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31.01.2006

Appauvrissez-vous !

C'est le titre d'un remarque livre de François de Witt, qui est chroniqueur à France-Info. Il s'agit d'une réflexion sans langue de bois sur le déséquilibre de richesse entre les générations. On y apprend notamment que malgré les incitations fiscales, la part distribuée en 2000 par les seniors atteint à peine 0,8 % de leur patrimoine. Ce qui est assez insignifiant. De plus, une grande partie de ces dons concerne seulement la nue-propriété sans l’usufruit. Cette bizarrerie juridique rend cette maigre générosité assez artificielle. A quoi sert d’hériter d’un patrimoine si on ne peut pas en jouir ? Un intermédiaire financier cité par l’auteur, résume la situation : « Ne vous faites pas d’illusion, c’est en fait le radinisme qui pousse aux dons. On est généreux dans les limites fixées par l’Etat. S’il n’y avait pas d’avantage fiscal, cet argent ne sortirait pas. » Le diagnostic est limpide et sans concessions. Les pistes proposées impliquent un changement radical des mentalités. Ce qui malheureusement est loin d’être acquis.

15:50 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

27.01.2006

Euro versus dollar

Comment va évoluer le taux de change euro -dollar ? Comme tout journal économique qui se respecte, Les Echos publient presque quotidiennement un article sur l'évolution des taux de change. Hier, on pouvait lire que "l'Euro n'a pas réussi à percer la barre des 1,23 dollars". Ce vocabulaire guerrier est terriblement trompeur. Dans le jargon militaire, "percer" les lignes ennemies est souvent synonyme de victoire. Mais peut-on affirmer que la montée de l'Euro au dessus de 1,23 dollar serait une bonne nouvelle ? Rien n'est moins sûr. Au contraire, il existe un consensus assez fort des économistes pour estimer que l'Euro est surévalué par rapport au dollar. De même l'autre jour, on pouvait lire que "l'Euro a connu un accès faiblesse en redescendant sous la barre des 1,21 dollars". C'est faiblesse est très relative, et ne vient que du fait qu'en se focalisant sur les micro-baisses quotidiennes, on oublie complètement qu'au global on se trouve dans une période historique où l'Euro est anormalement fort. Bref, les journalistes qui doivent couvrir les évolutions au jour le jour des monnaies avec la contrainte de maintenir l'attention du lecteur, en sont réduits à utiliser des expressions assez perverses qui suggèrent le contraire de la réalité.

11:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

24.01.2006

TVA et Europe

Ces derniers jours, la France s'est livrée à un baroud d'honneur auprès de ses collègues européens sur la TVA réduite pour les restaurateurs. Il semble bien que la promesse électorale de Chirac ne sera pas tenue, car les Allemands n'en veulent pas. Les arguments de part et d'autre sont comme toujours légitimes, mais la France est pour l'instant encore trop affaiblie par le non au référendum pour imposer quoi que ce soit à ses partenaires européens.

De toute façon, à mon sens, le débat est mal posé. Le problème n'est pas de savoir si on va réussir ou non un jour à convaincre les Allemands de la pertinence de la TVA réduite pour la restauration. Le problème est de savoir s'il est judicieux de traiter cette question au niveau européen. Tout le monde plaide pour l'harmonisation fiscale européenne pour éviter le dumping entre pays. Mais s'il y a bien un domaine où cela n'a pas de sens, c'est la restauration. Comme tous les services locaux, ils se sont pas délocalisables. Donc imposer une TVA commune sur la restauration dans tous les pays d'Europe est une aberration. Un restaurateur de Berlin n'est pas en concurrence avec son collègue parisien.

Il serait bien plus urgent d'harmoniser le taux d'imposition sur les sociétés ou même celui de l'impôt sur le revenu des personnes. Là l'enjeu est majeur. En se crispant sur des mauvais débats, l'Europe joue contre elle et ne fait que renforcer les Euro-sceptiques de tous bords.

