« 2006-11 | Page d'accueil
| 2007-01 »
30.12.2006
Nos enfants seront tous végétariens
La France a demandé, lors du conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE, une augmentation des subventions à l'exportation pour le poulet entier versées par l'Union européenne aux éleveurs français. Officiellement pour contrebalancer les effets de la grippe aviaire sur les producteurs de volaille.
Il est toujours fascinant de constater cette incroyable capacité de lobbying de la filière viande rapportée à son poids électoral.
Subventionner l’exportation de poulet est pourtant une aberration à la fois écologique et économique. Produire un kilo de viande consomme autant d’essence que rouler 100 km en voiture. Cela nécessite aussi dix milles litres d’eau dont on nous dit qu’elle devient un bien rare. A l’heure où l’on nous parle de développement durable, ainsi que réduire l’effet de serre, est-ce vraiment de circonstance ? La surconsommation de viande en Occident n’entraine pas seulement des maladies cardio-vasculaires. Elle contribue aussi au déséquilibre énergétique et écologique de la planète. Sans parler du fait que cela ruine les petits producteurs du Tiers Monde, mais cela tout le monde s’en fiche.
Voilà qui illustre encore les méfaits d’un pétrole encore trop bon marché. En 2005, le carburant automobile a vu son prix réel divisé par 3 par rapport à 1979 (au plus fort du second choc pétrolier). Comment est-ce possible ? C’est qu’entre temps, le pays s’est enrichit. En 1979, il fallait une 5 heures de SMIC pour se payer 10 litres d’essence. En 2004, il n’en faut plus que 1h40. Ce qui compte, ce n’est pas le prix absolu de pétrole, mais son prix relatif par rapport à notre richesse. Autrement dit, son coût d’opportunité pour le consommateur par rapport à ses revenus.
Lorsque les prix du pétrole auront vraiment explosé en valeur réelle, nos enfants ne redécouvriront pas seulement les joies de la bicyclette. Ils seront aussi tous végétariens. Et tant pis pour les éleveurs de volaille.
23:34 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, eau, pétrole, grippe aviaire
21.12.2006
Flexibilité de l’emploi : qui porte vraiment le chapeau ?
Depuis 20 ans, on assiste à un intense débat sur la question de la flexibilité de l’emploi. Les partisans y voient un moyen efficace de lutte contre le chômage. Les opposants mettent au contraire en avant la précarité que cela induit pour les salariés.
Comme souvent, les termes du débat sont mal posés, et dérapent dans des joutes idéologiques stériles. La vraie question, souvent occultée, est en fait celle du risque.
Dans notre monde qui bouge à grande vitesse, la demande est par nature fluctuante et en constante évolution. Même le plus talentueux des dirigeants ne peut voir l’avenir dans une boule de cristal, et tout anticiper. Un jour ou l’autre, beaucoup d'entreprises se trouvent ainsi confrontée à gérer un appareil productif inadapté à la demande du moment.
Traditionnellement, l’entreprise se retrouvait en pertes, qui étaient alors supportées par les actionnaires, et cela en attendant des jours meilleurs. Mais depuis les années 80, les actionnaires acceptent de moins en moins de porter ce risque. Ils se sont mis à exiger cette fameuse rentabilité annuelle de 15%, et cela quelle que soit la conjoncture, sous peine d’aller voir ailleurs. D’où une formidable pression sur les dirigeants pour flexibiliser leurs coûts. Ce qui revient dans les faits à transférer le risque économique sur les salariés.
Mais d’où vient cette nouvelle aversion au risque des actionnaires ? La théorie du complot d’une poignée de gros spéculateurs cupides est séduisante. L’ennui est qu’elle est très éloignée de la réalité. Les gestionnaires de fonds de placement sont en général des salariés qui ne font qu’obéir aux injonctions de leurs épargnants mandataires.
Et qui sont ces épargnants ? En très grande majorité les séniors des pays riches qui ont économisé en prévision de leurs vieux jours (sous forme d’assurances vies ou de fonds de pension). Or ces séniors ont pris conscience du déséquilibre démographique croissant à venir. D’où une exigence de plus en plus forte pour des rendements financiers stables et élevés, seuls à même de sécuriser leurs retraites.
Par une cruelle ironie, la montée de la flexibilité du travail traduit en fait un transfert massif de risques des séniors vers les jeunes. Dans quel monde merveilleux vivons-nous, n’est-ce-pas ?! ;-)
10:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : seniors, flexibilité, précarité, actionnaires, salariés, retraites
17.12.2006
De quelle police voulez-vous ?
