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29.04.2006
L’Ajax, le nouveau détergeant surpuissant
Pour ceux pour qui l’Ajax n’évoque qu’une poudre blanche qui sert à récurer les baignoires, il est grand temps de se mettre à jour. Les insiders du web savent en effet que l’Ajax est aussi une nouvelle approche pour optimiser la navigation par Internet. Certains adorateurs en font même un composant essentiel du Web 2.0. Sans rentrer dans les détails techniques qui n’intéressent que les geeks, il faut retenir que l’Ajax permet de réduire fortement la quantité de données échangées entre le navigateur et le site web. La conséquence pratique en est une bien meilleure fluidité et réactivité des applications.
L’Ajax permet donc d’enfin gommer la différence de fluidité entre une application déportée et une application locale. Prenons l’exemple du gestionnaire de messagerie. Jusqu’à maintenant, même avec la meilleure liaison ADSL du monde, il restait nettement moins agréable d’utiliser Yahoo!Mail que son bon vieux Outlook. Tout simplement parce qu’à chaque clic sur Yahoo!Mail, il faut recharger une page. Mais avec l’Ajax, seuls les informations critiques sont transmises. La page semble donc réagir de manière dynamique, comme en local. Les utilisateurs de Gmail qui ont découverts cette délicieuse sensation, sont tous devenus accros.
Soit. Mais au-delà de cet aspect cosmétique, pourquoi y-a-t-il autant de buzz autour de l’Ajax ? C’est que cette nouvelle fluidité a des implications énormes. En particulier une sérieuse menace sur le monopole de Microsoft. Rien que ça ! En effet, s’il n’y a plus besoin d’avoir ses logiciels en local pour travailler, plus besoin non plus d’un système d’exploitation complet. A la lumière de cette révolution, on comprend mieux l’extraordinaire valorisation de Google. Peser 125 milliards de dollars sur un simple modèle de vente au clic parait un peu excessif. Cela l’est nettement moins si l’ambition future est de vendre une nouvelle génération de PC à moins de $ 100, qui, grâce entre autre à l’Ajax, n’ont plus besoins ni de Windows, ni de disque dur.
Pour que ce monde merveilleux se concrétise, il faut encore supposer que les connections Internet deviennent aussi banales que l’électricité. Ce qui, avec la croissance actuelle de la couverture 3G, Wifi, et bientôt Wimax, semble assez crédible.
En passant, pour une belle démonstration d’Ajax, je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer sur la home page de Criteo.
15:00 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
24.04.2006
La vraie fin du monopole audiovisuel
A l'occasion de la levée de fonds de Criteo, ma nouvelle société, j'ai déjeuné avec Rodrigo Sepulveda, acteur incontournable de la blogsphère. Tellement incontournable qu'en tapant "Rodrigo" (qui est quand même un prénom très courant) sur Google, son blog arrive en première position. Entre la poire et le fromage, il a dégainé sa mini caméra et j'ai eu droit à une interview improvisée. On est frappé par la qualité de la bande son alors que pourtant on était dans un restaurant de Saint Augustin très bruyant. Si avec un appareil à 150 euros, on peut faire des interviews aussi facilement et les poster sur le web dans la foulée, on peut s'attendre à ce que l'immense majorité des scoops audiovisuels des prochaines années soient diffusées par des non professionnels. Il restera le problème du contrôle de l'intégrité de l'information qui semble préserver la domination des medias officiels. Néanmoins avec la montée en puissance des mécanismes du Web 2.0 , les choses pourraient changer rapidement.
19:20 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur
20.04.2006
Les vrais défis du Long Tail
Bienvenu dans le royaume merveilleux du « Long Tail ». Par cette expression, on désigne le fait que l’exploitation d’un fond de catalogue peut générer un volume d’affaires équivalent, voir supérieur, à celui des blockbusters. Pour plus de détail sur ce buzz word à la mode, on peut se référer à l’excellent article de Wikipedia sur le sujet. Amazon.com génère donc d’avantage de chiffre d’affaire sur l’ensemble des livres à faible diffusion que sur les best sellers. Etonnante magie de l’Internet. La fameuse règle de la grande distribution qui veut que 10% des produits existants représentent 90% des ventes n’est plus de mise sur le web. Cela vient du fait que, contrairement à un magasin physique, on peut prése
nter un nombre presque infini de références produits pour un coût incrémental très faible. En théorie, les sites marchands peuvent donc offrir l’intégralité de l’offre disponible. Pour eux, plus besoin de se spécialiser. Le rêve quoi. Avec un bon outil de recherche intégré, le site de e-commerce présente tous les produits, même les plus excentriques qui n’intéressent qu’une poignée de clients. C’est ce qui a fait le succès d’eBay dans les objets de brocante. Tout ça semble idyllique, mais il y a un revers à la médaille. Proposer des millions de produits implique que le client sache… ce qu’il cherche ! En effet, il est impossible de visualiser sur son écran toutes ces références. Or bien souvent justement, le client n’en sait rien, ou alors de manière très imprécise. Il veut « une nouvelle chemise sympa » et non « une chemise en lin jaune avec un motif rasta au dos ». Un outil de recherche traditionnel est incapable de sélectionner une « chemise sympa », d’autant que le sympa est spécifique à chacun d’entre nous. Tous ceux qui un jour se sont retrouvés coincé dans le 15ème laborieux sous menu en arborescence d’un site « où il y a tout », à la recherche de l’introuvable perle rare, savent de quoi je parle. Cela veut dire que pour vraiment exploiter ce fameux Long Tail, il faut en parallèle inventer de nouveaux outils de navigation dans ces catalogues géants. Sinon, ce trop plein d’informations va finir par lasser même les acheteurs les plus intrépides. En passant, les blogs sont déjà confrontés au même problème de pertinence. Cela me fait une belle jambe de savoir qu’il y a 3 millions de blogs en France. Dans tout ce fatras, comment trouver ceux qui m’intéressent, sans tâtonner au hasard en y passant un temps énorme ?