09:33 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

18.01.2006

Encourager les cadres à la création d'entreprise

Beaucoup d'idées reçues circulent sur les entrepreneurs. L'une des plus tenaces assimile le personnage de l'entrepreneur à un autodidacte. De fait, il y a en effet beaucoup d’autodidactes comme créateurs. Tout simplement parce qu’il existe beaucoup de gens sans diplôme. Mais au global, il n’y a pas de corrélation entre niveau d’études et vocation d’entrepreneur.

 

Par contre, ce qui est net, c’est que le succès croît avec le niveau d’étude. Le taux de survie des entreprises créées par des diplômés du supérieur est de 75 % au bout de six ans. Voilà qui est nettement mieux que la moyenne nationale (qui est de 50 % au bout de 5 ans).

 

Encore plus fort, trois ans après leur création, ces entreprises « diplômées » comptent une douzaine de salariés et, après six ans, une vingtaine. A comparer avec la taille moyenne des nouvelles entreprises en France : cinq années après leur création, elles comptent seulement 3 ou 4 salariés.

 

Un bagage culturel et scientifique supérieur est donc très précieux. Il permet notamment d’étendre le spectre de projets possibles. Un ingénieur électronicien peut choisir soit de lancer une entreprise de pressing, soit de composants électroniques, alors que celui sans diplôme n’aura pas cet éventail de choix. Même dans ce domaine très particulier, l’enseignement supérieur a un rôle clé à jouer.

 

Plus important encore, ces diplômés sont en général plus ouverts à s’associer pour rechercher des compétences complémentaires. Quitte à partager le pouvoir et à ouvrir leur capital. Pour avoir une vraie chance de passer un jour le cap des dix employés, une entreprise doit au départ réunir au moins 100 000 euros de fonds propres. C’est beaucoup pour un individu. Il faut donc encourager les aventures collectives. Pourquoi pas des réductions de charges sociales pour les nouvelles entreprises dont aucun actionnaire ne détient plus de 80 % du capital à lui tout seul ? Cela inciterait les entrepreneurs trop solitaires à s’associer. Et aussi à rechercher la compagnie d’investisseurs financiers indispensables à la capitalisation optimale du projet. Ces derniers peuvent d’ailleurs avoir un rôle de conseil inestimable auprès du dirigeant. La solitude inhérente de l’entrepreneur est un des aspects les plus délicats à gérer pour le créateur.

 

17:52 Publié dans Création d'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur

12.01.2006

Crédit Impôt Recheche : un bijou que le monde nous envie

Lorsque j’entend dire que la France est un pays qui décourage l’innovation et la création d’entreprises, cela me laissé médusé. En général, soit mon interlocuteur se complait dans un pessimisme auto flagellant (grande spécialité de nos élites), soit pire (ou mieux), il est totalement ignorant des aides qui existent en la matière.

 

Je fais allusion en particulier au Crédit Impôt Recherche, qui est un des meilleurs mécanismes au monde pour l’innovation dans les PME. Ce système remarquable nous est envié par tous les autres pays industrialisés (à commencer par les Etats-Unis qui cherchent à s’en inspirer). L’ennui est que son mécanisme est mal connu, même des soi-disant professionnels.

 

La confusion vient en partie de son intitulé. En effet, il ne s’agit pas simplement de payer moins d’impôts sur les bénéfices, mais pour les jeunes entreprises (qui sont le plus souvent en déficit les premières années) de recevoir une subvention directe, qui peut vite couvre une très grande partie de leur effort de R& D. Les innovations du cru 2006 du CIR rendent le mécanisme encore plus intéressant : la proportion assiette actuelle / assiette incrémentale passe de 5%-45% à 10%-40%. Encore plus spectaculaire, l’assiette de calcul pour un jeune titulaire d’un doctorat passe à 400 % du salaire, ce qu’il fait que la première année, il « rapporte » à l’entreprise deux fois son coût ! Qui dit mieux ?

 

De plus le CIR se rajoute au statut de Jeune Entreprise Innovante qui permet de ne pas payer de charges sociales patronales pendant 7 ans, et cela sans plafonnement sur les salaires ! C’est bien la première fois qu’il existe un mécanisme de baisse de charges autre que sur les petits salaires. Quelle meilleure incitation à investir dans la matière grise ?