L’organisation de la police a été profondément influencée par deux instruments révolutionnaires : le téléphone et la voiture. Cette police réactive fonctionne selon un processus bien rodé : un incident est signalé par téléphone au commissariat central qui réagit en envoyant en trombe une voiture sur place. Ce processus s’appuie sur une organisation centrale puissante dotée de moyens de communication sophistiqués, flanquée d’unités très mobiles prêtes à être projetées partout.
La série américaine 24 heures Chrono fournit une illustration caricaturale du principe de « on se dépêche d’arriver trop tard ». Cette organisation débouche donc dans le meilleur des cas par des interpellations : on réussit à coincer les méchants (après si possible une épique course poursuite).
La logique sous tendue est limpide : en attrapant les délinquants, on fait une pierre deux coups : à la fois on les met hors d’état de nuire et on en dissuade d’autres d’agir. Les Etats-Unis qui ont poussé le plus loin la sophistication de cette technique, ont accumulé 2,2 millions de prisonniers, soit 23% du total de la population carcérale mondiale (alors que leur poids démographique n’est que de 4%).
Cette logique est-elle efficace ? Si la baisse de la délinquance dépendait avant tout de l’efficacité de la police, elle devrait d’abord se manifester sur les délits que la police maitrise le mieux. Or, l’ennui c’est que c’est l’inverse qui se produit. La baisse constatée depuis dix ans concerne les vols, dont plus des trois quarts des auteurs ne sont jamais identifiés. A l’opposé, les violences aux personnes où la police parvient à arrêter 75% des auteurs (ce qui est remarquable), sont en hausse.
Le cas le plus spectaculaire concerne le vol de voitures et de scooters. Ces vols sont en baisse de 30% depuis 10 ans. Pourtant le taux d’élucidation qui plafonne désespérément à 7% devrait au contraire aiguiser l’appétit des délinquants. En fait, la baisse s’explique essentiellement par la sophistication des dispositifs de sécurité passive sur les véhicules qui compliquent beaucoup la tâche des voleurs.
Cette dynamique est à mettre en parallèle avec les études d’un chercheur américain qui avait montré dans un livre désormais célèbre (Freakeconomics) que la légalisation de l’avortement en 1973 aux Etats-Unis pourrait être un facteur explicatif majeur de la baisse de la criminalité dans les années 90.
Voilà qui tendrait à montrer que sur le long terme, la police n’a qu’une influence très partielle sur l’évolution de la délinquance. Mais le problème est que le travail de la police est essentiellement jugé sur des critères quantitatifs, en particulier le nombre d’interpellations. Cela incite à privilégier une organisation réactive. A l'opposé d'une démarche préventive, dont il est toujours difficile de mesure les vrais effets.
19:34 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : police, séries TV, délinquance, prison, violence
13.12.2006
Immobilier : une loi de l’offre et de la demande bien particulière
Entre 1975 et 2000, la surface totale des logements a doublé en France. Cela vient à la fois d’une augmentation de la population, mais aussi surtout du fait que la surface habitable par Français est passée de 25 à 35 m2 sur la même période. C’est un changement énorme, pourtant passé largement inaperçu.
Cela montre que le poncif de « déficit structurel de logements » n’a pas grand sens. Le marché de l’immobilier est au contraire caractérisé par une remarquable adaptation de la demande sur l’offre. Autrement dit, plus l’offre en m2 est importante, plus la demande suivra.
Cela vient de la nature particulière de l’immobilier par rapport aux autres produits de consommation. Les produits immobiliers sont très peu sensibles au marketing. Autant vous pouvez préférer rouler en Austin Mini plutôt que dans une grosse Mercedes (ou le contraire, et cela indépendamment du prix), autant vous préfèrerez toujours habiter un 80m2 qu’un 50m2 (à qualité comparable).
De même, autant vous pouvez hésitez entre une paire de tongs branchée et des escarpins Prada en lézard, autant vous avez toutes les chances de préférer un bon quartier qu’un mauvais. La conscience aigue de « bon quartier » a d’ailleurs été exacerbée depuis 20 ans par la compétition féroce pour l’accès aux meilleurs établissements scolaires.
