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27.02.2007
La fin de la télévision
Umberto Eco a une jolie terminologie pour décrire l’évolution du petit écran : la paléo-télévision, la néo-télévision et la post-télévision.
Comme toute préhistoire, la paléo-télévision est la période la plus longue. Elle s’étend des débuts de la télé dans les années 1920, jusqu’à la fin des années 70. C’est la télé de papa. A l’époque, les fréquences étaient rares, et l’offre des chaînes très réduite. C’était essentiellement de la télé morale et éducative. D’un côté, on avait les détenteurs du savoir qui avaient le droit de parler à l’écran et de l’autre les téléspectateurs qui devaient être trop contents d’écouter.
Dans les années 80, on est passé à la néo-télévision avec l’irruption de pleins de nouvelles chaines commerciales. Le rapport de force s’est rééquilibré en faveur du téléspectateur qu’il fallait séduire pour gagner la course à l’Audimat. Des nouveaux formats se sont mis à faire fureur. En particulier, le talk-show et le reality-show où les animateurs faisaient venir des gens ordinaires pour qu’ils s’épanchent en public sur leurs problèmes intimes.
Enfin à la fin des années 90 est née la post-télévision, avec le Loft et toutes ses déclinaisons. Les programmes n’étaient faits plus par des animateurs, mais par les gens eux-mêmes. Les situations et les propos les plus banals de la vie quotidienne deviennent prétextes à programme. L’individualisme narcissique du téléspectateur est flatté jusqu’à son comble. Ce qui ne fait qu’illustrer au plan culturel une tendance historique lourde de toute la société.
Cette télévision poubelle pourrait encore durer longtemps. Mais elle porte en elle les germes de sa propre perte. L’irruption des nouvelles technologies et d’Internet en particulier va accélérer sachute d’ici quelques années.
D’abord, la télévision est en train de devenir un produit de vieux. L’Audimat grisonne de manière inexorable, car les ados préfèrent massivement surfer sur Internet (à lire des jolis blogs grâce à l'AutoRoll ;-)). Lorsque les annonceurs auront réalisés cela, l’impact sur la manne publicitaire risque d’être violent pour les grandes chaines.
Ensuite, des sites comme YouTube ou Dailymotion préfigurent la très probable inondation de programmes personnels où une minorité active de la population se met en scène (sans même l’aide de professionnels) pour le plus grand bonheur de la majorité voyeuse.
Enfin, les offres Triple Play des fournisseurs d’accès et les projets de type Joost achèveront de brouiller la distance qui existe encore entre Internet et la télévision. Pour ceux qui veulent creuser le sujet, je recommande le livre de Jean-Louis Missika qui tente de donner un cadre conceptuel à cette révolution en cours.
Comment va-t-on s’orienter dans cette future bouillie culturelle ? Il faudra à chaque téléspectateur de sacrés moteurs de recherche et surtout de très bons… moteurs de recommandations ! ;-)
18:27 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : télévision, joost, youtube, dailymotion
26.02.2007
Faut-il tuer les Soldes ?
La période des Soldes d’hivers est terminée. Il faudra attendre les Soldes d’été pour repartir à la chasse aux bonnes affaires.
Les Soldes sont tellement ancrées dans notre inconscient de consommateur que cela nous parait une évidence. Pourtant, c’est une spécificité franco-française qui ne cesse de sidérer les étrangers qui viennent nous rendre visite. L’idée qu’un commerçant puisse être puni par la loi pour avoir fait des rabais non autorisés (c'est-à-dire hors période officielle des Soldes) leur parait une extraordinaire aberration. Cela ne peut que les réconforter dans une idée reçue qui a la vie dure qui veut que « la France soit une Union Soviétique qui ait réussie ».
Les Soldes à la française sont-elles une invention récente, sortie de l’esprit tortueux d’un fonctionnaire fanatique de l’économie administrée ? Absolument pas. C’est au contraire une très vieille tradition, qui remonte au Moyen-âge. A l’époque, les guildes de marchands contrôlaient strictement les prix, afin d’empêcher toute concurrence déloyale. La notion de concurrence déloyale avait d’ailleurs un sens corporatiste très étendu, puisque le simple fait d’être un commerçant non membre de la guilde était déjà considéré comme déloyal. Il ne s’agissait pas de jouer au malin avec les règles édictées par les guildes marchandes. Sinon un Prévôt de Police se chargeait de venir vous casser les jambes pour vous faire entendre raison.
