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23.12.2008

Quelques technologies qui pourraient booster le monde de demain

Quelle sera la locomotive économique du XXIème siècle ? Quelle technologie saura offrir une proposition de valeur radicale assez irrésistible pour que les ménages cassent durablement leur tirelire pour ça ?

Au grand jeu de la boule de cristal, voici une sélection de trois candidats : les jeux vidéo, les bio-extensions et la robotique domestique. Il y en a pleins d’autres, mais ceux là sont très intuitifs.

Commençons par les jeux vidéo. C’est déjà une énorme industrie, qui a dépassé le cinéma. Néanmoins, à l’échelle de l’économie globale, son poids reste encore modeste. Les jeux vidéo ont beau avoir fait de gros progrès, cela reste un simple loisir distrayant. Pas de quoi faire dépenser des sommes folles au grand public (sauf pour quelques hardcore gamers qui restent ultra minoritaires)

La raison en est simple. Dans l’état actuel de la technologie, les sensations qu’on ressent au travers des jeux vidéo ne sont pas assez intenses. Mais imaginez un jour des jeux vidéo si réalistes qu’ils puissent être une vraie alternative à la réalité. Des sensations de la même intensité que la drogue, une sorte de paradis de synthèse. On en est encore très loin. Mais il suffit de se laisser bercer par la science-fiction pour voir que c’est tout à fait envisageable.

Second candidat potentiel, les bio-extensions. A ce jour les progrès médicaux sont impressionnants. L’ennui, si l’on peut dire, est que ces progrès s’adressent par définition aux gens malades ou mutilés par la vie. Or (fort heureusement) la majorité de la demande solvable est bien portante. Il faut donc créer des choses qui intéressent ces millions de (riches) biens portants. Imaginez des extensions biomécaniques qui étendent les facultés humaines. Les gens seraient prêts à payer très cher pour accéder à des pouvoirs de super héros : une vision ultra précise, une force décuplée, une ouïe ultra fine. Le marché potentiel de cette « médecine de sensations » est énorme.

Troisième candidat, la robotique domestique sur laquelle les japonais investissent lourdement. Il reste encore beaucoup de progrès à faire, mais les prototypes sont déjà impressionnants. Les applications sont énormes : garde d’enfant, taches ménagères, assistance aux personnes âgées. Là encore, quand les produits seront au point, la demande suivra.

Aujourd’hui une famille est prête à investir 20.000 euros (à crédit) pour une voiture, avec la promesse de liberté, d’autonomie et de sensations. On peut tout à fait imaginer que demain, elle investisse la même somme dans un robot qui la libère complètement des tâches ménagères et de la garde d’enfants. Toyota y croit dur comme fer, et prédit qu’à l’horizon de 2025, le marché sera supérieur à celui de la voiture. On verra bien.

Ces trois exemples sont avant tout illustratifs. Dans la vraie vie, il est très possible que la révolution technologique vienne d’un domaine totalement inattendu. Comme l’Internet d'ailleurs, que personne n’avait prévu. Surtout pas les majors du disque.

14:00 Publié dans Création d'entreprise, Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jeux vidéos, robotique domestique, bio-extensions, technologie future, toyota

04.12.2008

A la recherche de la prochaine locomotive économique

Comment est-on passé des Trente Glorieuses aux Trente Affreuses (même si le terme est un peu galvaudé), avec ce sentiment diffus d’essoufflement de notre modèle économique ? Il y a pleins de (bonnes) raisons. La sacro sainte bagnole en fait parti. L’équipement rapide des ménages en voitures a été un super carburant de la croissance des années 50, 60 et 70. Depuis les années 80, l’industrie automobile arrive lentement à maturité. Et le problème, c’est qu’aucune autre locomotive ne semble vraiment capable de prendre le relais pour booster l’économie.

Pour être un bon candidat, il faudrait deux qualités très difficiles à combiner :

1) apporter au grand public une proposition de valeur radicalement nouvelle

2) pouvoir peser plus de 15% du budget annuel des ménages et cela dans la durée

Par exemple, le téléphone mobile est une innovation radicale. Il a généré une industrie entièrement nouvelle. Mais il ne représente pas une fraction assez importante du budget des ménages. Donc malheureusement son impact sur l’économie globale est réel, mais limité. Autrement dit, ce n’est pas l’industrie du mobile qui inversera les courbes du chômage.

J’adorerai pouvoir dire que l’Internet sera cette prochaine locomotive. Mais pour l’instant, c’est encore très loin d’être le cas. Certes, le commerce électronique se développe à grande vitesse et représente déjà dans certaines catégories plus de 20% du marché offline. Mais il s’agit en grande partie d’un nouveau canal de distribution beaucoup plus efficace. Les produits vendus sur le web sont pour l’essentiel les mêmes que ceux vendus des magasins traditionnels. Il y a juste un simple gros effet de substitution. Cela va avoir un énorme impact sur la productivité des secteurs d’activité concernés, mais sans forcément se traduire par une augmentation de la valeur nette totale du marché global.

La musique est un exemple extrême à l’avant-garde de cette dynamique. La distribution numérique entraine une explosion de la consommation musicale, combinée à une redistribution radicale de la valeur entre les différents acteurs. Les artistes sont les grands gagnants, avec notamment une fréquentation en forte hausse de leurs concerts. Mais il n’est pas certain que cette nouvelle manne compense l’effondrement de la rente liée à la vente de CD (rente captée essentiellement par les maisons de disque qui sont très inquiètes pour leur survie, à juste titre d’ailleurs).

La publicité sur Internet est un autre exemple. Le marché est très dynamique, de nouveaux acteurs innovants apparaissent (comme Criteo !). Mais au global, le CPM d’achat sur Internet est beaucoup plus faible que dans les médias offline. C’est une énorme opportunité pour les annonceurs qui peuvent maintenant acheter de la publicité de manière beaucoup plus efficace. Mais cela risque de diminuer mécaniquement la taille totale du gâteau publicitaire pour les supports (d’où les difficultés croissantes des médias traditionnels qui, s’ils ne s’adaptent pas très vite, vont au devant des mêmes difficultés que les maisons de disque).

Les services Internet vraiment incrémentaux sont en fait assez rares, surtout ceux qui sont monétisables hors publicité. On peut citer par exemple les abonnements à des réseaux sociaux ou la vente aux enchères de produits à la fois rares et à relativement faible valeur (qui est une fraction du business d’eBay). Ces services sont très intéressants, mais représentent un poids (encore) beaucoup trop faible pour tirer l’économie dans son ensemble.

Alors qui sera la prochaine locomotive ? Il est évidemment impossible de le prévoir. Ni d’ailleurs quand elle va apparaitre. Cela veut dire qu’il faut continuer à faire de la recherche tout azimut, jusqu’à qu’on trouve la pépite magique. Cela veut aussi dire que, crise financière ou pas, le marasme structurel pourrait encore durer 10, 20 ou 30 ans. Mais bon, le pire n'est jamais certain et la techno peut encore nous réverser de belles surprises. :-)

08:53 Publié dans Economie, Internet | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : publicité sur internet, musique numérique