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31.07.2006

Dépénalisation du cannabis, l’éternel débat

Année après année, on constate l’impuissance publique à endiguer le trafic de drogues. En particulier, la consommation de cannabis n’a jamais été aussi répandue en France. Au point qu’un adolescent sur deux déclare en avoir déjà consommé. Un sur dix en prend de manière régulière. On est donc plus au stade d’un noyau de délinquants, mais dans un phénomène social de masse.
Ce constat devrait donner de l’eau au moulin des partisans de la légalisation des drogues douces. Force est pourtant de constater que malgré l’échec de la politique répressive en vigueur, les abolitionnistes sont en nette perte de vitesse. Pourquoi ?
Les expériences en la matière de nos voisins espagnols et hollandais ne semblent pas très concluantes. Les effets vertueux promis par cette légalisation partielle sont loin d’être évidents sur le terrain.
Elément symptomatique, le corps médical est de moins en moins favorable à la dépénalisation. A l’image d’un Bernard Kouchner qui dans les années 70 et 80 était un virulent partisan de l’abolition, et qui depuis quelques années, se fait discret sur la question.
Est-ce parce que les médecins sont aux premières loges pour observer les effets secondaires des drogues dites douces ? Pour ne prendre que le cannabis, considéré comme la drogue la moins nocive, divers études citent notamment nausées, vertiges, paranoïa, angoisses, diminution de la mémoire immédiate, avec tous les risques de désocialisation que cela comporte.
Alors que faire entre répression inefficace et dépénalisation aventureuse ?
J’ai une idée (radicale bien sûr !) dont je vous parlerai dans une prochaine note…

12:12 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : drogue, cannabis, légalisation, Kouchner

19.07.2006

Bilan sur la qualité de l'air à Paris

Une des grandes promesses du maire de Paris, a été de faire diminuer la pollution de l’air. Pour cela, l’équipe Delanoë a lancé depuis 2001 des travaux pharaoniques pour diminuer l’espace dédié aux voitures. L’idée était simple : en rendant la circulation plus difficile, on allait décourager les gens d’utiliser leur voiture, et donc diminuer la pollution. Pendant 5 ans, les Parisiens ont ainsi subi les multiples chantiers urbains, armés de l’espoir stoïque d’un monde plus pur.

 

En cette période où Paris suffoque sous la chaleur estivale, il est temps de faire un bilan. Pour cela, rien de tel que de se plonger dans le très instructif Bilan 2005 de l’observatoire des déplacements publié par la Mairie de Paris.

 

On y apprend d’abord que la circulation automobile a diminué de 15% depuis 2001. Cela s’accompagne d’une logique baisse de 4% de la vitesse moyenne de circulation. Quand on voit comment on a transformé certains boulevards en parkings roulants, c’est très intuitif.

 

Au vu de ces chiffres, il semble donc que le pari de Delanoë soit une belle réussite. Quitte à mécontenter les méchants banlieusards qui n’ont d’autre choix que de se pourrir la vie au volant. Mais après tout, ils ne sont pas électeurs. Ce qui compte, c’est que les bobos parisiens puissent enfin respirer à pleins poumons.

 

Cependant, un peu chiffre apparait discrètement au bout du communiqué, celui des 2 roues motorisés. Ils ont connu une forte croissance (+20%) depuis 2001, qui a en plus tendance à s’accélérer (+ 8% rien que sur 2005). Cela pourrait paraitre anecdotique, mais il faut savoir que d’après une étude de 2005 de l’ADEME, un deux-roues motorisé pollue en moyenne 4 à 10 fois plus qu’une voiture. Sans parler des nuisances sonores qui sont, elles aussi, beaucoup plus importantes.

 

Voilà qui change sérieusement la donne. Au point que le bilan en termes de pollution devient de fait très négatif. Au final, les travaux d’Hercule de la Mairie de Paris auront non seulement frustré les conducteurs, mais ont réussi l’exploit de dégrader encore la qualité de l’air parisien.

 

Bref, plutôt que de donner carte blanche à nos chers khmers verts, on aurait du s’inspirer d’avantage du pragmatisme londonien : instaurer une taxe pour l’accès au centre ville est certes moins démocratique, mais au moins, c’est efficace.

 

10:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Paris, pollution, circulation, qualité de l'air

16.07.2006

Wall Street et le Lotus Bleu

Si vous voulez entrevoir la face cachée du miracle chinois, je vous conseille un petit livre édifiant : Mister China de Tim Clissold. C’est l'incroyable histoire d'un banquier de Wall Street parti en Chine au début des années 1990, bien décidé à faire fortune. Déterminé à surfer sur la grande vague d'investissements qui s'amorce, il fit équipe avec un Anglais parlant le mandarin (le narrateur du livre). Ensemble, ils levèrent plus de 400 millions de dollars aux Etats-Unis en surfant sur la mode de la Chine. Puis, ils se mirent à acheter à tour de bras des usines sur tout le territoire chinois.

 

Ils pensaient avoir bien verrouillé les choses avec des contrats en béton, et surtout en faisant uniquement des investissements majoritaires. Le narrateur montre comment ils découvrirent peu à peu que leurs partenaires chinois n'admettaient que leurs propres règles. Englués dans une bureaucratie corrompue, les braves occidentaux assistèrent quasi impuissants à l'engloutissement d’une grande partie des fonds investis.

