plus entreprenants).
Et contrairement à la radio, Internet bénéficie avant tout aux petits artistes malins (et talentueux quand même !). Le web leur offre en effet des moyens de promo d’un rapport puissance / coûts sans équivalent dans le passé. On pourrait faire le même raisonnement pour les films : le DVD est en perte de vitesse, mais les salles de cinéma ont battues en 2008 des records de fréquentation. La formidable puissance promotionnelle offerte par un Allociné a certainement un rôle dedans.
Pour revenir à la loi Hadopi, outre qu’elle promet d’énormes difficultés juridiques sur son application, elle entraine un détestable climat de flicage et de suspicion sur le net. Après on s’étonnera que certains internautes deviennent paranos sur la protection de leur vie privée ! On n’a pas finit de voir les dommages collatéraux de cette loi stupide sur le e-commerce et le développement de l’économie numérique.
Le comble du ridicule est que Hadopi est déjà techniquement complètement dépassée (voir ce post très drôle). Son triste destin est de rejoindre au cimetière la loi DADVSI. En attendant que nos chères élites politiques comprennent enfin comment marche Internet, et les implications économiques que cela entraine.
20:24 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : loi hadopi, musique, cinéma
08.02.2009
Retour sur les entrepreneurs et la chance
Désolé, plus beaucoup de temps pour blogger. Ma petite entreprise m’accapare de plus en plus. Alors, juste une petite note rapide et puis, je vais sans doute mettre ce blog en sommeil pour quelques temps.
Petit retour sur la chance. Oui, oui, le métier d’entrepreneur nécessite de la chance. Mais au fait, c’est quoi la chance ? Ben, c’est avant tout un ou une succession d'événements qui ont bien tourné. Donc si je peux trouver pleins de choses à faire où dans 95% des cas, cela va marcher, la vie est belle. L’ennui est qu’en général on ne maitrise pas tout, et donc que souvent la chance dépend pas mal du hasard, même si après coup, on aime bien se dire que tout était prévu.
Cela dit, j’adore cette remarque d’un grand patron dont j’ai oublié le nom :
Bizarrement, plus je travaille, plus j’ai de la chance. :-)
15:36 Publié dans Startups | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : entrepreneurs, chance
23.12.2008
Quelques technologies qui pourraient booster le monde de demain
Quelle sera la locomotive économique du XXIème siècle ? Quelle technologie saura offrir une proposition de valeur radicale assez irrésistible pour que les ménages cassent durablement leur tirelire pour ça ?
Au grand jeu de la boule de cristal, voici une sélection de trois candidats : les jeux vidéo, les bio-extensions et la robotique domestique. Il y en a pleins d’autres, mais ceux là sont très intuitifs.
Commençons par les jeux vidéo. C’est déjà une énorme industrie, qui a dépassé le cinéma. Néanmoins, à l’échelle de l’économie globale, son poids reste encore modeste. Les jeux vidéo ont beau avoir fait de gros progrès, cela reste un simple loisir distrayant. Pas de quoi faire dépenser des sommes folles au grand public (sauf pour quelques hardcore gamers qui restent ultra minoritaires)
La raison en est simple. Dans l’état actuel de la technologie, les sensations qu’on ressent au travers des jeux vidéo ne sont pas assez intenses. Mais imaginez un jour des jeux vidéo si réalistes qu’ils puissent être une vraie alternative à la réalité. Des sensations de la même intensité que la drogue, une sorte de paradis de synthèse. On en est encore très loin. Mais il suffit de se laisser bercer par la science-fiction pour voir que c’est tout à fait envisageable.
Second candidat potentiel, les bio-extensions. A ce jour les progrès médicaux sont impressionnants. L’ennui, si l’on peut dire, est que ces progrès s’adressent par définition aux gens malades ou mutilés par la vie. Or (fort heureusement) la majorité de la demande solvable est bien portante. Il faut donc créer des choses qui intéressent ces millions de (riches) biens portants. Imaginez des extensions biomécaniques qui étendent les facultés humaines. Les gens seraient prêts à payer très cher pour accéder à des pouvoirs de super héros : une vision ultra précise, une force décuplée, une ouïe ultra fine. Le marché potentiel de cette « médecine de sensations » est énorme.
Troisième candidat, la robotique domestique sur laquelle les japonais investissent lourdement. Il reste encore beaucoup de progrès à faire, mais les prototypes sont déjà impressionnants. Les applications sont énormes : garde d’enfant, taches ménagères, assistance aux personnes âgées. Là encore, quand les produits seront au point, la demande suivra.
Aujourd’hui une famille est prête à investir 20.000 euros (à crédit) pour une voiture, avec la promesse de liberté, d’autonomie et de sensations. On peut tout à fait imaginer que demain, elle investisse la même somme dans un robot qui la libère complètement des tâches ménagères et de la garde d’enfants. Toyota y croit dur comme fer, et prédit qu’à l’horizon de 2025, le marché sera supérieur à celui de la voiture. On verra bien.
Ces trois exemples sont avant tout illustratifs. Dans la vraie vie, il est très possible que la révolution technologique vienne d’un domaine totalement inattendu. Comme l’Internet d'ailleurs, que personne n’avait prévu. Surtout pas les majors du disque.
14:00 Publié dans Création d'entreprise, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jeux vidéos, robotique domestique, bio-extensions, technologie future, toyota