De nos jours, les méthodes sont un peu moins brutales, mais l’idée de commerce encadré reste très présente. Cela va des nombreuses lois sur la grande distribution jusqu’à nos sacro-saintes Soldes. Mais est-ce vraiment à l’avantage à la fois des commerçants et des consommateurs ? Ou plutôt, à quand les Soldes toute l’année ?!
14:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : soldes, commerce
22.02.2007
Comment sortir de la galère de l’ISF
Le départ en Suisse via la Belgique de Johnny notre crooner national a défrayé la chronique. Je ne parle pas de la féroce couverture de Charlie Hebdo : « Voleur comme un Français, Con comme un Belge, Chiant comme un Suisse ». Je parle surtout de la relance de l’éternel débat sur l’ISF en France.
Le Sénat en a remis une couche ces derniers jours en nous sortant de jolies statistiques sur l’accélération des délocalisations fiscales depuis 3 ans. Les fuyards ont une moyenne d’âge de 53 ans contre 67 ans pour la moyenne des assujettis à l’ISF. Nous revoilà avec la petite musique sur la fuite des forces vives du pays.
J’ai toujours trouvé assez paradoxal que la chance d’avoir amassé un patrimoine important se transforme en malédiction qui oblige à s’expatrier loin de la douce France. Néanmoins, de nombreuses conversations que j’ai pu avoir avec certains de ces émigrés dorés, j’ai pu constater que le sentiment de persécution fiscale (aussi irrationnel soit-il) peut conduire à préférer un exil morose à la souffrance de s’acquitter chaque année de son super impôt.
Alors comment éviter que certains chefs d’entreprise, douillets fiscalement mais par ailleurs très créatifs et dynamiques, aillent générer de l’activité économique ailleurs ?
A défaut de supprimer l’ISF, la Droite propose de le vider de sa substance en étendant les dispositions du bouclier fiscal. Néanmoins, la ficelle est un peu grosse, et pour éviter un suicide électoral, on peut parier que cette même Droite aura vite fait d’enterrer cette proposition douteuse (le bouclier fiscal favorisant par ailleurs les rentiers, ce qui ne va guère dans le sens des forces vives).
A Gauche, pour dissuader les fuyards fiscaux, la nouvelle idée à la mode consiste à vouloir taxer les gens non sur leur lieu de résidence mais sur leur nationalité. Outre qu’en pratique, c’est totalement inapplicable, cela pose un délicat problème de liberté individuelle, car changer de nationalité n’est pas une mince affaire.
A mon sens, il y a une solution beaucoup plus simple pour sortir de cette galère : moduler le taux de l’ISF en fonction de l’âge. Si la surpression fiscale ne s’applique qu’aux seniors et aux très seniors, cela vide l’argument de la fuite des forces vives à l’étranger. L’ISF serait relooké en un impôt de solidarité entre les générations, ce qui est beaucoup plus tendance.
J’entends déjà les grincheux hurler à la discrimination anti vieux. Mais aujourd’hui, la fiscalité est déjà très discriminatoire (en principe pour de bonnes raisons d’ailleurs). Un célibataire paye d’avantage d’impôt qu’un couple marié avec des enfants. Une modulation fiscale sur l’âge ne serait qu’un prolongement logique d’une dynamique historique qui consiste à optimiser les prélèvements en fonction des situations de chacun.
18:49 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Senior, fiscalité, ISF
20.02.2007
J’ai une question à vous poser
Comme beaucoup de Français, j’ai regardé sagement la nouvelle émission politique de TF1, espérant en savoir plus sur nos chers candidats à la présidentielle. Le résultat fut un concentré d’ennui et de petitesse.
Si l’ambition des concepteurs de cette tribune télévisée était de renouveler le débat démocratique dans le pays, c’est complètement raté. Il ne suffit pas d’aller « à l’écoute des vrais gens » pour rendre le débat intéressant.