 

Le style du livre est parfois un peu lyrique et confus (normal, c’est écrit par un businessman), mais le fait que cette histoire soit vraie, donne au récit un relief étonnant. Ah le beau cauchemar chinois ! ;-)

 

12:42 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Chine, investissements

09.07.2006

Internet, rempart à la marchandisation du monde

Que nos chantres anti-marchandisation du monde se réjouissent ! Il existe un domaine où la marchandisation recule : c’est Internet. Cela peut paraitre paradoxal avec l'explosion du commerce électronique. Pourtant force est de constater que le nombre de nouvelles pages non marchandes croit beaucoup plus vite que les pages marchandes. De plus, pleins de services qui soient étaient autrefois payants, soient n’existaient pas, sont gratuits sur Internet : météo, journaux, encyclopédies, moteurs prédictifs

La raison ? Dans le virtuel, on perd la notion de ressource rare. Par l'effet réseau, c’est même souvent le contraire. Bref, le meilleur défenseur de l’écologie et du développement durable, c’est Internet. ;-) En  faisant la promotion des services en ligne, on canalise les gens sur des ressources où la massification de l’usage n’est pas nuisible et qui ne dégradent en rien l’environnement.

Mieux vaut avoir d’avantage de gens qui jouent à Civilization sur Internet et moins qui soient en train de visiter l’Acropole. La grotte de Lascaux qui depuis 1963 n’est plus accessible que par une visite virtuelle (gratuite) est le précurseur du monde de demain.

19:35 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Internet, marchandisation, lascaux

06.07.2006

Les Bleus en Finale de Coupe du Monde

Pourquoi les victoires de l’Equipe de France de Foot déclenchent-elles une telle hystérie collective ? Plus généralement, pourquoi le foot occupe-t-il une place démesurée par rapport aux autres sports ? Osons une explication : parce qu’il n'y passe pas grand-chose. Le succès du foot semble venir du fait qu’il n’y a que très peu de buts par match. Rien de tel pour être accro que de se ronger les ongles pendant une heure pour exploser de joie (ou de tristesse) pendant 15 secondes. Les surfeurs qui attendent La Vague connaissent bien cette sensation ultra addictive.

Dans le dernier tableau de la Coupe du Monde, on a un phénomène qui rajoute à cette chorégraphie de la frustration : le hasard. A ce stade de la compétition, le niveau des équipes est tel que la victoire tient à un fil. Un coup de pied avec un peu plus de réussite que les autres et hop, tout bascule.

 

Si la France a gagné contre le Portugal, c’est avant tout parce qu’elle a eu plus de chance. Et on adore les gens chanceux.

 

L’ambiance dans la rue après la victoire était révélatrice. Les gens s’abordaient les uns les autres dans des effusions rituelles. D’une manière qui donnait la claire impression qu'ils étaient là non pour faire la fête, mais pour vérifier que les autres la faisait aussi intensément qu’eux. Avec cette liesse un brin inquisitrice qui semblait dire « faites la fête avec nous, sinon vous allez nous porter la scoumoune ».

 

10:18 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sport, Coupe du Monde, Foot, Equipe de France

02.07.2006

Réguler le tourisme de masse

La régulation de l’accès aux ressources rares est un problème très difficile. Il se heurte en effet à une opposition frontale entre des principes intangibles : l’égalité des individus d’un côté, la préservation des ressources de l’autre.

Lorsque qu’il n’y a pas de régulation, on assiste à une dégradation inexorable des ressources. Trop de monde sur trop peu de ressources mène à des situations très négatives : le périphérique parisien est sans arrêt saturé, car l’accès en est libre.  

Le tourisme de masse est un exemple très parlant du problème. Des plages de la Côte d’Azur l’été, il ne reste plus un centimètre carré de sable disponible pour poser son doigt de pied. Et encore ce n’est rien à côté de La Costa del Sol, qui a totalement bétonné son littoral pour accueillir à bas prix des hordes de touristes allemands. Faire la liste des sites saccagés par le tourisme de masse serait trop long.

Et ce n’est qu’un début. Il ne faut pas en effet oublier que l’écrasante majorité des êtres humains ne prend jamais de vacances. Mais dans les 30 prochaines années, les nouvelles classes moyennes des pays en voie de développement vont bouleverser les choses. Les tour-opérateurs parlent déjà avec gourmandise des 100 millions de touristes chinois qui devraient déferler sur l'Europe d'ici quelques années.

Le jour où un milliard d’humains voudront aller poser leur serviette de bain sur la plage (et quoi de plus légitime ?), comment va-t-on gérer cela ? En les empilant à la verticale ? Côté nuisances générées par le tourisme de masse, on n’a encore rien vu !

On voit que la seule manière de freiner cette frénésie est la régulation de l’accès à ces ressources rares. Et pour cela, on a encore rien inventé de mieux que faire payer les gens le juste prix, en incluant les externalités négatives. Le juste prix devant être suffisamment élevé pour non seulement réguler le flux à un niveau acceptable, mais aussi pour compenser toutes les nuisances indirectes générées.

Cette marchandisation de l'accès à l'espace n’est pas parfaite. Elle peut facilement heurter un certain idéal égalitaire. Mais cela reste un moindre mal. Soit on ne fait rien et c’est le saccage assuré, soit on préservera les sites de manière autoritaire en les fermant au public. Ces interdits s’accompagneront inévitablement de passe-droits pour une petite clique de happy few. Ce qui au final sera encore plus inégalitaire qu'une régulation monétaire.

Les esprits grincheux nous diront que cette marchandisation du monde est désolante. C’est pourtant la seule manière de préserver l’environnement à long terme.

19:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, marchandisation, régulation, environnement

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