 

Bref, la combinaison CIR et JEI, c’est fromage et dessert ! Pour ceux que cela intéresse de comprendre le mécanisme en détail du CIR (et pour tous les patrons de jeunes pousses innovantes, ce serait un crime que de l’ignorer), aller sur

 

http://www.recherche.gouv.fr/brochure/cir2005.pdf

 

La seule chose qui manque vraiment au CIR, c’est un remboursement trimestriel (comme la TVA) et non annuel. En effet, la contrainte majeure d’une jeune société est la trésorerie et il est dommage qu’un mécanisme d’aide aux PME ignore ce point crucial. Allez, encore un effort Messieurs les législateurs, et vous transformerez la France en la Mecque de l’entreprenariat ! A condition bien sûr qu’il y ait assez de vraies vocations. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

10:21 Publié dans Création d'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur

11.01.2006

Petits boulots pour résorber le chômage ?

Il est intéressant de regarder les fluctuations de postes dans le secteur des services aux personnes. Sur quinze ans, les années fastes sont entre 1993 et 1998 avec un taux de croissance supérieur à 6 %, qui culmine à 12,7 % en 1995. Les créations de poste s’effondrent en 1999 et 2000. En terme macro-économique, ce sont pourtant des années de croissance exceptionnelles.

 

Cela montre à quel point ce secteur des services aux personnes vit en apesanteur. Les variations annuelles s’expliquent bien davantage par des dispositifs publics (type chèque emploi-service et baisses d’impôts pour les emplois à domicile) que par la conjoncture économique. Au global, on n’enregistre d’ailleurs pas de retard particulier de la France dans ce domaine par rapport aux autres grands pays industrialisés.

Les métiers de services à faible productivité sont perçus comme trop chers. Ce qui leur met une pression considérable pour justifier leur existence.

 

D’ailleurs beaucoup de ces « petits » métiers ont disparus (cireur de chaussure) ou sont moribonds (pompiste). Certains penseurs sociaux fantasment encore sur ce fameux réservoir immense : poinçonneur, ouvreuse de cinéma et autres jongleurs de rue. Avec l’espoir fou de les réhabiliter pour résorber le chômage. Cela paraît séduisant. On donne du travail aux gens tout en recréant un lien social qui nous manque tant. Noble programme.

 

Mais si ces métiers ont disparu, il y a une bonne raison. Ces services ont une productivité trop faible pour se faire une place au soleil. L’écart en valeur avec le reste de l’économie est devenu trop fort. Et les consommateurs n’acceptent plus de payer cet écart. Ce qui ruine la viabilité du projet, à moins de le subventionner au prix fort.

 

 

 

18:38 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

06.01.2006

Les services à la personne sous pression

Certains secteurs d’activité bénéficient d’augmentations régulières de leur productivité. C’est le cas de l’agriculture, de la majeure partie des secteurs industriels et d’une partie des services.
Au contraire, certains métiers voient leur productivité stagner depuis des années. C’est le cas des gardes d’enfants, mais on pourrait en citer beaucoup d’autres comme les plombiers, les femmes de ménage, les gardes-malades. De façon générale, une grande partie des services aux particuliers n’ont que très peu amélioré leur productivité au cours des dernières décennies (parfois depuis des siècles, ce qui est probablement le cas des baby-sitters qui devaient être aussi efficaces du temps de l’Empire romain, voire du Néolithique). Cela tient à la nature même de ces métiers qui rend très difficile tout progrès significatif dans ce domaine.
En particulier, tout métier de service qui implique un lien humain fort (la garde d’enfants en est un cas typique) est délicat à améliorer. En voulant augmenter l’efficacité, on risque fort de diminuer la qualité. Cette qualité de service repose en effet en grande partie sur l’intensité du lien humain. Le sourire de l’infirmière qui prend le temps de remonter le moral de ses malades, n’est pas industrialisable. Pour maintenir un haut niveau de qualité dans son travail, sa productivité est condamnée à stagner . De fait, il est très difficile de tirer les salaires de ces professions vers le haut, sauf à les subventionner d'avantage. Il ne faudrait pas que sous pretexte de relancer les services à la personne (censés être un réservoir sans fonds de jobs pour résorber le chômage), on accélère la paupérisation des salariés concernés.

 

09:41 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE

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