« 2007-12 | Page d'accueil
| 2008-02 »
31.01.2008
Des pistes pour monétiser son blog
Pour l’immense majorité des bloggeurs, le blog reste un passe temps non professionnel. D’ailleurs à moins d’y passer dix heures par jour, il est très difficile d’en faire sa source principale de revenus, à savoir quelque chose qui puisse se comparer à un salaire, donc au minimum au SMIC. Pour 99% des gens, blogger reste avant tout un sympathique hobby.
Pourtant depuis quelques mois, la thématique de la monétisation est devenue très populaire chez les bloggeurs. C’est un sujet qui passionne. Cela peut paraitre paradoxal alors que les enjeux financiers sont en général faibles pour chacun.
En fait, monétiser son audience procure bien d’autres satisfactions que l’aspect purement financier. Tout d’abord, cela donne une nouvelle reconnaissance du travail accompli. Traditionnellement, cette reconnaissance est assurée par les commentaires sur les notes. Mais il faut bien constater que très rares sont les lecteurs qui osent en mettre.
Monétiser introduit un indicateur quantitatif, élément archi classique de motivation personnelle. Passé l’engouement initial, beaucoup de bloggeurs s’arrêtent de publier. Suivre la monétisation de son trafic permet de se fixer des objectifs (même modestes) et donc de continuer à blogger.
Ces constats nous ont guidé chez Criteo dans le développement d’un module (ou widget à l’américaine) de monétisation des blogs. Cela a été passionnant, car il nous a fallu adresser des préoccupations spécifiques aux bloggeurs.
Tout d’abord, on l’a vu la motivation du bloggeur est avant tout un altruiste. Donc, il convenait d’avoir un format publicitaire le moins intrusif possible. C’est comme ça qu’on est arrivé au concept de nuage de mots thématiques (voir l’encart noir sur la colonne de gauche de ce blog). Bien sûr, cette idée collait aussi très bien avec les possibilités de la techno Criteo qui permet de personnaliser de manière fine lesdits mots pour chaque internaute.
Chaque bloggeur peut ensuite personnaliser les couleurs et le format de son nuage. A chacun son style selon sa sensibilité : le plus flashy possible pour attirer l’œil ou au contraire parfaitement intégré dans la charte graphique du blog (en passant, il semble que cette dernière stratégie soit celle qui marche la mieux).
Le nuage de mots conduit à une page tampon qui affiche des publicités en rapport avec le mot choisi. Cela permet de laisser l’entier contrôle à l’internaute et évite les erreurs de clics. Cela permet en outre d’avoir des statistiques intéressantes sur les thématiques qui intéressent les lecteurs d’un blog (et donner des idées de post, j’ai ainsi découvert que l’immobilier était un des thèmes qui intéressait le plus mes lecteurs).
Ensuite, on a dû résoudre une autre caractéristique des blogs. Comment motiver un bloggeur à mettre (et surtout à garder) un widget qui au final ne va lui rapporter que quelques dérisoires euros par mois ? Cela touche au problème plus général de comment monétiser les micro-audiences.
La manière élégante de le résoudre a été d’introduire un facteur chance. Une loterie permet de gagner 1000 euros, soit beaucoup plus que ce qu’un bloggeur (autres qu’une petite poignée de semi professionnels) peut espérer de n’importe quel dispositif publicitaire. Bien sûr, le bloggeur ne gagne pas à tous les coups, mais pour paraphraser le slogan du Loto (pour l’anecdote, ce slogan absolument génial aurait été inventé par le PDG du Loto sans le concours d’aucune agence de com) : « 100% des gagnants ont tenté leur chance ». Et ici, contrairement au Loto, il n’y a bien évidemment aucun sacrifice financier demandé au bloggeur pour participer.
Enfin pour être accepté par les bloggeurs, ce dispositif de loterie se devrait d’être crédible. Cela veut dire des vrais gagnants qui recoivent des vrais chèques. D’où ce choix de faire gagner un blog chaque semaine, ce qui permet d'avoir de multiples témoignages réels.
17:37 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blog, publicité
03.01.2008
Les radins et la santé
Histoire de ne pas (trop) être taxé de médecine de riche, le gouvernement a exonéré du dispositif ceux qui bénéficient de la CMU (la couverture médicale universelle). Les gens vraiment pauvres (ceux qui sont à cinquante centimes près) ne sont donc pas concernés par cette mesure.
Pour les autres, il existe néanmoins un garde fou : la franchise ne pourra pas dépasser un plafond très raisonnable de 50 euros par an. L’idée (généreuse) est qu’il ne faut pas pénaliser outre mesure les patients atteints de maladies lourdes qui nécessitent beaucoup de médicaments. Mais on voit tout de suite que ce plafond peu élevé annule aussi l’effet recherché auprès des gens qui abusent des médicaments.
Certes, la question de savoir à partir de quel moment, un patient abuse des médicaments est délicate. On constante déjà que les prescriptions varient beaucoup d’un médecin à l’autre. Alors cela parait une gageure de résoudre le problème en demandant au patient (qui par définition est encore moins expert) de s’autoréguler. En introduisant le biais financier, le seul impact de cette mesure sera de pénaliser les radins congénitaux qui vont (bêtement) dégrader leur santé pour économiser quelques dizaines d’euros par an.
Cela montre un point commun entre les dépenses de publicité et de santé : on sait qu’une partie de l’argent est gaspillée, mais il est très difficile de savoir exactement laquelle. Pour la publicité, la solution consiste à privilégier des canaux et des approches qui permettent une analyse quantitative rigoureuse des investissements. Pour la santé, on est encore loin de la solution miracle.
22:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : santé, sécurité sociale, publicité, médicaments