Cela montre que par nature, le marché immobilier donnera toujours l’impression d’être en manque de bons produits. L’effet rareté est structurel. La « crise du logement » est permanente, ce qui finalement, retire tout intérêt à ce concept de crise.
Par contre, cela donne des clés intéressantes pour comprendre l’évolution des prix. On a coutume à se focaliser sur le volume d’offres, qui réagit à l’évolution des prix plutôt qu’il ne la gouverne. En fait les prix du marché sont avant tout liés à la capacité financière des acheteurs (à l’exception de quelques micromarchés très particuliers).
Or cette capacité financière est liée à deux choses : les ressources propres des ménages et les conditions du crédit bancaire. On voit en passant que les prêts à taux zéro et autres APL n’ont aucune chance de résorber une quelconque « crise du logement ». En augmentant la solvabilité des ménages, ils ne font que pousser les prix du marché vers le haut.
18:32 Publié dans Immobilier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prix immobilier, crise du logement, pret
10.12.2006
Foot et Internet contre la démocratie ?!
Pour faire suite à ma dernière note, il convient de mentionner une intéressante théorie émise par Jacques Attali. Il s’agit de la possible déconstruction des Etats démocratiques au cours du XXIème siècle sous la pression de la sphère marchande.
On pense tout de suite aux méchantes multinationales prenant le pouvoir et instituant la dictature de l’argent. Pourtant quand on regarde le paysage actuel, on semble encore très éloignés de ce scénario cauchemardesque.
Les multinationales sont loin d’avoir les mains libres, en particulier dans les secteurs stratégiques qui restent étroitement contrôlés par les Etats. Ces derniers fixent aussi des normes sanitaires, techniques, sécuritaires et juridiques que toute entreprise, aussi puissante soit-elle, est priée de respecter, sous peine de voir ses produits interdits du marché. Bien sûr, il existe des lobbies économiques puissants qui financent certaines campagnes électorales et influencent les médias pour pousser leurs intérêts. Mais au final, c’est le politique élu par le peuple qui tranche.
Alors la chute de la démocratie relève-t-elle du fantasme ? Pour donner consistance à cette possible menace, Attali cite un cas très éclairant, celui du sport (en tant que secteur économique).
La Fédération Internationale de Football (FIFA) est un organe tout puissant qui ne rend des comptes à personne. Les Etats n’ont absolument aucun mot à dire, ni sur son mode de financement, ni sur les règles qu’elle édite, ni sur les contrôle et les sanctions qu’elle prend. Il reste juste aux gouvernements la possibilité de quémander l’organisation de la prochaine Coupe du Monde. Ils se soumettent d’ailleurs de bonne grâce à un cahier des charges drastique émis par la FIFA, trop contents des retombées économiques induites.
Ce qui est vrai pour le foot, l’est aussi pour la Formule 1 et même les Jeux Olympiques. Non seulement, ces organisations sont toutes puissantes, mais leur gouvernance est opaque, ainsi d’ailleurs que le mode de cooptation de leurs dirigeants. Pourtant bizarrement, personne ne s’offusque qu’un pan énorme de la vie sociale des citoyens échappe totalement au contrôle démocratique.
Bref, si ce type d’organisation auto-souveraine gagne d’autres secteurs économiques, alors oui, les Etats démocratiques tels qu’on les connait aujourd’hui, pourraient à terme être menacés.
Il existe aussi un autre domaine (qu’Attali mentionne à peine, dommage !) où les Etats sont de plus en plus impuissants. C’est l’Internet bien sûr.
Le secteur des casinos en ligne est en cela très révélateur. Les Etats-Unis ont émis des lois très strictes pour interdire les jeux d’argent sur le web. Et bien les citoyens américains s’en contre fichent. Ils vont massivement jouer sur des sites off-shore hors de tout contrôle. On constate le même phénomène sur le peer-to-peer. Et cela touche tous les pays sans exception.
Lorsque des lois votées par une majorité démocratiquement élue sont ignorées par une majorité de citoyens, c’est la négation même de l’Etat démocratique. Cela montre que l’affaiblissement de la démocratie (et par ricochet de la classe politique) ne vient pas seulement des multinationales qui conspirent dans l’ombre. Il peut aussi se faire avec l'approbation tacite (pour le sport), voir le concours actif (pour l'Internet) des citoyens eux-mêmes.
11:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : FIFA, Foot, casinos, P2P, démocratie
08.12.2006
Une (si évidente) histoire de l’avenir
Suite à la mention de Jean (fondateur de Navx) sur le dernier livre de Jacques Attali, je me suis précipité à la FNAC pour acheter « Une brève histoire de l'avenir » qui, en cette période de pré-Noël, trône sur toutes les têtes de gondole.
Evidement, il s’agit d’un essai très sérieux et non d’un livre de science fiction. Mais si le titre de ce livre vous parait un tantinet ambitieux, vous n’êtes pas au bout de vos peines. Au fil des pages, l’auteur nous affirme avec une assurance sans failles que ses prédictions sont précises, certaines et inévitables. Il suffit d’une fine observation des tendances actuelles et des leçons immuables de l’Histoire pour deviner comment va s’enclencher ce futur inexorable. Soit.
La fresque proposée est intéressante, parfois très créative. J’y reviendrai. Néanmoins, j’ai été surpris que dans son histoire du XXIème siècle, Attali ne mentionne pratiquement jamais Internet. Pourtant au rythme hallucinant où évolue le web, son impact sur le monde futur a toutes les chances d’être majeur.
Plus étonnant encore, dans une de ses rares mentions du web, il affirme (page 215 pour ceux que cela intéresse) que « le téléphone portable et Internet n’ont presque pas progressé depuis quinze ans ». Intrigué par cette phrase qui défiait mon rugueux bon sens, je lui ai écrit pour lui demander s’il pouvait préciser sa pensée à ce sujet.
J’avoue que sa réponse (par retour de mail) m’a laissé sur ma faim : « Cela me parait évident. Je suis désolé si cela ne l'est pas pour vous. ».
Humm… j’ai dû rater quelque chose. Et vous, ça vous parait évident ?!
12:15 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Attali, histoire, Internet, avenir
05.12.2006
Taux de chômage : surprise sur l’identité du meilleur élève
La comparaison des taux de chômage d’un pays à l’autre est devenue la tarte à la crème pour encenser tel ou tel modèle. Cela fait déjà une quinzaine d’années que le modèle britannique est donné en exemple. Sa politique de faible protection sociale semble produire des résultats spectaculaires en termes de chômage (qui atteint le niveau stupéfiant de 3% en 2006 contre plus de 8% en France !).
Depuis trois ans, un subit engouement pour le modèle danois a aussi frappé la classe politique et médiatique française. La fascination qu’exerce le Danemark tient au fait que ce petit pays semble avoir réussi l’impossible : combiner une forte protection sociale et un faible chômage (6% en 2006 contre 10% quinze ans plus tôt), sous la forme de la désormais fameuse « flexisécurité ».
Avec de pareilles comparaisons, la situation française parait bien mauvaise.
L’ennui des comparaisons internationales est qu’elles ne sont pertinentes que si les modes de calcul du chômage sont identiques. Or, dans ce domaine ultra sensible, chaque gouvernement rivalise de créativité pour cacher ses faiblesses. De fait, si on regarde plus en détail, les choses sont beaucoup moins claires qu’elles n’y paraissent.
Concernant le Danemark, ce n’est pas le dynamisme de l’emploi qui explique la baisse du chômage, mais plutôt la baisse de… la population active ! Entre 1990 et 2004, la progression massive des préretraites et des congés maladies longue durée a fait sortir 20% des Danois entre 15 et 65 ans du marché du travail. Sans parler des créations massives d’emploi dans la fonction publique durant la même période. De quoi relativiser le miracle de la flexisécurité.Le modèle anglais cache aussi ses propres faiblesses. Ainsi depuis 1993, une grande partie des chômeurs de longue durée ont été déplacé pudiquement dans la catégorie Incapaciy benefits, c'est-à-dire invalides. En 2006, ce régime concerne 2,6 millions de personnes, soit plus de 2 fois et demie le nombre de chômeurs officiels. Par ailleurs, les deux tiers des emplois créés en Grande Bretagne entre 1998 et 2004, l’ont été dans les administrations publiques ce qui limite la portée du miracle britannique. Enfin, l’économie anglaise s’est fait une spécialité des contrats à temps partiel qui sont souvent un semi chômage forcé.
La France utilise aussi beaucoup d’artifices, donc les cocoricos ne sont pas vraiment de circonstance. Néanmoins, pour les comparaisons internationales, la prudence est de mise. Au final, le taux d’activité (moins manipulable) est souvent beaucoup plus pertinent que le taux de chômage.