En principe, la politique est l’art de transcender la multitude de problèmes personnels dans une synthèse censée représenter l’intérêt supérieur de la nation. Or ici, on a assisté au contraire à un émiettement complet du débat qui escamote les grands enjeux dans un torrent de doléances individuelles.
L’émission était un défilé de questions qui volaient au ras des pâquerettes. En plus, les requêtes déjà souvent confuses des participants, étaient le plus souvent regroupées par PPDA en paquets de deux ou trois (pour aller vite j’imagine), ce qui permettait au candidat d’escamoter les rares sujets difficiles.
Ce n’était pas « comment aller vous résoudre les problèmes du pays ? » C’était « comment allez-vous résoudre mon petit problème personnel ? ». Bref, une stupéfiante illustration de la montée du narcissisme individualiste qui gagne l’ensemble de la société.
Au final dans ce petit jeu télévisé, les candidats à l’élection présidentielle sont prié de se transformer en super assistante sociale, quitte à escamoter complètement la politique internationale (à croire que l’univers s’arrête aux frontières de la France), et à en grande partie les questions cruciales de macro économie.
Séquence nostalgie : depuis quand n’a-t-on pas eu de vrai débat en face à face entre deux (voire trois ou quatre) candidats qui s’empoignent sur de grands enjeux ? Va-t-il falloir attendre l’entre deux tours pour espérer voir enfin une vraie émission politique avec le traditionnel face-à-face des qualifiés ?
17:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : élection présidentielle, télévision
16.02.2007
Les petits esprits de la décroissance
Etant un utilisateur régulier du TGV, je parcours parfois d’un coin de l’œil la feuille de choux mise gracieusement à la disposition des voyageurs dans les wagons. Pour ne pas apparaitre comme une simple plaquette publicitaire suintant l’eau tiède, la SNCF fait un louable effort pour y inclure des débats de société en interrogeant des personnalités de tout bord.
Parfois, cela génère quelques mémorables embardées. Le mois dernier, à l’occasion d’un dossier sur le très à la mode développement durable, la SNCF a cru bon de donner la parole aux chantres de la décroissance. On croyait ces malthusiens à courte vue enterrés depuis la fin des années 70, mais force est de reconnaitre que la médiatisation croissante de l’écologie les a remis en selle de manière inespérée.
Les ressources de notre planète vont inexorablement s’épuiser un jour. Là-dessus, à peu près tout le monde est d’accord. Même si la date du « un jour » est encore très controversée par les experts dans des échelles de plusieurs centaines d’années.
Avec la montée en puissance des Chinois et des Indiens, le phénomène risque néanmoins de s’accélérer. On en voit déjà les prémisses dans les tensions sur les prix des matières premières, et du pétrole en particulier.
Et que nous disent les défenseurs de la théorie de la décroissance ? Ces économistes aux petits pieds nous expliquent qu’on ne peut plus continuer ainsi, qu’il faut que nous restreignons volontairement notre consommation, bref que le monde devrait tourner au ralenti pour économiser autant que possible ses ressources naturelles déclinantes.
Cela parait d’une implacable logique. C’est pourtant complètement idiot.
Tout d’abord, cette vision n’a aucune chance de recueillir l’adhésion populaire au-delà d’une fine couche de bobos exaltés. A long terme, personne n’a envie de retourner vivre dans des cavernes, et à court terme, même dans les pays riches, le chômage et la précarité ambiante rend inaudible les discours prônant l’appauvrissement volontaire.
On pourrait au moins se dire que même si ce combat est perdu d’avance, il est beau car il clame haut et forte la triste vérité. Même pas ! Cette théorie de la décroissance relève d’une vision complètement dépassée du monde. Le nez sur leur rétroviseur, leurs apôtres extrapolent un futur plein de pompes hydrauliques, d’usines d’aluminium, et de tondeuses à gazon. Mais ça, c’était la croissance du… XXème siècle.
La création de richesse au XXIème siècle sera radicalement différente. Elle se fera à l’écrasante majorité sur l’économie de la connaissance (médicaments & logiciels). Or ces secteurs sont beaucoup moins voraces en énergie et en ressources naturelles. La matière grise est de loin la plus écologique ! ;-)
Et puis, en termes de bilan carbone (pour parler à la mode), je suis un bien meilleur éco-citoyen en passant mes nuits à surfer sur Internet (à lire des jolis blogs grâce à l’AutoRoll ;-)) qu’en allant faire un week-end de golf à Dubaï.