18:25 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.04.2006
Le web 2.0 mérite-t-il autant son buzz ?
Qu’est ce que le Web 2.0 ? Par cette expression, on cherche à décrire cette nouvelle tendance qui secoue l’Internet depuis 2 ans. En bref, l’idée est de que la fabrication du contenu du web ne provient plus de sources centralisées, mais est réalisée par l’apport collaboratif des utilisateurs. Probablement le site le plus emblématique de ce principe est Wikipedia, l’encyclopédie en ligne rédigée par les internautes. L’explosion des plateformes de blogs personnels est un autre aspect du phénomène.
Pourquoi parle-t-on autant du Web 2.0 dans le cénacle des experts de l’Internet ? De fait, les sites web traditionnels font face à des défis très difficiles pour assurer une qualité de service attractive. Cela vient de plusieurs constats :
- la production d’un contenu de qualité coute très cher, sans parler de sa maintenance
- les internautes sont de plus en plus attentifs à l’intégrité des contenus
- l’aspect temps réel d’Internet rend la maitrise du contenu très compliquée
- la personnalisation des contenus pour chaque utilisateur est un vrai casse-tête
Les approches collaboratives du Web 2.0 résolvent de manière élégante ces difficultés. En confiant la production du contenu aux internautes, on s’affranchit de toutes ces contraintes. On peut combiner le temps réel et la diversité produite. En combinant cela avec des outils de recherche avancée, on construit des plateformes dont le rapport qualité / prix est imbattable par rapport aux approches des médias traditionnels. Il reste l’épineux problème de l’intégrité des informations. En permettant à tout le monde de produire de l’information, comment peut-on s’assurer que le contenu ne sera pas biaisé, voir franchement trompeur ?
Il existe plusieurs pistes pour cela. La première est de faire une relecture critique du contenu avant (ou après) publication. Si la masse d’information est raisonnable, cela peut être confié à des professionnels. Une alternative très intéressante est de faire réaliser ce contrôle par les internautes, par exemple par un système de votes. L’idée est que si une majorité de gens déclarent un contenu biaisé, alors il y a de fortes chances pour qu’il le soit. Bien sûr, cela peut conduire à éliminer quelques perles exotiques de qualité. Mais statistiquement, dans l’immense majorité des cas, ce contrôle démocratique se révèle étonnamment efficace. Les meilleurs contenus émergent tout naturellement de la masse. La qualité de Wikipedia qui rivalise en qualité avec la très chère Encyclopédie Britannicus, en atteste. Voilà pourquoi cette approche collaborative dite Web 2.0 est promise à un grand avenir.
20:30 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
10.04.2006
Inégalités entre locataires
L’investissement immobilier locatif dépend de la rentabilité brute locative, à savoir le rapport entre le montant annuel des loyers et celui de la valeur d’achat d’un bien. De manière surprenante, on constate que plus on s’éloigne des quartiers chics, plus cette rentabilité locative est élevée. Pourquoi les locataires des quartiers défavorisés payent-ils une surprime relative ? On retrouve en fait les mêmes raisons qui font que la rentabilité locative des petites surfaces est supérieure à celle des grandes. Les gens aisés préfèrent acheter que louer, les pauvres n’ont souvent pas d’autre choix que la location. De fait, cela entraine le paradoxe que la demande locative est structurellement supérieure dans les secteurs peu côtés (donc pauvres) que dans les secteurs les plus recherchés (traduisez riches). D’où une rentabilité supérieure pour l’investisseur. On constate donc que l’application mécanique de l’offre et de la demande entraine une distorsion peu sympathique au détriment des plus démunis. Voilà qui entaille la belle réputation de neutralité du marché.
Autre conséquence de cette situation : si vous envisagez de vous installez dans les quartiers les plus côtés, il est rationnel de rester locataire (a fortiori si vous visez une grande surface). Vous aurez la joie d’imposer à votre malheureux propriétaire une rentabilité locative nette inférieure à 2%. C’est toujours en prenant le marché à contre pied qu’on fait les bonnes affaires.