Dans cette catégorie, il faut signaler l'étonnat résultat de la Suisse, qui avec un taux d’activité de 81% de la population en âge de travailler, affiche la meilleure performance mondiale à égalité avec l’Islande. Ceux qui voient nos voisins suisses comme de simples fabricants des coucous et de chocolat se trompent d’époque. Mais bizarrement, ce pays n’intéresse absolument pas les médias français, alors que c’est pourtant un de nos voisins les plus proches.
22:25 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chomage, activité, danemark, grande bretagne, suisse
04.12.2006
France, Patrie des Droits de l’Homme ?
L’auteur prend comme illustration une expression qui est devenue d’une telle banalité qu’il ne vient à personne l’idée de contester sa véracité : la France, Patrie des Droits de l’Homme.
En fait, bien malin qui est capable de justifier de manière factuelle ce dogme national quasi-religieux. Non seulement ce chef d’œuvre d’arrogance ne repose sur aucun fondement sérieux, mais l’Histoire de France devrait au contraire nous inviter à une certaine humilité en matière de Droits de l’Homme.
Les exemples historiques en la matière fourmillent. Par exemple, la France a été l’un des derniers pays occidentaux à avoir accordé le droit de votes aux femmes (en 1945 par de Gaulle contre l’avis des parlementaires !). Nos guerres coloniales où l’on a allégrement pratiqué la torture ne plaident pas non plus en notre faveur. Sans parler de périodes sombres comme l’Occupation où le zèle dont a fait preuve le gouvernement de Vichy dans la traque des Juifs étonnait même les Allemands.
Plus actuel, on peut citer la fameuse politique africaine de la France. Outre un soutien sans faille à une brochette de dictateurs kleptocrates, son opacité légendaire nous a, semble-t-il, fait jouer un rôle trouble dans le récent génocide rwandais, heureusement couvert par le très pratique secret Défense.
La France, Patrie des Droits de l’Homme ? Plutôt la France, Patrie du « faites ce que je dis et pas ce que je fais ». On peut toujours se rassurer en se disant que les Américains ne font pas mieux, mais de là à donner des leçons de morale au monde entier...
Un petit post bien polémique, histoire de ne pas s’endormir. ;-)
22:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme, patrie, france, jargon
02.12.2006
Bilan d’un an de blogging
Expérience très enrichissante, d’autant plus gratifiante au fil des rencontres et des discussions. Ce blog accueille maintenant 5000 visiteurs uniques par mois (chiffre de Novembre), qui voient chaque jour en moyenne 750 pages. Merci à vous tous : proches, amis, illustres inconnus, lecteurs fidèles et visiteurs occasionnels.
J’ai passé récemment le cap des 100 notes publiées (celle-ci est la 105ème), ce qui occupe pas mal mes week-ends. Ces notes ont généré en tout 380 commentaires, soit environ 4 commentaires par note, le plus souvent le fait de bloggeurs actifs (Tizel, GuSiFang, MoxFolder, JHDechenaud, Edgar, Netgui, Julien et j’en oublie pleins d’autres).
Il a donc un décalage très important entre le nombre de lecteurs et le nombre de commentateurs. Voilà de quoi relativiser le concept de conversation qui est censé faire l’originalité des blogs. Cela reste avant tout un média one-to-many, même s’il ouvre une certaine interactivité.
Une question qu’on me pose parfois : est-il bien raisonnable d’écrire un blog sous son vrai nom ? Tout le monde connait la fameuse tirade du flic qui vient de coincer un méchant : « Vous pouvez rester silencieux. Sachez que tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. »
Maintenant sur Internet, c’est à peu près pareil. Sauf que c’est tout le temps et pour l’éternité ! Ce que j’écris sur n’importe quel site sujet pourra être retrouvé en deux clics dans des dizaines d’années.
D’ailleurs lorsque je dois rencontrer quelqu’un de nouveau, mon réflexe est de le googeliser pour savoir à qui j’ai affaire. Pas vous ? Voilà pourquoi 90% des blogs sont écrits sous des pseudos (la liste plus haut est évocatrice). Sage précaution. Moi qui blogue sous mon vrai nom (avec ma photo en plus !!), j’espère que dans 20 ans je serai toujours d’accord avec ce que j’écris aujourd’hui. Sinon ça va barder… ;-)
En tout cas, merci encore à vous tous qui trouvez régulièrement le temps et la patience de me lire.
15:51 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blog, statistiques, visiteurs, commentaires