Bref, au lieu de professer une utopique décroissance économique dont personne ne veut, mieux vaut faire en sorte que la croissance se fasse sur des segments à haut concentré de matière grise. Outre les formidables perspectives de création de richesse, cela nous donnera de bien meilleures marges de manœuvre pour gérer la possible future pénurie de ressources naturelles.
Au final, si on veut soutenir vraiment le développement durable, il est temps de décréter la mobilisation générale en faveur des startups Internet, environnementales et biotech ! L’avenir, c’est elles. Bon, je prêche un peu pour ma crémerie, mais c’est de bonne guerre, non ? ;-)
19:45 Publié dans Développement durable, Economie, Startups | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Développement, startups, Chine, croissance économique
13.02.2007
Pourquoi le métro gratuit n’est pas qu’une douce utopie
Pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’habiter a proximité de leur lieu travail, ils doivent choisir entre la voiture (ou le scooter pour les aventuriers !) et les transports publics.
Il y a de nombreuse et évidentes raisons (bruit, pollution de l’air, effet de serre, dépendance énergétique, encombrement urbain et j’en passe) qui devraient pousser les pouvoirs publics à favoriser les transports publics au détriment de la voiture.
La manière la plus facile et efficace pour atteindre cet objectif est bien sûr le levier financier. Pourquoi diable le métro, les bus et les trains de banlieue ne sont-ils pas gratuits depuis longtemps ?
Outre la formidable incitation que cela procurerait en faveur des transports collectifs, cela aurait aussi une vertu sociale importante. Aujourd’hui les plus pauvres sont en effet non seulement relégués dans des lointaines banlieues, mais c’est aussi eux qui doivent s’acquitter de la très chère carte Orange 5 zones pour se rendre au boulot. Une sorte de double peine tout à fait injuste.
Le premier argument contre la gratuité d’un service est d’entrainer des comportements abusifs ou déviants. Autant c’est vrai de prestations comme l’électricité (si c’était gratuit, les gens laisseraient leurs fenêtres ouvertes l’hiver), autant cela n’a pas grand sens pour les transports locaux. Ce n’est pas parce que le métro serait gratuit que les gens y passeraient leur journée. Il faut au contraire parfois un certain héroïsme pour accepter de subir la promiscuité étouffante des wagons. Et puis, la très petite minorité qui passe déjà ses journées dans le métro a un poids économique trop faible pour déstabiliser le système.
Le second argument contre la gratuité concerne les risques en termes de gestion. Comment inciter à une culture de résultat orientée clients si le service n’est pas valorisé financièrement ? C’est un faux problème. Les rues de Paris sont entretenues et nettoyées tous les jours « gratuitement », sans que cela empêche une gestion a priori efficace des ressources.
En outre, la gratuité des transports publics entrainerait des économies de gestion considérables. Plus besoin d’installer et d’entretenir tous ces tourniquets sophistiqués. Plus besoin non plus d’entretenir une armée de contrôleurs peu efficaces qui pourraient être redéployés dans des fonctions plus conviviales d’aide aux voyageurs. Plus besoin non plus d’un système de facturation lourd et contraignant (en passant, pourquoi est-on encore obligé aujourd’hui d’acheter sa carte Orange du 1er au 31 du mois ?). Que d’économies en perspectives qui compensent largement le risque d’un éventuel dérapage de gestion (qui reste encore à prouver).
Reste le problème du financement. Si le métro et les bus sont gratuits, qui va payer les frais de fonctionnement associés ? La logique commande d’instaurer un impôt assis sur l’assiette de la taxe d’habitation. La nature géographique de cette taxe en fait en effet le candidat idéal pour le financement des transports locaux.