19:23 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
07.04.2006
Mirage des Carottes Immobilères
Certaines personnes semblent tellement obnubilées de payer moins d’impôts que cela induit parfois des comportements assez irrationnels. Il existe dans l’immobilier une niche fiscale particulièrement étonnante, la loi sur la sauvegarde du patrimoine. Ce dispositif permet en gros de déduire du revenu imposable l’ensemble des travaux réalisés sur la réhabilitation d’un bien, à partir du moment où on s’engage à le louer au moins 6 ans. Dans la pratique, cela permet à certains gros contribuables d’échapper non seulement à l’impôt sur le revenu, mais grâce au nouveau bouclier fiscal, d’échapper aussi à l’ISF.
Un certain nombre de marchands de biens malins ont bien comprit le parti à tirer de la situation. Ils packagent des beaux programmes de réhabilitation qu’ils vendent aux contribuables avec l’argument choc : « vous avez devenir propriétaire d’un superbe bien immobilier tout en neutralisant vos impôts. » Cela semble irrésistible. Mais il y a un hic. Ces programmes sont pour la plupart très chers, à la fois sur le foncier et surtout sur les travaux. Dans la pratique, une fois rénové, on a souvent payé son bien plus de deux fois le prix du marché. Cela revient à acheter la province au prix de Paris ! Bien sûr, il y a l’économie d’impôt qui semble compenser ce prix exorbitant. Mais au global, l’opération n’a pas d’intérêt financier pour l’acquéreur, à moins de parier sur une hypothétique forte plus value à la revente. Car en flux financiers, cela revient à payer ses impôts non au fisc mais au marchand de bien ! A moins d’avoir une détestation psychorigide de l’Etat, on ne voit pas trop l’intérêt de ce type de montage compliqué. Toutes choses égales par ailleurs, mieux vaut contribuer à renflouer les caisses de l’Etat plutôt qu’engraisser un promoteur immobilier, tout respectable qu’il soit.
Dans la pratique, il existe un indicateur très simple pour savoir si un marchand de bien est en train de vous surfacturer votre acquisition sous prétexte de carotte fiscale. Si le rendement locatif brut affiché est inférieur au taux d’emprunt (actuellement autour de 3,7% assurance comprise), fuyez à toute jambe !
11:35 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE
01.04.2006
la fin tragique du 12
Vous avez sans doute tous remarqué le déferlement publicitaire sur les numéros 118 XXX. Lundi 3 avril, le bon vieux 12 disparait. Pour les renseignements téléphoniques, il faudra désormais choisir entre une pléthore de numéros à 6 chiffres. On nous dit que ce « progrès » va unifier les numéros de renseignement sur toute l’Europe. Cela permettra quand on voyage à l’étranger de ne retenir qu’un seul préfixe pour tous les services de renseignement. Bravo. Combien de gens éprouvent le besoin d’appeler les renseignements locaux lorsqu’ils sont en déplacement court à l’étranger ? Moins de 0,1% de la population, et encore en comptant large. Donc pour améliorer marginalement le confort d’une poignée de voyageurs exigeants, on va compliquer la vie de 99,9% de la population. Quelle belle leçon de démocratie. Pauvre Europe ! On voudrait stimuler l’hostilité grandissante des peuples contre la technocratie bruxelloise qu’on ne s’y prendrait pas mieux.
L’autre argument de ce big bang des renseignements repose sur les supposés bienfaits de cette nouvelle concurrence. Il y a pourtant fort à parier que dans quelques années, cette libéralisation deviendra un cas d’école de l’absurdité à laquelle peut mener une application trop dogmatique des théories du marché. Autant la concurrence sur les services téléphoniques classiques est très profitable au marché (les prix des appels ont très fortement baissé depuis 10 ans), autant la libéralisation des numéros de renseignements risque vite de tourner au cauchemar pour le client final. Outre un important surcroit de complexité, il est assez probable que cela entraine à moyen terme un renchérissement mécanique du service. Un comble. Ce n’est pourtant pas difficile à entrevoir. Pour émerger en notoriété, chaque numéro doit en effet dépenser des sommes énormes en publicité (ce que n’avait évidement pas besoin de faire le 12). Pour les gagnants de cette course, il faudra bien récupérer leur investissement. Soit en dégradant le service, soit en augmentant le prix. C’est inévitable.
Si on voulait améliorer le 12, il aurait été plus rationnel de lancer un appel d’offre sur un cahier des charges ambitieux, en terme de prix et de services. Le mieux disant aurait gagné la concession pour une période donnée. Cette belle concession étant bien sûr remise aux enchères à dates régulières pour éviter que le concessionnaire ne s’endorme sur sa rente de situation. Alors qu’avec la méthode des 118 multiples, on a choisit de subventionner le marché publicitaire. Espérons au moins qu’on conserve le 12 pour connaitre la liste des différents… services de renseignements !
19:07 Publié dans Création d'entreprise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Entrepreneur