Enfin, je garde le meilleur pour la fin. Quelle serait la solution pour s’assurer que les dirigeants de la RATP soient à l’écoute des vrais besoins des usagers ? Tout simplement faire élire le PDG de la RATP par les usagers pour un mandat, disons de 3 ans renouvelables !! Une taxe d’habitation = une voix. Quelle superbe démonstration de démocratie ce serait, non ?! Les élites sont-elles prêtes à remettre en cause le fait du prince qui conditionne depuis toujours les nominations à ce type de poste ? On peut toujours rêver…
08:54 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : circulation, metro, transports collectifs, RATP
09.02.2007
Un nouvel outil pour découvrir des blogs et générer du trafic qualifié
Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de Criteo, et plus précisément d’un nouveau produit assez excitant dont on lance la version Beta ces jours-ci : AutoRoll.
L’idée consiste à mettre sur son blog un petit composant (voir l’encart orange sur la colonne à droite) qui propose une liste de blogs à forte affinité. Cette affinité est basée sur le principe : « ceux qui ont visité ce blog ont aussi visité ces autres blogs ».
Plus un lecteur vient souvent sur un blog et y passe du temps, plus son affinité avec ce blog augmente. De même, plus deux blogs ont des lecteurs communs, plus leur affinité sera grande. Cette liste de blogs est bien sûr recalculée en temps réel grâce à la remarquable technologie Criteo (oui, oui, c’est beau !), qui est très bien adaptée à cet exercice.
L’intérêt est multiple. Pour le lecteur, c’est bien sûr de découvrir de nouveaux blogs en forte affinité avec celui-ci. Pour le propriétaire du blog, cela procure un précieux trafic entrant hyper qualifié, puisqu’il a désormais des blogs qui partagent le même type de lectorat qui pointent vers lui. Et plus un blog a un trafic important, plus il bénéficiera d’un nombre important de liens entrants.
Personnellement, j’ai constaté (et il semble que ce soit le cas sur la majorité des blogs) que le gros du trafic provient de lecteurs ponctuels qui ont tapé un mot clé sur un moteur de recherche et arrivent par hasard sur mon blog. Parmi ce flot, seule une petite minorité devient lecteur régulier, car ce trafic est par nature peu qualifié.
A l’opposé, l’AutoRoll fournit des visiteurs beaucoup plus enclins a priori à se transformer en fidèles lecteurs. J’ai d’ailleurs moi-même découvert plein de blogs sympa via l’AutoRoll. Je m’en sers maintenant comme un mode de navigation à part entière pour me promener dans la blogsphère.
Amis bloggeur, tout ce petit pitch est là évidemment pour vous inciter à tester AutoRoll sur votre blog ! ;-) L’inscription prend 2 minutes chrono et ne nécessite aucune connaissance technique (à part savoir faire un copier coller). Je serai curieux d’avoir vos réactions dessus et de voir… lesquels d’entre vous apparaitrons dans mon AutoRoll à moi !
En passant, j’en profite d’ailleurs pour remercier chaudement tous ceux qui ont participé à la Beta privée qui a permit de calibrer le système. J’ai pu constater à cette occasion qu’il existe un vrai esprit d’entraide entre bloggeurs. Dans notre monde censé être impitoyable, cela fait vraiment plaisir.
00:02 Publié dans Startups | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : autoroll, blogs, criteo
06.02.2007
Le foot à l'avant garde de l'entreprise
Je fais suite à ma note sur les ravages de notre système comptable qui a suscitée pas mal de commentaires intéressants.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le système comptable actuel n’est pas forcément irréformable. D’autant plus qu’il existe depuis quelques années, une première tentative tout à fait intéressante qui concerne les clubs de football.
Il n’y a pas besoin d’être un expert en ballon rond pour voir que le principal actif d’un club réside dans ses joueurs. L’alchimie d’une équipe de foot tiens à une subtile dynamique. Parfois il suffit de changer un avant-centre, et une équipe qui semblait avoir la poisse collée aux crampons, se remet à gagner ses matchs. Dans cette perspective, il était donc tout à fait paradoxal que recruter un nouveau joueur se traduise de manière comptable par un appauvrissement du club qui l’a embauché !
De fait, dès 1995, un avis du Conseil national de la comptabilité a ouvert la possibilité de considérer les montants des transferts de joueurs (qui se comptent parfois en dizaines de millions d’euros !) comme des actifs. Depuis 2005, en vertu de la loi du 15 décembre 2004 sur le sport, les indemnités de transfert sont toutes traitées comme des cessions d’immobilisation.
Ce changement n’a rien d’anodin. Pour la première fois, on reconnait dans le bilan d’une entreprise que des salariés apportent de la valeur à leur entreprise !
On ne voit pas pourquoi ce qui est valable pour des joueurs de foot ne pourrait pas s’appliquer à l’ensemble des salariés. Bien sûr les montants individuels ne seraient pas du même ordre de grandeur, mais ramené à la masse salariale totale, cela pourrait devenir très significatif et changer la perception des choses.
Quelle ironie de se dire que la marchandisation si décriée du football, pourrait aussi devenir l’avant-garde d’une réforme majeure du statut comptable de tous les salariés !
14:54 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foot, comptabilité, salariés, droit social
01.02.2007
Les employés méritent-ils d’être une charge ?
Il est un domaine qui, en dehors d’un petit cercle d’initiés, n’intéresse pas grand monde : la comptabilité d’entreprise.
Ce sujet vite très technique est pourtant crucial. Bon nombre de décisions stratégiques majeurs se prennent à la lecture du compte de résultat et du bilan de l’entreprise. Et l’ennui est que notre système comptable souffre de problèmes structuraux lourds.
Cela vient du fait que les grands principes comptables s’appuient sur une vision largement obsolète du monde. C’est en effet au XVIe siècle qu’on été défini les fondements de la comptabilité moderne (soit largement avant la révolution industrielle) et ils ont très peu évolués depuis.
A l’époque de la Renaissance, la compatibilité a été conçue avant tout pour des activités de négoce pour lesquelles l’enjeu principal était de disposer d’une évaluation précise des flux de capitaux d’entrepreneurs individuels et de petits banquiers vénitiens. Dans ce cadre, les salariés ont été considérés comme de simples dépenses, au même titre que les matières premières. Comme à l’époque, ils étaient très peu nombreux et le plus souvent sans aucune qualification, cela avait une certaine logique. Mais cette logique du XVIe siècle a scellé le sort des salariés pour... l’éternité !
Dans notre monde contemporain, le travail salarié est devenu la norme ultra dominante. C’est aussi la base principale des prélèvements fiscaux et sociaux. Enfin et surtout, dans notre nouveau capitalisme de la connaissance, le facteur humain est devenu la clé principale de l’innovation donc de la création de valeur pour l’entreprise.
Et pourtant, dans la comptabilité, ce travail salarié est toujours considéré comme une simple charge. Cela conduit à des situations absurdes. Vous achetez un logiciel à l’extérieur, c’est considéré comme un investissement et vous avez le droit de l’amortir. Vous faites développer ce même logiciel en interne par des salariés, cela devient une simple charge qu’on vous oblige à imputer tout de suite.
Imaginez qu’une partie du travail salarié (par exemple les équipes R&D et marketing) puisse figurer à l’actif du bilan de l’entreprise ! Cela aurait un sacré impact sur la gestion des ressources humaines. Il n’y aurait rien non plus de choquant a priori à ce qu’une partie du salaire d’un employé soit capitalisée en fonction de son ancienneté. Après tout, son savoir-faire (et donc sa productivité) augmente en général avec le temps, et cette valeur n’est comptabilisée nulle part. Et voilà les jeunes seniors qui seraient enfin perçus une richesse au lieu d’être des boulets. ;-)
On voit que par un jeu d’écriture, on pourrait ainsi changer radicalement la vision de l’entreprise. Il y a fort à parier que les grandes décisions stratégiques en seraient fort impactées. En particulier, dans la perspective des plans sociaux. Il faudrait soudain pouvoir justifier aux financiers qu’une réduction d’effectifs ne va pas réduire les actifs nets de l’entreprise. Quelle révolution !
Pour ceux qui veulent aller plus loin sur le sujet, je recommande le livre de Valérie Charolles (qui était en classe avec moi il y a des années) qui analyse causes et conséquences de ces aberrations historiques.
Sommes-nous condamnés à vitre éternellement avec des principes comptables inadaptés vieux de cinq siècles ? Il est probable que ce sujet soit beaucoup trop technique pour intéresser un candidat à l’élection présidentielle. Dommage car un jour ou l’autre, ces règles comptables si ennuyeuses peuvent rattraper le quotidien de chacun.
13:21 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : comptabilité, licenciements, salariés, employés

